Un amour qui se donne

C’est l’un des trois vœux de la vie religieuse : la chasteté est source d’une grande fécondité spirituelle. Témoignage de l'une de nous, publié dans le journal 'France Catholique'

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     Que de fois, lors d’une rencontre avec un groupe d’enfants, j’ai entendu cette question : ‘Ma sœur, êtes-vous mariée ?’… Un enfant plus perspicace que les autres a repéré l’alliance à mon doigt ! ‘Oui, je suis mariée !’

Drôle de mariage cependant, puisque Dieu me demande de marcher sur les sentiers de la chasteté parfaite.

 

    La chasteté, pour moi, c’est la réponse à l’appel du Seigneur qui m’a invitée à Le suivre en me donnant à Lui corps et âme. La chasteté n’a pas d’abord été un ‘non’ à quelque chose ou à un amour défendu mais un ‘oui’ à un Amour qui me dépasse et qui m’appelle. Cet amour ne m’appartient pas, il est un don du Christ pour son Eglise.

 

    La chasteté, pour moi, est une nécessité. Il me faut protéger ce don contre tout ce qui pourrait l’abîmer, l’amoindrir. Je dois veiller à la qualité de mon amour dans les relations avec les autres, dans les multiples attentions de détails, dans les services cordialement rendus, dans le travail bien fait. Je dois aussi apprendre à garder mon cœur des émotions stériles et égoïstes, apprendre à passer d’un ‘amour qui prend’ à un ‘amour qui donne’, qui se donne.

 

    La chasteté, pour moi, c’est accepter de trouver ma plénitude non en moi-même ou dans une autre relation, si belle soit-elle. C’est accepter de ressentir un manque, une béance qui se découvre peu à peu comme une attente que Dieu seul peut combler. Rude combat, mais je ne suis pas seule, la présence de mes sœurs me soutient me soutient.

 

    La chasteté me permet de réaliser pleinement ma féminité, ma vocation d’épouse et de mère. Plus une personne appartient à Dieu, plus elle transmet la vie. Mes enfants, je ne les vois pas, mais ils sont là, confiés par Dieu et je les porte dans la foi. Cette maternité est spirituelle, elle est sans limite et embrasse tous les hommes, objets de l’amour du Christ. Mon apostolat, c’est la prière : moyen efficace pour rejoindre les périphéries les plus inaccessibles.

 

    C’est dans l’Eucharistie, lieu privilégié de la rencontre avec l’Epoux, que je puise chaque jour les grâces nécessaires à ma fidélité, c’est là que je peux de nouveau m’offrir pour collaborer à l’œuvre de la Rédemption. Selon les mots de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, liée à Lui, je peux être présente partout, comme Il l’est aussi, sur tous les fronts, en chaque lieu de désolation… pour y répandre son Sang précieux, qui apaise, qui guérit et qui sauve…

Article publié par Bénédictines de l' Abbaye Notre Dame de Wisques • Publié • 484 visites

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