Fiche 01 Actes 1-2 Maisons d'Evangile

Actes. Introduction et Pentecôte

Introduction et Pentecôte
Section 1, Actes ch. 1 et 2 

 

Introduction


esprit esprit  Luc est le seul à donner une suite à l’Evangile concernant Jésus. Il écrit les Actes des Apôtres, proclamation de la Bonne Nouvelle par des disciples. Pour Luc et les autres disciples, l’histoire ne se termine pas avec la mort de Jésus. Quelques précisions sur Luc sont données dans le livret des Actes aux pages 3 et 4, ainsi qu'en 3ème de couverture.

 

Commençons la première rencontre par ½ h pour se dire, de mémoire, ce que nous pensons trouver dans les Actes, mais aussi ce que nous espérons y trouver. Puis, pour nous laisser apprivoiser par l’œuvre de Luc, on peut feuilleter le livret pour repérer les sections, en lisant les titres, le début et la fin de chacune, (utiliser le découpage proposé en couverture du livret p. 2).

 

C’est à partir du récit des Actes que notre calendrier liturgique retient le jour de l’Ascension comme 40ème jour après Pâques. A la fin de l’Evangile, Luc avait parlé d’un départ de Jésus le soir même de Pâques, manière de dire que pour Jésus, désormais, c’est un nouveau type de relation qui le relie à Dieu son Père et aux hommes. Mais pour les disciples, il faudra un certain temps pour comprendre. Luc commence la seconde partie de son œuvre par plusieurs verbes qui signifient que Jésus n’est plus là : il a été enlevé ; il fut élevé ; il s’en allait. Il se répète au v. 11 : il vous a été enlevé ; vous l’avez vu s’en aller… Un temps nouveau s’ouvre désormais en attendant le retour du Christ : le temps de l’Esprit, temps consacré à la proclamation du salut à toutes les nations.

 

Lecture d’ensemble.
 

Il aurait été préférable de lire en une seule section les ch.1 à 4,31, car ils constituent une même unité autour de la première communauté à Jérusalem. Pour éviter une section trop longue, nous avons fait le choix de couper en deux la première unité.


Dans son introduction, ch.1, 8, Luc propose un plan de son œuvre et précise la mission confiée à ceux qui interviendront dans son récit : ils seront des témoins, à Jérusalem (ch. 1 à 8,1), en Judée-Samarie (ch.8 à 12) et jusqu’aux extrémités de la terre (ch.13 à 28).

 

Lien avec l’Evangile.
1,1-11. Dans l’introduction au livre des Actes sont évoquées les dernières recommandations de Jésus. Ces quelques lignes forment comme la jointure avec l’Evangile de Luc. En Luc 24, tout s’était passé le même jour de Pâques : une nouvelle relation de Jésus avec son Père et ses disciples était commencée. Du côté des disciples, il faudra un certain temps (quarante jours au moins !) pour qu’ils commencent à réaliser qu’autre chose est commencé. Leur question à Jésus sur la venue du Royaume montre leur lenteur à comprendre. Les quarante jours, c’est une manière symbolique de rappeler que d’autres, auparavant, ont médité “un certain temps” au désert avant de commencer leur mission : le peuple hébreu, le prophète Elie marchant vers l’Horeb ou encore Jésus. Si nous n’entrons pas dès à présent dans la dimension symbolique des textes, nous risquons d’en rester à la superficialité du récit, à un reportage, alors que Luc nous propose un témoignage, c’est-à-dire une interprétation par lui et les communautés, des évènements vécus et rapportés.

 

 

Un dernier quiproquo.
1, 6. En signalant la demande des disciples à propos du Royaume, Luc laisse entendre qu’ils n’avaient pas encore tout compris –ou rien compris- à propos de la mission de Jésus d’apporter le salut à tout homme. Or le temps de Jésus est désormais clos ; voici le temps des témoins et de l’Esprit. Pour Luc, l’histoire du salut se déroule en trois temps : le temps de la Promesse (jusqu’à Jean-Baptiste) ; le temps de l’accomplissement (le temps de Jésus) et maintenant, le temps de la proclamation (ou de l’annonce). L’Esprit saint sera présent à cette mission tout comme il était présent à la mission de Jésus (cf. à Nazareth, Luc 4,18).

 

La reconstitution du groupe des Douze
1, 15-26. Les quatre évangiles insistent sur 12 disciples, appelés apôtres par Jésus, c’est-à-dire envoyés. Lorsque l’un d’eux, Judas, aura disparu, ils en appellent un autre, pour que la symbolique des 12 soit respectée. Le Christ a institué un collège des 12, qui deviendra le fondement de la collégialité entre tous les évêques, redéfinie au Concile Vatican II. Après la mort de Judas, les apôtres appellent quelqu’un pour reconstituer le groupe. La symbolique du chiffre 12 exprime la totalité, la plénitude du peuple d’Israël rassemblé, tout comme c’était exprimé aux origines, au passage des 12 tribus, avec Josué, en Terre promise (Jos. 3,12).

 

Avec Matthias, voici donc recréée la symbolique de la totalité du peuple de Dieu rassemblé. Le témoin est quelqu’un qui a accompagné Jésus depuis le début. Bientôt, au ch. 6, sera créé un autre groupe, le groupe des Sept, pour le service des tables. Les 12 et les 7 constituent les premières structures de la communauté qui s’organise pour l’annonce de la Parole et le service de la charité.

 

Zoom: le récit de Pentecôte (2, 1 à 11)
 

  L’ensemble concernant la Pentecôte (2, 1-42) est composé d’un récit, d’un discours et de ses conséquences. Tout se tient, même si nous ne lisons, en général et dans le zoom, que le début !


Mont Athos. Le don de l'Esprit aux Douze Pentecôte icone  
Mont Athos. Le don de l'Esprit aux Douze
Mont Athos. Le don de l'Esprit aux Douze
Deux groupes sont présentés, que rien n’aurait dû faire se rencontrer. D’un côté, les disciples dans la maison et de l’autre, une foule de pèlerins dans Jérusalem. Les éléments qui vont déclencher la rencontre sont présentés sous forme de comparaison : comme le souffle d’un violent coup de vent, comme une sorte de feu. Des tableaux de la Renaissance et nos représentations risquent de chosifier ce qui est inexprimable… Les images utilisées par Luc renvoient au Sinaï, lorsque Dieu a parlé à Moïse dans le feu et la tempête ; ou encore au don de l’Esprit aux gens convoqués dans la Tente de l’Alliance (Nombres ch. 11). Luc signifie ainsi le don de l’Esprit. Pour lui, l’origine de la rencontre entre les deux groupes n’est pas volonté humaine, mais œuvre de l’Esprit. Le mot "comme" répété devrait nous rendre prudents pour l’interprétation ; Luc essaie de rendre compte d’une expérience spirituelle avec des mots. Bientôt Pierre dira : nous ne pouvons pas nous taire au sujet de celui que nous avons vu et entendu.

 

Les origines de la fête de Pentecôte. Autrefois existait une fête des moissons (offrande des prémices). Cette fête était devenue commémoration de l’Alliance nouée par Dieu avec son peuple au Sinaï. C’était le cinquantième jour après la Pâque, (soit sept semaines ou 7x7). C’était l’occasion d’un grand pèlerinage à Jérusalem, qui concluait le temps de la Pâque. Sont présents des gens de la diaspora (Juifs dispersés dans l’empire romain).

 

Les douze apôtres - Iconone orthodoxe Les douze apôtres  
Les douze apôtres - Iconone orthodoxe
Les douze apôtres - Iconone orthodoxe
Pour Luc, l’œuvre d’Alliance
commencée avec Moïse au Sinaï se continue maintenant avec ce peuple pardonné qui naît du baptême proclamé et donné ce jour de Pentecôte (voir v.37-41). Les nations signalées par Luc représentent l’ensemble des nations alors connues.

La liste commence avec les Parthes et se termine à Rome, avec la Judée au centre, ce qui peut être compris ainsi : d’Est en Ouest, du Levant au Couchant, une manière de dire que l’ensemble des nations a pu entendre la proclamation concernant Jésus. L’irruption de l’Esprit provoque la Parole pour tous, et chacun entend et comprend dans sa propre langue, sa propre culture (“selon son idiome”, “sa langue maternelle”, disent les anciennes traductions). Cela commence à Jérusalem, cela nous entrainera jusqu’à Rome, au ch.28.

 

 

D’autres pentecôtes, ou “don de l’Esprit pour proclamer la Parole”, parcourent les Actes. Premier rappel en 4, 31 : ils furent tous remplis de l’Esprit Saint et ils annonçaient la Parole de Dieu avec assurance. Luc fera d’autres rappels, ch.10, 44 ; 11, 15 ; 19,15.

 

Pour aller plus loin

 

La lecture littérale (fondamentaliste) nous fait lire le récit de la Pentecôte, don de l’Esprit, comme un évènement unique qui s’est produit le cinquantième jour après la résurrection. Or, lorsque Luc met la dernière main à son ouvrage, 50 ans après les évènements, il médite sur l’essor de la Parole reçue dans les communautés, et il rend grâce pour l’œuvre de l’Esprit présent à cette histoire, de Jérusalem à Rome, dans les années 30 à 80.

 

Le discours de Pierre, 2, 14-36
A qui s’adresse ce discours ? Quels arguments utilise-t-il ? Que produit ce discours ?


Si nous avons déjà parcouru l’évangile de Marc ou de Luc en maison d’Evangile, nous savons combien il était important pour les premiers croyants en Jésus de relier Jésus aux Ecritures. (Cf. fiche 02, Luc, zoom). L’argument principal de Pierre est de renvoyer l’évènement concernant Jésus vers d’autres passages de la Bible. C’est une technique des maîtres en Israël : chacun est libre dire ce qu’il veut, à condition que ce soit conforme aux Ecritures. Les auditeurs de Pierre (des 12) sont tous des Juifs, de Jérusalem ou de la diaspora, Juifs et sympathisants, Crétois et Arabes ; Pierre se justifie, selon les règles, par des citations des Ecritures.

 

Repérons ce qui est dit de Jésus : Jésus de Nazareth, Dieu l’a accrédité auprès de vous. Vous l’avez supprimé par la croix ; Dieu l’a ressuscité, nous tous en sommes témoins. Ceci est redit en conclusion : Que toute la maison d’Israël le sache : Dieu l’a fait Christ et Seigneur, ce Jésus que vous, vous avez crucifié. On remarquera que le discours est “interpersonnel”. Ce n’est pas un débat d’idées à la 3ème personne, c’est une relation entre nous et vous. Ce ne sont pas des philosophes qui dissertent, ce sont des témoins qui affirment. La tradition chrétienne appelle ce témoignage “le kérygme”.

 

Une courte conclusion, 2, 42-47. Appelés sommaire, ces quelques lignes résument la vie de la première communauté. Le chiffre 3.000 baptisés peut sembler impressionnant. Mais qu’est-ce que trois mille au milieu d’une foule estimée à plusieurs dizaines de milliers de gens ?

 
Dans ce sommaire, Luc dépeint les pratiques de la première communauté : écouter l’enseignement des apôtres, partager les biens et vivre la communion fraternelle ; prier au Temple, et rompre le pain (eucharistie) à la maison. Voici les mots Temple et maison, deux termes qui ne s’opposent pas, pour l’instant. Les baptisés continuent la pratique de leur religion juive et ils ajoutent le repas de Jésus et l’enseignement sur lui, à la maison. La rupture viendra plus tard, quand Paul par exemple déclarera : "C'était à vous d'abord qu'il fallait annoncer la Parole de Dieu. Puisque vous la repoussez et ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! Nous nous tournons vers les païens.” (Ac 13, 46 ; voir aussi 28,28). Ils n’auront plus que leur maison pour se rassembler. La rupture définitive aura lieu dans les années 90. Aujourd’hui, ne faisons-nous pas un peu comme eux, réunis en maison d’Evangile ?

 

Prière au matin de l’Ascension

 

Avant le temps de la prière : Cette lecture peut-elle avoir des conséquences sur notre compréhension de l’Esprit-Saint, la mission de l’Eglise et notre propre participation ? Quels mots ou expressions attirent notre attention aujourd’hui ?

 

Seigneur Jésus, quand Tu es monté au ciel,
Les anges disaient aux Onze:
«Ne restez pas là à regarder vers le ciel ! »

 

Mais quinze jours auparavant, près du tombeau,
ces mêmes anges n’avaient-ils pas dit aux femmes:
«Ne regardez pas vers le bas ! Il n'est pas ici. Il est ressuscité »
Les anges seraient-ils capricieux, qu'ils changent aussi vite d'idée?

 

Que faire, Seigneur Jésus:
Regarder en bas vers la Terre, ou en haut, vers le Ciel?
Vers les deux, nous dis-Tu: «Je suis au Ciel,
Regardez donc en haut, vers moi, et priez.

 

Mais je suis aussi sur Terre, dans tous les pauvres,
Les petits, les malades et les pécheurs.
Il vous reste tant à faire en bas, pour eux et pour moi.
Provisoirement du moins».

 

Seigneur Jésus, fais-nous regarder vers le Ciel,
Sans oublier la Terre, et inversement.
Car tout ce que nous faisons sur Terre
À ceux qui sont tiens, c'est à Toi que nous le faisons.

Cardinal Godfried Danneels


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Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 4610 visites