Marie à Vatican II

Lumen Gentium, ch.8

Notre-Dame des Ardents Arras 15ème s Notre-Dame des Ardents Arras 15ème s   Le ch 8 de la constitution dogmatique sur l’Eglise, Lumen Gentium porte le titre “De la bienheureuse Vierge Marie mère de Dieu dans le mystère du Christ et de l'Eglise”. Le choix du titre signifie l’importance accordée à la relation qui unit Marie au Christ d’une part, à l’Eglise d’autre part. De nombreux débats eurent lieu qu’il serait trop long de traiter ici. Deux tendances se faisaient face, l’une qui assimilait le plus possible Marie au Christ, l’autre qui cherchait avant tout à réintroduire Marie dans l’Eglise, la situant du côté de l’ensemble des rachetés. Cette tendance allait s’imposer, préférant le titre de Marie-servante à celui de Marie-reine.


Le concile n’entendait pas “reprendre et redéfinir” tout ce qui concerne Marie. Il n’entendait pas non plus trancher dans toutes les affirmations et opinions en cours au milieu du XXème siècle. Il se proposait de mettre en lumière d’une part le rôle de Marie dans le mystère du Christ, Verbe incarné, d’autre part les devoirs des hommes rachetés envers la Mère de Dieu, Mère du Christ et Mère des hommes, des croyants en premier lieu.

 

Nous devons être attentifs au tournant opéré au Concile sur la place de Marie. Par exemple, fallait-il mettre Marie, dans un texte à part, en retrait de l’Eglise ? Fallait-il l’inscrire dans l’Eglise et la Constitution ? Vatican II engagera les fidèles dans une voie médiane demandant de s’abstenir “de toute exagération fausse tout comme d’une excessive timidité”. Certes, il existe un droit à exprimer ses sentiments et son affection à l’égard de Marie, mais cela ne doit pas faire dévier la réflexion théologique.


Les nombreux débats conciliaires amenèrent une réécriture complète du schéma proposé à la deuxième session, avec l'intention délibérée de situer Marie dans le mystère du Christ et de l'Église. Le chapitre actuel est d'une grande sobriété, très biblique et patristique. Tous les mots en sont pesés. Cela ne donna lieu qu'à un débat assez bref et à une série de 90 amendements, ce qui est peu. Le chapitre fut voté à la quasi-unanimité et promulgué avec la constitution Lumen Gentium le 21 novembre 1964

 

Le concile reprend l’affirmation traditionnelle que “Unique est notre Médiateur selon les paroles de l'Apôtre" (1 Timothée 2,5) car, il n'y a qu'un Dieu, il n'y a aussi qu'un Médiateur entre Dieu et les hommes”. Il invite ainsi la propagande intense et passionnelle de l’époque à en revenir d’abord aux Ecritures
Le dossier scripturaire retenu par le Concile se caractérise par une prudence scrupuleuse. Le document ne fait intervenir que les textes dont la signification mariale est indiscutable et au niveau d'interprétation où leur portée est indiscutable. Cette prudence amène une modification sensible du dossier marial auquel le catholicisme s'était habitué : les textes sapientiels ne sont jamais invoqués; il n'y aucune allusion à Apocalypse 12, alors que ce texte appartient à la liturgie de l'Assomption. En revanche, ce dossier a incorporé le thème de Marie «fille de Sion» : Marie est au premier rang des pauvres et des humbles du Seigneur.

 

Pour discerner des chemins de spiritualité, le concile insiste sur Marie comme modèle : Marie servante du Seigneur (§ 60-61), et Marie modèle de l’Eglise : “c'est dans sa foi et dans son obéissance qu'elle a engendré sur la terre le Fils du Père. En contemplant la sainteté mystérieuse de la Vierge et en imitant sa charité, en accomplissant fidèlement la volonté du Père, l'Eglise devient à son tour une Mère, grâce à la parole de Dieu qu'elle reçoit dans la foi: par la prédication et par le baptême elle engendre, à une vie nouvelle et immortelle, des fils conçus du Saint-Esprit et nés de Dieu”.

 

Le concile invite, dans la prédication et le culte de la sainte Vierge “à s'abstenir avec le plus grand soin, … à la fois de toute fausse exagération et non moins d'une excessive étroitesse d'esprit…. Le culte marial répond à la parole du Magnificat : «Toutes les générations me diront bienheureuse.» Ce culte diffère du culte d'adoration qui n'est dû qu'au Dieu trinitaire. Il doit être biblique, christocentrique et théocentrique. Il se doit d'éviter tout ce qui pourrait être compris comme une erreur de la part des «frères séparés» sur la véritable doctrine de l'Église. “Que les fidèles se souviennent qu'une véritable dévotion ne consiste nullement dans un mouvement stérile et éphémère de la sensibilité, pas plus que dans une vaine crédulité ; la vraie dévotion procède de la vraie foi, qui nous conduit à reconnaître la dignité éminente de la Mère de Dieu, et nous pousse à aimer cette Mère d'un amour filial, et à poursuivre l'imitation de ses vertus." (Lumen Gentium n°67)

 

Marie Théotokos

 

Théotokos 6ème siècle Théotokos 6ème siècle    

La plus ancienne affirmation théologique concernant Marie est Théotokos, c’est-à-dire mère de Dieu. Héritage du 2ème siècle, ce titre lui fut reconnu au concile d'Ephèse, en 431

 

 

 

Ceci explique que les plus anciennes représentations de Marie dans l’art associent Marie et son fils. Ci-contre, Ivoire VIème siècle représent Marie portant l'enfant Jésus.

 

 

 

Vierge à l'enfant Chartres, 13ème s Vierge à l'enfant Chartres, 13ème s  

Théotokos 6ème siècle Théotokos 6ème siècle   Ci-contre, à gauche, bois peint

  monastère Ste Catherine Sinaï, VIè.

 

A droite, Vitrail de Chartres, au XIIè ;

 

En haut de la page et ci-dessous à droite : Notre-Dame des ardents marbre du XVè (Arras, église St Jean-Baptiste). Marie porte l'enfant Jésus dans un bras. Dans l'autre main se trouve la chandelle de la légende des Ardents. 

 

 

 

Une représentation intimiste, le regard. Dialogue entre Marie et Jésus. D'après statue cathédrale d'Amiens Marie 20è s  
Une représentation intimiste, le regard. Dialogue entre Marie et Jésus. D'après statue cathédrale d'Amiens
Une représentation intimiste, le regard. Dialogue entre Marie et Jésus. D'après statue cathédrale d'Amiens
Notre-Dame des Ardents Arras 15ème s Notre-Dame des Ardents Arras 15ème s  A gauche, statue de la Vierge à l'enfant, maison de la Conférence des évêques de France, à Paris.  Cette statue s'inspire d'une trés ancienne représentation de la Vierge à l’enfant  (gothique) à Amiens.

 

Ci-dessous, dans la crypte de l'église de la Dormition à Jérusalem. Cette représentation s'inspire d'une icône peinte fin XIIIè-début XIVème. Dans la partie verticale, le Christ emporte en paradis Marie comme emmaillotée. Les saints et les apôtres entourent cette représentation.

Voir aussi dossier sur la Vierge Marie

Discours de Benoit XVI au 23ème congrés de mariologie

 


 Jésus emporteauprès de Dieu Marie vêtu du linceul blanc, à l'image de l'ascension de Jésus Eglise de la Dormition, crypte, à Jérusalem  
Jésus emporteauprès de Dieu Marie vêtu du linceul blanc, à l'image de l'ascension de Jésus
Jésus emporteauprès de Dieu Marie vêtu du linceul blanc, à l'image de l'ascension de Jésus

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 2887 visites