Prêtres ouvriers, 60 ans déjà

Rencontre annuelle de Pentecôte. Funérailles M.Lecomte

 

Originaires de la région Nord 60ème anniversaire des P.O. Prêtres Ouvriers-Lyon  
Originaires de la région Nord 60ème anniversaire des P.O.
Originaires de la région Nord 60ème anniversaire des P.O.
L‘assemblée annuelle des prêtres ouvriers à Lyon
Petecôte 2008
.
 
Nous étions sept prêtres -ouvriers du diocèse d’Arras rassemblés à Valpré près de Lyon pour la rencontre nationale des P.O : Michel Lecomte, Désiré Marle, Pierre Graillot, Dominique Wiel, Raymond Hatte, Gérard Cordier et Henri Caffart.
 
Surprise de nous retrouver encore si nombreux (plus de 250), vieux, parfois très vieux, le plus souvent à la retraite pour le travail, mais toujours P.O. donnés pour la vie à la classe ouvrière, « condition pour que ce soit sérieux » disait, un de nos anciens. Joie des rencontres fraternelles lorsque l’on a tant à partager. Solidité des exposés, interventions, témoignages.
 
Conviction qu’il fallait être là : nous n’avons pas perdu notre temps, nous avons été acceptés comme prêtres dans nos milieux de travail, l’annonce de l’Evangile a progressé dans la classe ouvrière et l’Eglise s’est enrichie d’une vie qui lui échappait. Ce qui nous fait dire : « nous avons été évangélisés ».
 
A nos frères prêtres souvent surmenés, nous rappelons que dans notre passé et durant de longues années nous avons tous connu les richesses et les limites du ministère ordinaire. C’est même le sérieux de ce vécu qui, emporté par le vent de Pentecôte soufflant sur l’Eglise de Vatican II,   nous a poussés à avancer au large, à devenir prêtre des « non- chrétiens », par le partage du travail et des luttes syndicales et politiques de la classe ouvrière.
 
Nous avons eu l’heureuse surprise de constater la présence et la participation active de nos partenaires en mission ouvrière: A.C.O J.O.C. A.C.E. Religieuses en monde ouvrier.
Une seule ombre à cette rencontre festive : l’absence d’un évêque qui nous aurait redit la confiance de l’Eglise de France. Toute fois, un jeune évêque auxiliaire qui semblait méconnaître notre vie, a fait un passage éclair.
 
Depuis cette rencontre qu’il avait vécue intensément, notre camarade et frère Michel Lecomte nous a quittés. Nous ne pourrions mieux conclure ces réflexions qu’en citant son appel lancé peu de temps avant sa mort et repris lors de la célébration de ses funérailles :
« Que vive encore longtemps l’intuition des prêtres-ouvriers. Nous ne voulons pas être les derniers de Mohicans .vous qui avez partagé nos vies, répétez à temps et à contre- temps aux évêques, à tous ceux qui participent à la mission ouvrière, qu’il faut encore des prêtres-ouvriers. L’humanité d’aujourd’hui n’a jamais eu tant besoin de responsable politiques, syndicaux à la hauteur de la tâche pour répondre aux besoins des gens. Elle a tout autant besoin de prêtres-ouvriers se mêlant au peuple, croyant que la classe ouvrière n’est pas morte et qu’un monde d’amour est possible. »
 
 Les prêtre ouvriers du diocèse.
 
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Funérailles de l’abbé Michel Lecomte à Calonne sur la Lys le 1er septembre 2008 ;
 
Avant de mourir Michel avait confié à plusieurs personnes de son entourage qu’il souhaitait, comme il l’avait fait pour son père, une célébration de la vie et de la Parole sans Eucharistie. Nous laissons la parole à plusieurs militants d’association, de syndicat et de parti politique avant le groupe de prêtres ouvriers.
 
« Michel priait longuement, pour de nombreuses personnes vivantes ou passées dans l’au-delà, c’est à dire dans la communion des saints qu’il a rejointe. Nous avons prié ensemble l’Esprit Saint dont notre monde a tant besoin. »
 
Pour que Michel continue de vivre parmi nous, je vous cite ce qu’il a écrit lui-même: « La très grande complicité que j’entretenais avec mon père m’a aidé à me secouer.  Si tu veux vraiment que ça change et que ça bouge, lève-toi, car il est temps.  Mon père m’avait donné l’Amour en héritage ; il fallait que j’en fasse bon usage. Cet Amour, je l’ai cherché et le cherche toujours, je lui ai donné un nom, en méditant les Ecritures. Dès lors, j’ai fait le choix d’être prêtre.
Il me semblait que c’était, à l’époque de mes vingt ans, un choix radical de vie, mis au service des pauvres: les pauvres qui sont nos maîtres. »
Il ajoute un peu plus loin: « Il faut encore des prêtres ouvriers. L’humanité d’aujourd’hui a besoin de prêtres ouvriers se mêlant au peuple, croyant que la classe ouvrière n’est pas morte et qu’un monde d’Amour est possible. »
 
 « Tu étais fier de ton engagement politique et syndical. Tes camarades ont voulu que je te rende cet hommage. Au non de l’Union Locale CGT de Béthune et du parti communiste je présente à ta famille et à tes proches, nos sentiments de fraternité. Cette fraternité n’avait pas de borne pour reprendre la maxime du livre de René Déjardin: Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous. »
 Ta vie militante, ce n’était pas, pour toi, une fin en soi mais un moyen de vivre ta foi, de partager, de donner à l’action et à la personne, toute sa valeur pour combattre une société injuste et surtout de construire un monde meilleur en provoquant la réflexion et en conduisant à l’action. Ne pleure pas, fonce, aujourd’hui est le premier jour qu’il nous reste à vivre. »
« Grâce à toi, nous avons tenu à construire une petite communauté fraternelle et humaine. Tu étais pour nous, une force inestimable. Tu avais toujours le souci des plus démunis. Merci, grand merci pour ta vie donnée aux handicapés. »
Michel lui-même a écrit :
« La vie des prêtres ouvriers se conjugue avec l’histoire de la classe ouvrière du Pas de Calais. Qui peut avoir oublié René Déjardin, Pierre Vilain, André Lamiaux, et tant d’autres? Tous, se sont intégrés, là où ils travaillaient et où ils habitaient, au peuple des sans voix, des exclus, des militants de l’Espoir ».
 
Ce que nous célébrons, ce n’est pas la mort, nous célébrons la vie de Michel.
Après les émouvants témoignages que nous venons d’entendre, exprimés par quelques uns de ceux qui l’ont bien connu, en notre nom à tous, c’est à nous prêtres ouvriers, de témoigner de la vie de Michel, notre frère dans le sacerdoce et le service de la classe ouvrière. Quelques mois avant sa mort, Michel a écrit un texte où il dit le meilleur de ce qu’il croyait et qu’il a vécu, c’était comme son testament spirituel. Nous vous demandons de l’écouter avec respect, même si vous êtes parfois un peu surpris. Il dit bien ce que nous vivons comme prêtres ouvriers. Il dit aussi notre Espérance que quelque chose continuera après nous, au service des pauvres, des exploités, de tous ceux qui luttent pour la justice. C’est Michel au contact si facile, si fraternel, avec toute personne rencontrée, qui nous parle une dernière fois, pour redire ce qui, en lui, est promis à la Résurrection.
Le groupe des prêtres ouvriers.
 
 
Funérailles de l’abbé Michel Lecomte à Calonne sur la Lys le 1er septembre 2008 ;
 
Avant de mourir Michel avait confié à plusieurs personnes de son entourage qu’il souhaitait, comme il l’avait fait pour son père, une célébration de la vie et de la Parole sans Eucharistie. Nous laissons la parole à plusieurs militants d’association, de syndicat et de parti politique avant le groupe de prêtres ouvriers.
 
« Michel priait longuement, pour de nombreuses personnes vivantes ou passées dans l’au-delà, c’est à dire dans la communion des saints qu’il a rejointe. Nous avons prié ensemble l’Esprit Saint dont notre monde a tant besoin. »
 
Pour que Michel continue de vivre parmi nous, je vous cite ce qu’il a écrit lui-même: « La très grande complicité que j’entretenais avec mon père m’a aidé à me secouer.  Si tu veux vraiment que ça change et que ça bouge, lève-toi, car il est temps.  Mon père m’avait donné l’Amour en héritage ; il fallait que j’en fasse bon usage. Cet Amour, je l’ai cherché et le cherche toujours, je lui ai donné un nom, en méditant les Ecritures. Dès lors, j’ai fait le choix d’être prêtre.
Il me semblait que c’était, à l’époque de mes vingt ans, un choix radical de vie, mis au service des pauvres: les pauvres qui sont nos maîtres. »
Il ajoute un peu plus loin: « Il faut encore des prêtres ouvriers. L’humanité d’aujourd’hui a besoin de prêtres ouvriers se mêlant au peuple, croyant que la classe ouvrière n’est pas morte et qu’un monde d’Amour est possible. »
 
 « Tu étais fier de ton engagement politique et syndical. Tes camarades ont voulu que je te rende cet hommage. Au non de l’Union Locale CGT de Béthune et du parti communiste je présente à ta famille et à tes proches, nos sentiments de fraternité. Cette fraternité n’avait pas de borne pour reprendre la maxime du livre de René Déjardin: Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous. »
 Ta vie militante, ce n’était pas, pour toi, une fin en soi mais un moyen de vivre ta foi, de partager, de donner à l’action et à la personne, toute sa valeur pour combattre une société injuste et surtout de construire un monde meilleur en provoquant la réflexion et en conduisant à l’action. Ne pleure pas, fonce, aujourd’hui est le premier jour qu’il nous reste à vivre. »
« Grâce à toi, nous avons tenu à construire une petite communauté fraternelle et humaine. Tu étais pour nous, une force inestimable. Tu avais toujours le souci des plus démunis. Merci, grand merci pour ta vie donnée aux handicapés. »
Michel lui-même a écrit :
« La vie des prêtres ouvriers se conjugue avec l’histoire de la classe ouvrière du Pas de Calais. Qui peut avoir oublié René Déjardin, Pierre Vilain, André Lamiaux, et tant d’autres? Tous, se sont intégrés, là où ils travaillaient et où ils habitaient, au peuple des sans voix, des exclus, des militants de l’Espoir ».
 
Ce que nous célébrons, ce n’est pas la mort, nous célébrons la vie de Michel.
Après les émouvants témoignages que nous venons d’entendre, exprimés par quelques uns de ceux qui l’ont bien connu, en notre nom à tous, c’est à nous prêtres ouvriers, de témoigner de la vie de Michel, notre frère dans le sacerdoce et le service de la classe ouvrière. Quelques mois avant sa mort, Michel a écrit un texte où il dit le meilleur de ce qu’il croyait et qu’il a vécu, c’était comme son testament spirituel. Nous vous demandons de l’écouter avec respect, même si vous êtes parfois un peu surpris. Il dit bien ce que nous vivons comme prêtres ouvriers. Il dit aussi notre Espérance que quelque chose continuera après nous, au service des pauvres, des exploités, de tous ceux qui luttent pour la justice. C’est Michel au contact si facile, si fraternel, avec toute personne rencontrée, qui nous parle une dernière fois, pour redire ce qui, en lui, est promis à la Résurrection.
Le groupe des prêtres ouvriers.
 
 
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