La santé : une préoccupation majeure

A l'occasion du dimanche de la santé

Depuis plus de vingt ans maintenant, le dimanche de la santé donne l’occasion aux personnes les plus concernés par la souffrance, la maladie, le handicap, d’exprimer comment elles vivent cette préoccupation. Elles témoignèrent que c’est une Bonne Nouvelle de chercher ensemble comment « Jésus est compagnon d’espérance là-même où nos forces nous abandonnent. »*(1) En reprenant quelques-uns de ces témoignages nous mettrons en évidence comment les préoccupations de santé sont l’affaire de tous.

 

Le grand vieillissement

 

Notre espérance de vie ne cesse d’augmenter, (77 ans pour les hommes, 84 ans pour les femmes), et elle augmente actuellement de trois mois par an. A 85 ans, 9 personnes sur 10 vivent à domicile. Or ces personnes sont souvent seules au point que l’on a pu dire : « on meurt plus de solitude que de maladie ». Le dimanche de la santé est l’occasion de donner la parole à ces personnes très âgées.


Denise, une vieille dame, asthmatique depuis sa naissance, a envoyé ce message à sa communauté. « J’ai 87 ans. Mes amis ont le même âge que moi. Ils sont fatigués, ils ne peuvent plus bouger, ou ils sont partis et peu à peu je perds mes relations. Or on hésite à nous rendre visite parce qu’on a peur de nous déranger. C’est vrai aussi que la maladie fait peur : une crise d’asthme c’est impressionnant. Cependant n’hésitez pas à nous rendre visite parce qu’on n’a plus de contact avec le monde extérieur. Venez, écoutez-nous et parlez-nous de la vie. »

 

Le vieillissement de la population a aussi pour conséquence la multiplication des maisons de retraite et autres maisons pour personnes dépendantes. Les professions d’aide aux personnes âgées se développent : aides ménagères, auxiliaires de vie, aides-soignants, etc.

Sandrine, aide-soignante dans une M.A.P.A.D. a dit ceci : « Nous sommes confrontés à la souffrance physique et surtout morale des personnes âgées car se voir vieillir ou voir vieillir une personne que l’on aime, c’est difficile. Nous sommes là non seulement pour apporter nos soins dans les actes de la vie quotidienne mais pour écouter, rassurer. C’est un métier qui requiert beaucoup de patience, de tolérance, d’empathie ».


Ces deux témoignages nous renvoient à une question essentielle et pourtant peu débattue : quelle société et quelle Eglise construisons-nous pour les personnes très âgées ?

 

Les grands malades

 

Nous avons à entendre les angoisses des grands malades, à les réconforter de notre présence et à permettre à ceux qui sont croyants de vivre leur épreuve dans la foi. Ces deux témoignages, qui ont été apportés le dimanche de la santé, expriment leurs attentes et leur reconnaissance pour ce que nous vivons avec eux.


«Il y a plus de trois mois que je suis hospitalisée. J’ai vécu la souffrance, celle qui dure des jours et des jours, celle surtout qui, une nuit, m’a fait crier que Dieu n’existait pas ou alors qu’il n’était pas le « Bon Dieu » aimant ses enfants. Puis j’ai rencontré l’humanité de certains médecins, la patience et la gentillesse des soignants, l’affection de la famille et des amis. Vint alors le regret d’avoir douté jusqu’à ce qu’un membre de l’aumônerie hospitalière me dise : Jésus sur la croix n’a-t-il pas douté lui aussi quand il a dit : Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? Alors osons aller à la rencontre de ceux qui connaissent ces épreuves afin qu’ils gardent la confiance en notre Père qui les aime tant »


« Dès mon arrivée en clinique, je demandais le sacrement des malades, sachant la grosse épreuve qui m’attendait. Je l’ai reçu le lendemain et, à partir de ce moment, je fus en paix. Dieu était ma force et je me sentais soutenue par la prière de vous tous qui m’aidez. Et puis ce lien avec les amis par téléphone et, dès que ce fut possible par leur visite ! Oh combien cela est réconfortant et m’aide à me remettre debout !

 

La souffrance des parents et des accompagnants

 

Etre parent d’enfant handicapé, vivre avec des grands malades ou des personnes désorientées, (Alzheimer par exemple), est épuisant. Le quotidien de ces personnes est tellement lourd que l’on prend conscience de la nécessité de « l’aide aux aidants ». Les réponses que leur entourage et l’Eglise apportent pour les accompagner leur permettent aussi de tenir dans l’espérance. C’est ainsi que le dimanche de la santé, des parents ont pu dire à la fois leur souffrance et leur réconfort.
« Notre petit Achille est atteint de trisomie 21. En l’apprenant, deux heures après sa naissance, nous avons reçu un énorme choc sur la tête. Toute notre vie semblait bouleversée. Comment allions-nous gérer cette maladie ? Avec le temps nous avons « ré-atterri » sur terre et nous réalisons que c’est au jour le jour qu’il faut vivre. Chaque jour c’est Achille qui nous porte et nous entraine dans sa maladie. Mais ce sont aussi ses frères et sœur qui nous renvoient un magnifique témoignage d’amour qui nous unit tous. Les questions sont toujours là bien sûr. Mais le message d’Amour et d’accueil de l’autre que Jésus nous donne prend tout son sens. »

 

Sabrina et Thierry ont quatre enfants. Parmi eux Manon qui est née avec une jambe plus courte que l’autre et leur dernier Aurélien dont ils ont découvert qu’il était autiste. Cela les a bouleversés mais ils ne sont pas seuls. Ils font partie de la communauté de la Grande Résidence à Lens. L’an dernier ils sont allés à Lourdes avec tout un groupe de la paroisse. Le dimanche de la santé ils ont exprimé ce que cela représente pour eux. « Le pèlerinage à Lourdes, dit Sabrina, c’était surtout pour Manon. J’allais chercher une aide pour vivre mieux et je suis revenue plus sereine ». Thierry a porté la Vierge pendant la procession à la cité Saint Pierre : « C’était lourd, dit-il, mais je l’ai fait pour mon fils ». Leur vie n’est pas facile mais ils sont portés par toute une communauté.

 

Avec la pastorale de la santé

 

Les chrétiens présents dans le monde de la santé s’efforcent d’être témoins de l’espérance et la pastorale de la santé leur propose de s’organiser pour être ensemble signes de l’amour de Dieu pour tous. Le dimanche de la santé nous donne l’occasion de raviver ce dynamisme qui nous porte. Laurence, qui anime la pastorale de la santé dans le Béthunois, nous dit comment, à cette occasion, les liens sont renforcés. « Pour ce dimanche la communauté souhaite rassembler le plus grand nombre de professionnels de la santé, de personnes malades et leurs familles, d’accompagnants. Nous savons aussi que certains seront absents ce jour-là pour des problèmes de santé. Alors nous les visitons quelques jours avant le dimanche de la santé. Celles qui le souhaitent donnent une intention de prière. Ces intentions sont portées à l’autel puis elles sont remises à une communauté religieuse qui continue à les prier…liens d’amour et de prière ».

 

Mais la pastorale de la santé c’est aussi une grande diversité de mouvements, services et aumôneries qui s’efforcent de rejoindre personnes malades et handicapées, professionnels de la santé, bénévoles et accompagnants, pour accueillir la Bonne Nouvelle de Jésus Christ qui nous dit : « venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous soulagerai » Matthieu 11, 28.

Hubert RENARD
*(1) Véronique Margron.


___________________________________________________________________
 

 

Témoignages entendus à l’occasion du dimanche de la santé

 

Oser la rencontre
Le thème du dimanche de la santé était « Sois sans crainte : oser – rencontrer – espérer »
Trois personnes qui commencent leur engagement en aumônerie hospitalière et un médecin hospitalier disent ce que cela représente pour eux.

 

Oser, oui oser !
Oser, c’est avoir la confiance en plus grand que soi. C’est oser une rencontre avec un malade, sa famille, le personnel soignant. Oser, c’est espérer que demain sera meilleur. Oui, j’ai osé dire « oui » à l’appel des Responsables diocésains. Faire un pas avec les bénévoles de l’aumônerie hospitalière de Calais, relire leur mission, eux qui accompagnent tant de malades. Simplement être là, les accompagner à leur tour, être une oreille qui les écoute et qui les aide si nécessaire. Une présence aussi, pour moi, au chevet des souffrants, des familles et du personnel si besoin est.
C’est ce que je viens de commencer ce jeudi en toute humilité mais déjà avec un réel bonheur de servir !
Etre là, pour eux, simplement à leur écoute et oser, peut-être, une parole « Sa Parole » mais « Sois sans crainte » !

Colette Vieillard, nouvelle bénévole
Aumônerie hospitalière de Calais.

 

Oser la rencontre en psychiatrie
Depuis 6 mois, je suis Aumônier en milieu psychiatrique, à l’établissement public de santé mentale de Saint Venant (E.P.S.M.). haque rencontre est inattendue. Parfois, je me trouve face à un visage qui est sombre, vide, voire « fermé », qui au cours de ma visite s’ouvre peu à peu, s’éclaire et me fait comprendre que ma présence rassure et réconforte.


Je suis attentive au moindre geste, à la moindre émotion, j’accepte et respecte tout silence ! Je rassure le malade, lui témoigne qu’il est aimé de Dieu ! Ce n’est pas toujours facile. Lorsque je quitte la personne et qu’elle me sourit alors je me dis que l’Esprit Saint était là à l’œuvre ! Il a permis à cette personne de croire en l’amour de Dieu pour tous les hommes !

Martine Mouquet  P..M. de Saint Venant

 

Rencontrer, écouter, créer des liens


Retraitée depuis quelques mois, j’ai pu réaliser un rêve : donner du temps à ceux qui souffrent dans leur cœur en service psychiatrique. J’avais envie de rencontrer, écouter des personnes qui ont besoin de partager leur mal-être, leur incompréhension par manque d’amour, leur découragement afin d’essayer de leur donner l’espérance.
En retour, j’ai le sentiment d’avoir créé des liens qui font jaillir des petites lueurs de vie nouvelle. On retrouve toute la valeur de l’Evangile, par la présence partagée, en osant aller vers les autres.

Geneviève Fréville umônerie hospitalière d’Arras


Pour que la rencontre soit réussie
Nos patients sont au bout de leur parcours de vie. Certains ont eu une vie difficile avec beaucoup de regrets, de remords, de deuils. Pour que la rencontre soit réussie nous privilégions trois points d’attention : le regard proche et long, la parole douce et mélodieuse, et le toucher vaste, lent, doux et pacifiant. Et quand le contact est établi nous nous ouvrons ensemble à l’espérance. Seul c’est difficile, mais main dans la main, soignant-soigné, nous ouvrons de nouvelles portes, la lumière brille dans les yeux de tous, ce sont les petits bonheurs du quotidien.
Docteur Martine Hédouin. Centre hospitalier de la région de Saint-Omer
____________________________________________________________________

 

Responsables des mouvements et services du diocèse en pastorale de la santé,


Les professionnels
Action catholique des milieux sanitaires et sociaux (ACMSS)
Marie Claude Blary résidence de l’Esplanade - Appt 55 - 62600 Berck-Plage

Centre catholique des Médecins Français (CCMF)
Docteur Philippe Boukni - 26 rue Marguerite Yourcenar - 62660 Beuvry


Les personnes malades et handicapées
Pastorale des Personnes Handicapées (PPH)
Père Raymond Véron – le Nid du Moulin – 62199 Gosnay Marie-Andrée Geeraert – 6 rue Lebrun - appt 8 – 62000 Arras
Fraternité chrétienne des personnes malades et handicapées
Jocelyne Therry – 7/21 Place B. Chochoy – 62000 Arras
Amitié et Espérance (au service des personnes dépressives)
Philippe Pelot - 8 Chemin de Gazois – 625800 Neuville saint Vaast

Lourdes Cancer Espérance
Jacques Leclercq - 42 rue du Marais – 62110 Hénin-Beaumont
Maison des Aveugles
Monique Couvelart - 297 rue B. Chochoy – 62380 Esquerdes
Voir ensemble
Martine Deshayes - 60 rue Anatole France – 62110 Hénin-Beaumont
Fraternité Catholique des Sourds
Père René Michelet – 21 rue du Marché au Filé – 62000 Arras
Pastorale des sourds
Père Jean Floch – 30 avenue Kennedy – 62000 Arras

 

Les bénévoles
Service Evangélique des Malades (SEM)
Jacques Bonnet – 230 rue du Moulin – 62150 Houdain
Hospitalité Diocésaine de Notre Dame de Lourdes
Jean-Michel Bourdrel - 10 rue nationale – 62130 Herlin le Sec
Aumônerie Catholique des Hôpitaux
Père Hubert Renard – 29 rue du Chemin Vert – 62300 Lens
Aumônerie en Maison de retraite
Nicole MAerten – 2 rue Lamendin – 62300 Lens
 

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 3267 visites

Fermer