Liste documents promulgués à Vatican II

4 constitutions, 13 décrets

Documents conciliaires de Vatican II dans l'ordre de promulgation. 1962-1965

 

4 décembre 1963


Constitution sur la sainte Liturgie
Sacrosanctum concilium
Décret sur les moyens de communication sociale
Inter mirifica

 

21 novembre 1964


Constitution dogmatique sur l'Eglise
Lumen gentium
Décret sur les Eglises orientales catholiques
Orientalium Ecclesiarum
Décret sur l'oecuménisme
Unitatis redintegratio

 

28 octobre 1965


Décret sur la charge pastorale des évêques dans l'Eglise
Christus .Dominus
Décret sur la rénovation et l'adaptation de la vie religieuse,
Perfectae caritatis
Décret sur la formation des prêtres
Optatam totius Ecclesiae renovationem
Déclaration sur l'éducation chrétienne
Gravissimum educationis momentum
Déclaration sur les relations de l'Eglise avec les religions non chrétiennes
Nostra aetate

 

18 novembre 1965


Constitution dogmatique sur la Révélation divine
Dei Verbum
Décret sur l'apostolat des laïcs
Apostolicam actuositatem

 

7 décembre 1965


Déclaration sur la liberté religieuse.
Dignitatis humanae
Décret sur l'activité missionnaire de l'Eglise
Ad Gentes divinitus
Décret sur le ministère et la vie des prêtres
Presbyterorum ordinis
Constitution pastorale sur l'Eglise dans le monde de ce temps,
Gaudium et spes

 

 

Cela représente 2 constitutions dogmatiques : sur l'Eglise et la Révélation;  2 consititution, sur la liturgie et sur l'Eglise dans le monde de ce temps. 9 décrets et 3 déclarations.

 

La réception du concile
 

Parler de réception du Concile Vatican II est affaire bien délicate quand on sait le temps qu’il a fallu pour qu’entrent dans les habitudes les propositions -ou plutôt prescriptions- des précédents concile. Plus d’un siècle, dit-on, pour le concile de Trente : la réception de la doctrine des 7 sacrements, la création des séminaires, l’utilisation de la langue vernaculaire en liturgie, etc. On ne s’étonnera donc pas que, 50 ans après son ouverture, Vatican II n’ait pas encore réalisé les promesses dont il était porteur. Le débat post-conciliaire est de toutes les époques. Qui se souvient réellement des discussions sur l’infaillibilité pontificale votée en 1870 ? Serait-ce le seul souvenir de Vatican I ? Par réception, que faut-il entendre ? En effet, un concile n’est pas la simple accumulation des textes produits, c’est aussi sa genèse et plus encore l’adhésion aux orientations voulues par les pères conciliaires. Plus que de questions d’interprétation, il s’agit d’entrer dans la démarche pastorale du concile, ce qui n’était pas dans les habitudes conciliaires des siècles précédents. De la viennent de nombreuses incompréhensions.

 

Dans l’immédiat après-concile, parmi les commentateurs les plus avisés, il faut citer Mgr Philips et le père Hervé Legrand. C’était un travail d’explication et de compréhension des textes conciliaires où l’on pouvait prendre connaissance des enjeux et discussions qui ont présidé à leur élaboration

 

Après une période de réception optimiste (1965-1970), s’est développée dans l’Eglise universelle et au Vatican une seconde période, pessimiste, (pessimisme qui s'appuie sur la peur de mai 1968 et la non réception d'Humanae vitae). Cette période est marquée par de nombreux conflits d’interprétation, où l’on décortiquait chaque phrase à la manière ancienne en théologie : chaque affirmation était prise comme un en-soi, comme un absolu indépendamment de ce qui précédait, indépendamment du contexte dans lequel ces affirmations avaient vu le jour. Des courants de pensée qui jusqu’alors s’étaient fait discrets (appelée majorité silencieuse) ont développé leur allergie à la nouveauté, à l’aggiornamento voulus par le pape Jean XXIII et les acteurs du concile.

Dans la mise en œuvre des propositions conciliaires, des exagérations ont eu lieu, qui ont provoqué en retour un rejet et des motifs de rejet, de la part de nombreuses conscience moins sensibles aux défis posés à l’Eglise et à la foi dans les cinquante premières années du vingtième siècle.

Deux colloques à Montpellier, en juin 2007 et à Toulouse en octobre 2009 ont développé un état des lieux : “ Un nouvel âge de la théologie ? 1965-1980” pour l’un ; “L’Eglise de France après Vatican II”.

 

Le troisième temps de la réception est en cours actuellement (1995-...). Il a commencé avec la reprise des textes conciliaires par une nouvelle génération de théologiens et de chercheurs, davantage formé à l’étude de texte long où l’on respecte l’unité littéraire d’ensemble, ce qui est rarement le cas, chacun préférant utilise un argument pour contester qui n’a pas la même opinion sur la mission de l’Eglise ou sa présence au monde d’aujourd’hui. Christophe Théobald rappelle les conflits récents concernant la rédaction de l’histoire du concile, (l’histoire du concile vue par Bologne (Lercaro, Albérigo) et le commentaire théologique de Tübingen) dans son ouvrage “La réception du concile Vatican II”, tome 1, p.495 sq.


Rupture, continuité, restauration ou aggiornamento permanent, rénovation, pouvoir juridictionnel, dimensions pastorales etc.… sont des expressions qui demanderaient des pages de réflexion!Pour la compréhension de la réception, Théobald se réfère aux principes d’analyse développés par le père Routhier (Canada). Parmi ces principes celui de l’interprétation de la situation historique dans laquelle se trouvent une société et une Eglise. Un autre principe est le souhait d'avoir une vue d'ensemble. Théobald signale que seul Karl Rahner a tenté de proposer une lecture globale du Concile, fondée sur l’idée d’un lien intrinsèque entre ses évènements et ses décisions particulières. Ce n’étaient pas la démarche de réception durant la seconde période (1970-1985).

 

Dans une mosaïque on ne regarde pas seulement chacune des myriades de pièces.


Il faut reconnaître que le concile Vatican II a légué une mosaïque de textes, lesquels sont souvent le fruit de savants compromis dont il vaut la peine d’étudier les arguments. D’où la nécessité de vue d’ensemble plutôt que disséquer une pièce indépendamment des autres. D’où la nécessité de discerner la dynamis contenue dans le noyau de Vatican II au-delà des limites auxquelles le Concile était contraint, discerner aussi cette force, en séparant la substance vive des contingences mortes ou privées de vitalité.


"L'intervention magistérielle sur l'interprétation du Concile, pendant la quatrième décennie postconciliaire est marquée par la volonté de dire quelque chose de Vatican II dans sa globalité" (Théobald p.529).  On ne peut donc s’engager à la légère en contestant ceci ou cela sans prendre le temps de rechercher l’œuvre de l’Esprit dans le travail d'ensemble des évêques.


Ainsi oublier l’état de l’Eglise et du monde au moment où Roncalli, devenu Jean XXIII, propose le concile serait se rendre incapable de comprendre pourquoi il en a été ainsi, c’est aussi se rendre incapable d’entendre les appels des évêques, tout au long de ce corpus de 5 ans, où ils ont voulu une Eglise fidèle à son Seigneur et qui parle le langage de son temps. 

 

Relire l'édito décembre 2009 d'Eglise d'Arras)

 

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 3106 visites

Fermer