Journées de formation pour les EAP-2011

Ivan Pagniez. Les orientations diocésaines

L'assemblée à Arras Formation EAP- Pagniez  
L'assemblée à Arras
L'assemblée à Arras

Pour Ivan Pagniez, parler d’orientation catéchétique, c’est d’abord regarder le monde avec bienveillance, favoriser l’accueil et l’écoute des personnes. C’est tout autre chose qu’un savoir à transmettre, c’est un savoir vivre ensemble où s’esquisse une vie communautaire. Dans ces échanges, ces partages de vie, nous pouvons discerner et découvrir des saveurs d’évangile

 

Les deux journées de formation pour les membres des EAP ont rassemblé, à Arras et à Condette 200 participants, totalisant ainsi près de la moitié des membres nommés par Mgr Jaeger en animation des paroisses. Le service diocésain de la formation permanente avait demandé à l’abbé Ivan Pagniez d’intervenir pour aider à mieux comprendre les orientations diocésaines***, six mois après leur promulgation, le10 octobre dernier. Ivan Paniez fut pendant six années membre de l’équipe Servie national de la catéchèse et du catéchuménat. il a participé à ce titre à la rédaction du “texte national pour l’Orientation de la catéchèse en France. On comprend mieux l’intérêt de son apport et combien ont perdu en compréhension celles et ceux à qui l’on a déconseillé de participer à ces journées.. D’autres personnes n’ont pu participer, et s’en sont excusées.

 

La mise en œuvre du projet et les questionnements des EAP


Le matin a consisté à faire un premier bilan dans la manière de s’approprier en paroisse le projet diocésain de catéchèse et à rassembler les questions soulevées au concret de la vie des paroisses.
Malgré leurs diversités, les réactions des participants ont exprimé :

  • Les soucis pour la relèves, l’appel et la mise en route de chrétiens pour les diverses activités de la paroisse (caté, liturgie, funérailles… oubliant peut-être d’autres services moins visibles)
  • Le nécessaire changement de mentalité : d’une Eglise enseignante à une Eglise au service du dialogue avec Dieu en Jésus-Christ. Proposer la foi est autre chose que transmettre les connaissances sur la foi.
  • Un accueil qui soit ouverture et prise en compte, non un accueil de type administratif (il y a encore beaucoup à faire!). Relire Marie-Laure Rochette “au service des familles”, septembre 2009   
  • Vis-à-vis des jeunes : dépasser l’attitude qui consisterait à les faire venir chez nous pour une attitude où l’on écoute leurs attentes, leurs besoins, leur différence. Savoir =s’ouvrir à eux avec leur univers différent du nôtre.
  • De nombreuses questions sur les sacrements et leur célébration, la manière de les proposer, d’en parler.


En début d’après-midi, Ivan Paniez reprenait les quatre axes pour la catéchèse, défini par les évêques de rance dès 2005. Les catéchistes et animateurs d’aumôneries, mouvements et service ont pu déjà prendre connaissance de ces axes, lors des journées de pré-rentrée en catéchèse. Mais cela n’avait pas encore été fait pour les membres des EAP. On peut aux numéros de rentrée d’Eglise d’Arras des dernières annés.

 

La catéchèse une responsabilité commune, et pour tous les âges de la vieProjet diocésain de catéchèse (101010) Formation EAP- Pagniez  
Projet diocésain de catéchèse (101010)
Projet diocésain de catéchèse (101010)
 


Il faut tout d’abord bien entendre que la catéchèse n’est pas une activité faite par des professionnels à destination des enfants de 8 à 12 ans. L’expression catéchèse a été gardée, mais elle qualifie l’effort fait par tous les membres des communautés d’Eglise à destination de personnes de tout âge désireuses d’entre davantage dans l’intimité du Christ Jésus. Les quelques paragraphes suivants mettent en rapport des initiatives vécues ou à développer au sein des paroisses. Les membres des EAP ont à veiller à leur mise en œuvre, à favoriser leur prise en compte dans les paroisses : membres des communautés, catéchistes et animateurs et nombre de personnes de bonne volonté, dans les différentes activités de la vie paroissiale, en liturgie, accueil en paroisse, solidarité, animation des chants et fleurissement des églises etc.

 

Les quatre axes pour l’orientation de la catéchèse.


1 Une proposition catéchétique articulée à la vie liturgique.
En parcourant l’année liturgique on peut parcourir la vie du Christ selon l’année liturgique. Il est donc intéressant de favoriser les initiatives accolées à la liturgie, en particulier Dimanche : Parole en fête, graine de Parole, petite enfance… Ces propositions favorisent un vivre ensemble inter-génération ce qui n’était pas le souci autrefois. Il est possible de prendre un texte qui corresponde mieux au souci de relier les communautés rassemblées avec tel aspect de la vie du Christ évoquée en ce temps liturgique (parfois, en raison du dimanche choisi, il se peut que le texte officiel ne soit pas favorable à relier les croyants rassemblés avec la vie du Christ célébrée dans ce temps liturgique.)

 

2. Une proposition faite à tous les âges de la vie.

Autrefois un enfant qui commence le caté fin CM2 ou 6ème devait reprendre le parcours de huit à douze ans. Nos parcours étaient tellement sophistiqués qu’on ne pouvait entrer que par la première leçon. Il se fait que bien des enfants et des jeunes intègrent une équipe de catéchèse en CM2, ou en 6ème-5ème invité par des copains. Il faut que l’Eglise puisse prendre en compte son age et les copains qui l’ont appelé. Le développement de modules favorise cette démarche. Les modules sont de petites unités indépendantes les uns des autres, qui développe, pour chaque module, une approche de la foi, par la connaissance de l’Ecriture, la célébration dans la prière. Cela peut se vivre aussi avec des jeunes, des jeunes adultes. Ce sont des portes d’entrées différentes qui permettent à tout âge dans le mystère de la foi. [Les évêques définissaient ainsi le mystère de la foi ainsi : “Le mystère concerne avant tout l’initiative gratuite que Dieu a prise de se révéler aux hommes, pour sceller avec eux une Alliance indéfectible“. *** N’est-ce pas cela que nous souhaitons communiquer à celles et ceux qui demandent la Foi ?

 

3. Une proposition articulée aux demandes sacramentelles.

Il n’y a plus d’âge pour demander un sacrement, regretteront certains : baptême, communion ou confirmation etc. jusqu’à présent il était demandé au candidat au sacrement de s’adapter à nos méthodes, à nos règlements. Il semblerait préférable que les chrétiens commencent par accueillir et écouter celles et ceux qui frappent à la porte et qu’ils leur proposent ensuite de se mettre en chemin à la suite du Christ. Il peut être utile de relire les interventions de Mme Marie-Laure Rochette, rentrée 2008 et 2009. Toute démarche sacramentelle doit pouvoir être occasion de démarche catéchétique pour celui qui demande, et que ceux qui l’entourent, parents, parrains, amis et voisins y soient associés. Cela se perçoit plus facilement avec les équipes de catéchuménat, mais pas seulement, car elles sont appelées à s’ouvrir aux communautés paroissiales, (dans la mesure où elles sont associées à la vie de la paroisse ou du mouvement d’origine).


4. Première annonce
L’expression “première annonce” revient souvent et devrait être précisée pour une meilleure compréhension. Il peut arriver que l’on comprenne cette expression comme nécessité de dire une parole explicite comme une première parole sur Jésus ou l’Eglise. Or ce qui est premier c’est la relation que les chrétiens ont avec ces personnes de leur entourage. Par le témoignage explicite, “la présence avec…”, il se passe déjà quelque chose de l’ordre de l’annonce. Il est nécessaire qu’existent d’abord des liens de proximité et d’amitié. Il importe de favoriser des lieux de regroupement de vie, comme, par exemple, une aumônerie, un mouvement, un établissement catholique d’enseignement qui favoriseront le dialogue et la continuité.

 

Pour vivre les orientations en paroisse.

 

Reconnaissons que les participants sont repartis heureux de cette journée entière consacrée à mieux comprendre leur responsabilité dans le développement actuel de l’Eglise. On ne peut que regretter une certaine apathie à vouloir imiter Jésus-Christ, lui qui ne partait pas des principes pour annoncer un Dieu de miséricorde. Il se rendait proche de celles et ceux qui se sentaient abandonnés, déconsidérés ou exclus. Le premier souci des communautés chrétiennes. Dans ses orientations promulguées en 2.000, Mgr Jaeger rappelait que “ l’annonce de l’Évangile ne peut se vivre qu'en grande proximité”.

Devant le doute et l’usure, bien des bénévoles en paroisse s’interrogent : “Comment peut-on relancer une paroisse où l’on ne développerait pas s contacts avec ceux qui sont au seuil ? Où l’on ne chercherait plus à découvrir l’attente des jeunes parents, des fiancés… ?” N’est-ce pas une invitation à rejoindre le Christ dans sa rencontre avec la Samaritaine : j’ai besoin de toi, donne-moi à boire. N’avons-nous pas à favoriser le dialogue, à développer des lieux où il puisse se vivre ?
Abbé Emile Hennart.

 

Notes

*** Le document “projet diocésain de catéchèse” à été réimprimé, il est à nouveau disponibles auprès du service de la catéchèse au prix de 0,50,cts.
***“Proposer la foi dans la société actuelle”. Lettre aux catholiques de France. Cerf 1996

***Invitation à relire:

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 3488 visites