Les relations avec l'Islam.

Journée diocésaine de formation Enjeux et Questions

Le dialogue inter-religieux et interculturel
entre Chrétiens et Musulmans est une nécessité vitale. Benoît XVI

 

Les relations avec l'Islam EQ2011 Enjeux et questions 2011  
Les relations avec l'Islam EQ2011
Les relations avec l'Islam EQ2011
  La journée Enjeux et questions du 17 novembre a rassemblé plus de 120 participants à la Maison diocésaine, pour entendre le père Jean-François Bour et comprendre de quoi nous parlons sous l’expression "Relations avec l’Islam". A dire vrai, de quoi, de qui parlons-nous quand il est question d’Islam, de musulmans ? Islam et Islamisme ; musulmans d’Europe, du Maghreb, du Moyen-Orient, musulmans de l’Inde ou de l‘Indonésie ? L’Islam des révolutions arabes : Tunisie, Lybie, Egypte, Syrie…

 

Les relations avec l'Islam EQ2011 Enjeux et questions 2011  
Les relations avec l'Islam EQ2011
Les relations avec l'Islam EQ2011
Le père Jean-François Bour a vécu plusieurs années en Egypte ; il est membre de l’Institut Dominicain d’Etudes Orientales au Caire, adjoint du directeur du service national pour les Relations avec l’Islam (SRI). Ses premiers mots sont pour nous inviter à mesurer la diversité, les diversités précise-t-il.

 

En effet nous accumulons des informations partielles, parfois partiales et nous essayons de les intégrer dans un ensemble cohérent : ma connaissance de l’Islam. Il serait plus juste de dire que nous rencontrons des croyants de foi musulmane d’origines diverses et porteurs de traditions bien différentes. Un peu comme si nous voulions définir le christianisme comme si c’était un monde simple et unifié… Or nous savons combien sont divers les visages de chrétiens porteurs de la foi en Christ.

 

L’objectif de cette journée est de donner des pistes qui encouragent à entrer en relation avec les personnes d’autres religions, des pistes valables pour aller vers l’autre. La complexité et la diversité de l’Islam, la publication de quelques faits extrémistes dénaturent une possible compréhension… au point qu’aujourd’hui, on parle d’un développement de l’islamophobie chez les chrétiens, une phobie entretenue par certains courants chrétiens.Ces quelques notes ne peuvent présenter les mutliples nuances nécessaires pour rendre compte de la diversité, de la subtilité parfois, des courants qui parcourent l'Islam religieux mais aussi politique.

 

Au nom de Dieu le miséricordieux ? Faut-il avoir peur de l’islam ?


Un premier tour d’horizon consistait à se dire nos appréhensions, nos idées sur… mais aussi nos pensées erronées : par exemple, “Où sont les barbus, dans les foules présentes place Tahrir et que nous ont montrés les médias ? De où vient la notion d’un Islam dominateur et arrogant ? Est-ce une réalité ou une idée préconçue, quand on parle de la Tunisie, de l’Egypte, de la Syrie ou de la Lybie ?


Les musulmans sont très divers, or l’on parle fréquemment comme si la réalité de l’Islam était une, unique. Les évolutions actuelles sont incertaines alors que les discours qui en parlent se disent connaître la vérité sur l’avenir de ces peuples. On brandit volontiers l’ancien logo des frères musulmans (2 sabres et “Tenez-vous prêts”) mais on ignore le nouveau logo qui est tout autre.
L’occident chrétien affirme volontiers que l’Islam est violent par nature, que c’est dans ses gènes. N’est-ce pas caricatural ? D’aucuns s’interrogent volontiers : Mahomet est-il prophète, est-il crédible ; l’Islam rejette l’idée de Trinité ; il ne tolère pas qu’on puisse parler du Christ en croix, mais connait-on leurs raisons et raisonnements théologiques ? Par exemple, pour eux, Dieu a été si fidèle qu’il a évité à son fils cette mort. Que savons-nous de la place de Marie, de Jésus dans le Coran ?


"Dialoguer avec eux n’est-ce pas naïveté de la part des chrétiens ?"demandent certains.  (Une fracture s’opère en christianisme à ce sujet). Le cardinal Tauran insiste pour que l’on poursuive l’effort de dialogue Chrétiens/Islam, même si les relations au Moyen Orient interrogent au présent et pour l’avenir. (Mettre sur le dos de l’ensemble de l’Islam les crimes commis contre les chrétiens par quelques groupes extrémistes relève de l’amalgame, du mensonge). Pour le cardinal Tauran et les responsables du Service Relation avec l’Islam, œuvrer pour le dialogue peut se faire à quatre niveaux :

  • L’amitié et l’entraide au quotidien
  • L’action commune pour la justice et la paix
  • Le partage des expériences spirituelles (comment je vis ma foi)
  • L‘échange compétent sur les doctrines des uns et des autres.
    On pourrait aussi ajouter aussi : au sein d’une famille

Le père Jean-François Bour conclut ce premier tour d’horizon avec la conviction qu’il faut oser l’impossible, risquer des démarches relationnelles qui prennent en compte la complexité de la situation. D’où une autre partie de son intervention où il essaie de présenter la diversité et la complexité : de quoi, de qui parle-t-on et comment ?
Image olivier au Cénacle.

 

Un peu de statistiques sur l’Islam dans sa diversité en France.

 

Géographie (Statistiques en 2000)


Quelques départements comportent plus de 6% de musulmans : Val d’Oise, Seine St Denis et Val de Marne sont au-dessus de 10%, Eure/Loire, Haut Rhin, Loire
De 3 à 6%, en Ile de France, Hauts de Seine, Oise, Yvelines, Seine et Marne, Nord, Somme, Seine maritime, Loir et cher. On trouve une implantation conséquente sur la façade est (Moselle Meurthe et Moselle, Bas-Rhin, Belfort, Haute-Saône [Ain, Rhône Isère] ; Région Sud-Est (Bouches du Rhône Alpes de Haute Provence, Gard, Hérault, Ariège)

Le nombre total est difficile à connaitre dans la mesure où le recensement “par religion” n’est pas autorisé. La définition elle-même reste approximative : est considéré comme musulman quelqu’un qui a un parent musulman. A partir de ceux qui se disent Musulmans, entre 18 et 50 ans, on obtient une approximation entre 2,1 et 3,5 millions.

 

L’origine des immigrés (immigrés musulmans en France).
Origine algérienne (1,5) Marocaine (1M) tunisienne (400.000)
Moyen-0rient 100.000 ; Turquie 315.000 ; Afrique 300.00 ; Outre-mer (300.000) ; convertis 50.000 ? Autres 450.000. Soit 4.415.000 en 2000 (5 millions aujourd’hui).
Cette population est majoritairement jeune : 62% ont entre 18 et 35 ans.

 

La pratique, en juillet 2011
71% pratiquent intégralement le ramadan (+11 points depuis 1989). Ne pas confondre avec la fête de l’Aïd (fête du sacrifice Abraham/Ismaël). La grande prière du vendredi est observée par 25%. (Et si le vendredi était un jour chômé ?) Actuellement se renforce chez eux (comme chez nous) un climat identitaire renforcé. C’est une réaction à l’islamophobie, mais c’est aussi le signe d’une société en recherche de sens, dans un monde qui ne fait plus sens.


Le sentiment d’appartenance. Il varie selon les origines mais aussi les situations. Il faudrait prendre en compte :


• L’Islam communautaire qui met l’accent sur les devoirs religieux (prière aumône, jeune pèlerinage, + quelques prescriptions.
• L’Islam éthique, où les valeurs de solidarité, la famille, honnêteté ont plus d’importance ; de même l’éducation, la sobriété, e respect des anciens
• L’Islam culturel qui donne priorité aux racines nationales. La langue, les ancêtres, l’appartenance ethnique
• L’Islam émotionnel, où l’on s’identifie aux grandes causes où l’Islam se sent concerné : la Palestine, les femmes stigmatisées (niqab), la solidarité avec les sœurs.

 

Métamorphoses de l’appartenance
Réappropriation individuelle de la foi et distance de l’Islam de papa.
Certains born again muslims, de tendance soufie ; jeunes cadres hyper intégrés
Des intellectuels qui redécouvrent la riche et complexe pensée de l’Islam classique (cf. Embrun, groupe Pallavicin)

 

L’organisation institutionnelle
• CFCM : le conseil français du culte musulman créé en 2003, désigné par élection ; est une fédération d’associations, de relais régionaux. (Conseils régionaux du Culte musulman). Ce conseil gère la construction de mosquées, les aumôneries, a formation des imams, l’inhumation, le halal et l’abatage rituel le pèlerinage, les relations interreligieuses.
• La grande mosquée de Paris
• L’UOIF Union des organisations islamiques de France, la + dynamique, a été créée en 1983. Elle cherche à se rendre indépendante. C’est un Islam observant, missionnaire et raisonné dans la tradition des frères musulmans et de Tariq Ramadan. Organise un rassemblement au Bourget tous les ans.
• La FNMF créée en 1985, fédération nationale des musulmans de Frane : essaie de prendre ses distances de la mosquée de Paris. Prise en main par les marocains, elle regrouperait 200 associations. (La RMF est une dissidence de la FNMF et veut être un islam juste milieu, tolérant.)
 

D’autres associations, comme la Fédération française des associations islamiques d’Afrique des Comores et des Antilles (FFAIACA) ; des associations dans l’orbite de l’UOIF : les étudiants musulmans de France (identitaire mais raisonné). L’union des jeunes musulmans, rivale de la précédente, davantage présente dans le monde de la culture et de l’édition ; les scouts musulmans de France (Cheik Khalaed Bentounes.) ; la flamme de l’Espoir français ; le tour de France de la lumière
Il existe aussi deux associations de femmes, plusieurs associations qui veulent un Islam laïc ; enfin, un conseil des imams de France (Roubaix)

 

Parmi les courants, il faut savoir distinguer


Les Jihadistes
, qui souhaitent une réinterprétation libre.
Les Salafistes. Parmi eux, les Salafistes-jihadistes choisissent l’action violente. Les salafistes-cheikhistes, ne veulent aucun contact.
Les Wahhabites épousent l’interprétation traditionnelle officielle la plus rigoriste du Coran. Pour cela ils suivent l’Arabie saoudite : leur objectif est l’instauration d’une théocratie sans adaptation.
Les Missionnaires. Ce courant se définit par la notion d’appel (DA3WA). Le courant islamo-conservateur d’Arabie saoudite joue un grand rôle. Parmi eux : le Zen France ; le tabligh, “foi et pratique ”´pousse à la transmission et à la réislamisation. Adepte de l’interprétation littéraliste. Parmi les principes mis en avant : comportement de générosité ; la prière avec concentration et ma dévotion. Intention sincère et renouvellement. Débat sur la science et le rappel de Dieu (Dieu au-dessous de tout).
Les frères musulmans : Leur projet de l’instauration de la république islamique. Ils prônent un retour au Coran, avec la volonté de vivre l’islam radical au cœur de la vie moderne (et donc conflictuel ?). Ils ne veulent pas d’archaïsme. Dans les révolutions arabes actuelles on ne sait pas très bien. (Tunisie, Egypte). On remarquera un abandon progressif de la lutte armée, conséquence d’un certain pragmatisme
Le courant islamo-conservateur. On ne sait pas très bien. Il œuvre pour une transformation des courants radicaux pour l’adapter aux formes modernes. Cf. le modèle turque. Il cherche sa voie.… Tariq Ramadan pourrait être classé dans cette catégorie. Il est partisan de l’adoption d’une législation qui reprenne ce qu’il y de meilleur dans la culture européenne.


En Tunisie actuellement, les cadres sont plus en avance que la base. Cela parce que la plupart ont été exilés en Europe et ont pu se rendre compte qu’il y a de bonnes choses… Mais de retour au pays ils se trouvent dans une situation tendue et conflictuelle. (Remarque : on trouve le même type de tension chez les catholiques, quand le pape doit expliquer aux élites de la curie le choix d’Assise).
Les soufis, courant mystique très élaboré : s’oublier pour être soi-même un mémorial de l’unicité de Dieu, l’unique existant. L’homme mémorial de cette unicité de Dieu.

Les confréries. Dans la diversité il faudrait encore évoquer les confréries, comme “l’association internationale Soufie Alawiyya ; confréries de Maliens, de mauritaniens ; confrérie turque Naqshbandiyya, présente dans les Vosges, est l’une des principales confréries soufies du sous-continent indien.). Le Boutchchiyya, surtout présent dans les milieux marocains, dans les milieux cultivés. (Ceux qui souhaitent davantage de précision peuvent utiliser les moteurs de recherche sur Internet).

 

Les chantiers de réflexion des mouvements islamistes.

  • La question de la légitimité du CFCM et de sa représentativité, conséquence de la nature politique qui a présidé à se création en 2003. Plusieurs crises avec les conseils régionaux.
     
  • La mise en place de lieux de culte : l’autorisation de leur implantation(pas toujours acceptée), leur financement. La surface disponible actuelle est de 250.000 m2 alors qu’il en faudrait 850.000
     
  • La formation des cadres religieux musulmans. L’imam, qui dirige la prière n’est pas le président de l’association ou de la communauté. Il n’est pas forcément habilité à enseigner ses frères (le chek, c’est-à-dire l’ancien, l’aîné… est celui qui a fait des études, qui est habilité à… L’imam a un rôle de jurisconsulte, pour savoir ce qu’il faut faire. On dit alors qu’il donne un avis (une fatwa). On distingue 4 écoles différentes pour la formation des cadres, selon les princeps sur lesquels ils fondent leurs avis (selon quelles paroles antérieures). Ce qui varie, c’est la place donnée au raisonnement libre par rapport aux textes écrits fondamentaux.
     

Minaret - Nazareth Minaret - Nazareth  • Le Wahhabisme ne tolère aucune latitude (exemple l’Arabie Saoudite)
• Le Malekisme : austère (cf. le modèle maghrébin)
• Le Chaavisme ???? école théologique de l’Islam majoritaire chez les sunnites. Mais il n’a pas pu (su) se défaire de l’insistance sur « décret de Dieu » : Dieu fait ce qu’il veut (on ne peut rien imposer à Dieu, même par ses œuvres). De là découle l’importante thématique de la prédestination, de la souveraineté absolue de Dieu. Dans ce contexte, quelle est l’autonomie des réalités de ce monde?
• Autres questions ou chantiers à gérer par les associations :
L’abattage rituel (viande saignée), Halâl,
Le marché de la nourriture et les règles européennes de l’abatage
Les sépultures orientées vers la Mecque, les carrés musulmans dans les cimetières (en principes interdits, mais tolérés depuis 1975). Il y a moins de retour des défunts au pays. Cette question devrait être mieux négociée, mais ce n’est pas le cas.
L’islamophobie ambiante, la discrimination, la construction de mosquées, renforcent la tendance communautarisme eet la volonté d’identité (voile, niqab halal), résultat des pressions

 

Croire au possible des relations et le vouloir.


Portes ouvertes chrétiens et musulmans, Lens, le 12 novembre 2005 Visite à la mosquée de Lens  
Portes ouvertes chrétiens et musulmans, Lens, le 12 novembre 2005
Portes ouvertes chrétiens et musulmans, Lens, le 12 novembre 2005
Tarek Oubrou reconnait que les musulmans ont aussi à balayer devant leur porte. Les musulmans de France, au sujet des relations interreligieuses, souhaitent une organisation respectueuse de la laïcité. Le CFCM a régulièrement condamné les attentats antichrétiens au Moyen-Orient, mais le sait-on, le dit-on, mesure-t-on cette prise de conscience ? Mohammed Moussaoui, président du CFCM, a été invité à la veillée pour la paix à Assise.
Mais, hélas le dialogue n’est plus à la mode, ni chez nous, ni chez eux. Se développent alors des attitudes paranoïaques et une radicalisation de certains. Pour cela il ne faut pas en rester à l’ignorance ! Ceci dit, il ne faut pas non plus baisser son pavillon catholique. Il importe d’être soi-même et d’être sincère sur sa foi, une foi et un regard sur l’autre éclairés. Il ne serait pas inutile que chacun fasse le bilan de ses relations avec les musulmans, nos interlocuteurs, qui sont-ils ? Cela obligerait à ne plus parler en général, mais bien à partir de ceux que nous rencontrons.

 

Pour développer des relations plus sereines

 

Le document ci-dessus, davantage informatif serait incomplet s’il ne donnait quelques pistes sur les relations possibles et leur comment. En effet, les contemporains attendent de nous une relation apaisée entre les religions. Le souvenir des dérapages pousse à cette aspiration. En même temps, les religions sont interrogées sur leur capacité à éradiquer la violence ce qui augmenterait leur crédibilité. L’authenticité de notre témoignage en dépend.

 

Personne n’est exclu…


• La doctrine chrétienne a développé, surtout depuis Vatican II, la notion de “semences du Verbe”, déjà présente chez les Pères (Justin par exemple). Pour certains cela ouvre la perspective d’une précompréhension de la révélation, déjà envisagée par Paul aux Romains. Pour d’autres, Justin évoque tout simplement la raison humaine comme semence du Verbe.
• Saint François d’Assise. Dans sa règle, en 1221, il définit deux attitudes “missionnaires” pour la relation aux musulmans : aller et vivre chez eux ou prier ici pour eux. L’une et l’autre peuvent être mise en œuvre par chacun.
• Mgr Lavigerie (19ème siècle). Il est le fondateur de la Société des missionnaires d'Afrique (les pères blancs) archevêque d’Alger et de Carthage. Pour lui, il faut d’abord rendre le Christ aimable et l’Eglise crédible.
• Pour Charles de Foucauld, une conviction s’est profondément ancrée en lui : jamais, dit-il,  les musulmans rencontrés ne se convertiront car les chrétiens se sont rendu odieux… (revoir la déontologie de la présence missionnaire au XIXème).
• Cependant des théologiens et des sociologues du XIXème siècle reconnaissent aux religions d’avoir été structurantes pour les grandes civilisations.

 

Référence aux Ecritures


En parcourant les Ecritures on trouvera de nombreuses références à l’universalité, et une progression constance du particularisme vers l’universalisme (du "Dieu pour moi", au "Dieu qui aime toute l’humanité")… Les références suivantes seraient à méditer :

  • L’homme créé à l’image et ressemblance de Dieu (Genèse ch. 1-2)
  • L’alliance avec Noé, avec tous les hommes. (Genèse ch.9)
  • Ninive : Jonas qui ne leur demande pas de devenir juifs.
  • Ruth, la Moabite, non juive, qui épouse Booz. (On retrouve son nom dans la généalogie de Jésus selon Matthieu)
  • Elie chez la veuve de Sarepta (Luc 4, 25-26 et 1 Rois 17)
  • Le centurion de l’armée romaine et Jésus (Matthieu 8, Marc 7, Actes 9 et 10)
  • Des païens ont soif de l’appel de Dieu, et la Parole de Dieu s’adresse à eux (Paul en Actes 13, 45-48 et 28, 28)
  • Il faudrait aussi évoquer la parole de Paul dans la tempête : on se sauvera tous ensemble ou personne ne sera sauvé ! (Actes 27,27-32)
  • La samaritaine qui accepte de creuser sa soif (Jean ch. 4 )

 

Les papes et l’enseignement de l’Eglise :


L’itinéraire de Jean-Paul II puis de Benoit XVI d’aller en pèlerinage de paix à Assise(1986, 2011).
Le concile Vatican II part du socle de la Trinité (échange mystérieux qui se dévoile pour le salut de l’humanité pour donner participation au plus grand amour… Lumen Gentium).
Relire les nombreux documents et les textes de Vatican II sur le dialogue interreligieux.

Ecclesiam suam : Dieu n’a pas seulement donné des ordres à exécuter. Il a voulu le dialogue avec nous, nous rendre partenaires de sa vie divine. Cf Dei Verbum 1 : Le désir de Dieu d’entrer en conversation avec tout homme.
Nostra aetate. Le centre de gravité des religions, ce sont les personnes, des personnes à la recherche du sens et aux grandes énigmes de l’existence, mal souffrance, mort, recherche de salut.
A propos du Coran:  “ce que l’autre a reçu en propre pour le rapprocher de Dieu pour entretenir en lui le goût de Dieu, qui suis-je pour le lui arracher ?" Cf. C. de Chergé

 

Difficultés, tensions, voire incompréhensions et refus.


Les fils d'Abraham, Bourges Abraham  
Les fils d'Abraham, Bourges
Les fils d'Abraham, Bourges
Débat actuel entre théologiens
sur “Notre Père Abraham dans la foi”.

La figure des deux fils d’Abraham Isaac et Ismaël a été entendue au sens d’un appel à se reconnaitre d’une même descendance et non d’exclusions (relire le soutien de l’ange de Yahvé à Agar et Ismaël, les bénédictions de Yahvé à Isaac et Ismaël en Genèse…). Ceci n'est pas accepté par tous.

 

Dans le débat, avancer ou refuser de dire que "le Coran est abrahamique" sont deux expressions peu juste. Le personnage le plus cité dans le Coran est Moïse. Tous deux, christianisme et Coran, tirent d’une source commune que nul ne peut s'approprier pour soi seul. Vouloir plus de justesse dans l’expression est indispensabe, mais  vouloir “définir l’autre” est-ce une bonne chose ?

 
Pèlerin de la paix à Assise Pèlerin de la paix à Assise  Le rassemblement d’Assise n’est pas bien compris; il est dénigré par certains courants, et même au sein du Vatican.(Cf. Texte de Jourdan,22 12 86 )
 

Le dialogue, actuellement est de l’ordre du miracle, en raison des actions violentes de groupes extrémistes, lesquels sont loin de refléter la pensée de l’Islam modéré à l’égard des chrétiens modérés. (le massacre à Bagdad en octobre 2010 ; les fusillades contre les coptes (Egypte Noël 2010 et printemps 2011)

 

Des signes d’espoir ou de possibles progrès


Qu’est devenue la question du salut ? Est-elle réservée à quelques-uns ou Jésus est-il venu pour tous ? On peut s’appuyer sur De Lubac et l’extension de la communion des saints. ? Le salut pour tous deviendra réalité dans les cœurs avec le concours de sa conscience et de l’amour de Dieu, mais aussi avec le concours de ce qui est vrai et saint dans sa propre religion.
C. de Chergé développait le désir de “voir tous les frères musulmans comme Dieu les voit”.
Ce serait cependant une erreur de considérer les religions comme “des voies parallèles du salut”, ce serait renier la mission rédemptrice du Christ, qui peut donner sens à ces textes. (cf. Gaudium et Spes 22,5
La peur actuelle de l’Islam…. peut être une source de réflexion positive. Entre ceux que l'on déclare naïfs et ceux qui prônent le rejet, n'y a-t-il pas place pourune autre approche?  Le SRI prépare un document de réflexion à ce sujet. 
 

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 Dans le temps d’échange entre les participants et l’intervenant, de nombreux sujets ont été abordés, comme les difficultés interreligieuses au sujet du mariage, du dialogue et des conversions. L’abbé Michel Becquart a fait une présentation des différentes mosquées en Pas-de-Calais.

 

Enfin a été présenté le responsable diocésain du service pour les relations avec l’Islam (SRI) : Mr Jacques Sénellart, diacre, et son épouse Michèle, 7, rue des Lavandières, 62830 Samer. Tél. 03.21.33.52.51. Chaque année, début juillet une session nationale à Orsay rassemble les personnes désireuses de mieux connaitre l’intérêt des dialogues interreligieux. E.H

 

Pages associées:

 

Invitation à lire:

 

  • L'estime de la foi des autres, Henri de la Hougue, DDB 2011 
  • Peut-on dialoguer avec l'Islam? Roger Michel. Peuple libre 2009
  • Pour comprendre les musulmans Médiaspaul 2010, 63 p.
  • De la dignité de l'Islam, Michel Orcel ( de la dignité de l'Islam, examen et réfutation de quelques thèses de la nouvelle islamophobie) Bayard septembre 2011
  • http://www.relations-catholiques-musulmans.cef.fr
  • Dossiers thématiques sur http://www.comprendre.org
  • Groupe d'amitié islamo-chrétienne: http://www.legaic.org

 

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 4729 visites

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