Journée diocésaine

Pastorale de la santé

Le 11 mai, La journée diocésaine de la Pastorale Santé a rassemblé une centaine de personnes. Avec le Père Luc Dubrulle et Stéphane Leleu, elles ont approfondi la démarche « Diaconia » à laquelle nous sommes tous invités à participer.

 

- Stéphane nous rappelle les enjeux du service du frère, authentique expérience spirituelle, individuelle et communautaire :

aiguiser notre attention aux plus faibles,

découvrir et révéler les gestes de fraternité,

approfondir notre lecture de ce qui est repéré,

redécouvrir la manière dont le Christ s’est fait serviteur des hommes de son temps, en approfondissant la parole de Dieu.

Servir la fraternité est une question toujours d’actualité qui nous interroge sur notre comportement ; certes il est facile de penser qu’en santé, le service du frère est « notre fonds de commerce » mais comment se préoccuper réellement de la santé des exclus et des exclus de la santé ? 

Nous sommes invités à réfléchir avec les EAP à l’attention portée en communauté paroissiale  aux personnes malades ou isolées.

 

- Des témoignages nous ont permis d’élargir notre regard :

- Valérie nous a partagé plusieurs expériences vécues à la grande résidence de Lens, montrant que santé et précarité constituent une double peine : être malade et dans la précarité, rajoute des soucis.

Valérie a tiré plusieurs enseignements : l’importance de ne pas en rester aux apparences, ne pas juger, l’importance d’informer les gens sur leurs droits, une invitation à prendre le temps de la rencontre, de l’écoute et de l’accompagnement. Cf. témoignage.

 

- Avec Claude et Lucette, nous avons touché du doigt la continuité du service assuré par l’hospitalité de Lourdes vis-à-vis des personnes handicapées qui peuvent vivre chaque année leur retraite diocésaine proposée par la FCPMH (« la frat »). Ces 2 mouvements de la pastorale de la santé nous ont partagé leur joie d’être ensemble et l’enrichissement mutuel apporté par cet accompagnement. voir les témoignages

 

- Quelques grandes lignes du livre des fragilités et des merveilles recueillies par les différents acteurs de la santé ont été présentées :

Des faits précis illustrent un état de mal être physique ou moral, une fragilité existentielle et affective. Les questionsmatérielles et économiques ont des conséquences sur l’état de santé des personnes. Des fragilités chez les jeunes ont été pointées, de même chez les accompagnants qui éprouvent parfois de la lassitude devant misère et détresses.

Des merveilles émaillent le quotidien de notre vie, si savons les repérer :

La personne malade ou visitée retrouve sa dignité ou se réalise,

L’entraide et les liens d’amitié rendent possible un mieux être,

la compétence des professionnels et des bénévoles est remarquée

l’aide matérielle et l’évolution des moyens techniques facilitent la vie des personnes éprouvées dans leur santé.

 

Luc Dubrulle Luc Dubrulle   Le père Dubrulle nous rappelle que la diaconie est le service de la charité, c'est-à-dire que l’amour de Dieu est le premier acteur. Il aime les hommes et nous appelle à les aimer.

« l’enjeu, la finalité, la vocation de la diaconie de l’Église, c’est la vie de l’humanité dans l’amour de Dieu…

Alors la pastorale de la santé est la diaconie de la santé… c’est-à-dire qu’elle veut servir, à sa mesure, avec ses moyens limités mais réels, elle veut servir l’amour des professionnels, des bénévoles, et des malades qui œuvrent dans le domaine de la santé…et bien sûr les malades, parce qu’ils sont des sujets, ils entrent dans la réciprocité de l’amour, dans la mutualité de l’amour… »

Les soins, tous les types de soins, dans leur activité ordinaire, constituent une manifestation de l’amour de Dieu : c’est une merveille dont nous devons prendre conscience (progrès de la médecine, des recherches, de l’organisation des services…) et nous nous rappelons les origines des soins organisés dans les  « hôtels Dieu », une des premières merveilles de l’amour créatif.

 

Comment soigner dans l’amour et la vérité ? en étant créatif, en dénonçant les injustices, en s’engageant dans des actions précises.

« il faut comprendre nos engagements de justice et de charité d’une part dans la dynamique de l’Incarnation : Dieu s’est engagé en amour dans l’humanité… et nos engagements en sont la manifestation contemporaine… l’Évangile continué… donc comprendre nos engagements sociaux dans la force de l’Incarnation, et puis aussi d’autre part dans leur fonction anticipatrice du rassemblement final de l’humanité »

La Bonne Nouvelle que nous apportons se déploie par les actions menée vis-à-vis des plus pauvres.

Le salut intégral considère l’homme dans toute sa dimension : personnelle, sociale, spirituelle et corporelle, historique et transcendante. Nous sommes dans la réalité de la santé globale de l’homme.

L’amour qui nous fait agir nous vient de Dieu, Père, Fils et Esprit et nous invite à nous dépasser pour aller vers les exclus.

Nous vivons pleinement notre foi, dans le monde de ce temps en prenant conscience de la nécessité d’en unifier les trois dimensions : l’annonce, la liturgie et la diaconie.

 

A l’issue du partage en carrefours

- des points forts sont retenus :

 « Le Salut universel prend l’homme dans sa globalité.

La charité, c’est d’abord l’amour de Dieu avant d’être ce que l’on fait, Dieu nous aide à foncer sans peur, grâce à l’amour qui nous carrefour3 carrefour3  accompagne.

L’Eglise donne au monde et reçoit du monde.

Oser aller à la rencontre des exclus est bien mis en valeur dans les témoignages de Valérie, car les exclus souvent, se cachent ; cela reflète les faits de tous les jours, la réalité aujourd’hui (isolement plus important)

Repérer les fragilités et les merveilles, quelles qu’elles soient, ouvrir nos yeux (la société de consommation nous fait croire que tout va bien).

Richesse et complémentarité des divers services dans l’Eglise, Diaconia nous aide à nous ouvrir à tout ce qui nous entoure (au-delà de la pastorale santé), apporter notre contribution à la communauté en la nourrissant de ce que nous faisons. »

 

- des interrogations pour nos mouvements et services se posent :

Comment aller vers l’autre sans gêner, sans humilier ?

Comment appeler des accompagnants de services et mouvements, en particulier de plus jeunes, trouver des bénévoles pour renouveler les équipes ?

Comment rester connectés avec les autres mouvements ? créer des passerelles afin de palier au manque de coordination ?

Comment mieux faire vivre la diaconie où nous sommes ?

Comment l’amour de Dieu qui est en moi, rejoint l’amour de Dieu qui est méconnu dans l’autre ?

Comment faire le mieux ensemble pour progresser dans la charité, avoir un regard nouveau : on prend plus conscience des gestes et des soins du personnel soignant auprès des malades.

 

- Comment progresser ?

Je progresse quand je reconnais que Dieu est acteur en moi et que dans ma rencontre, Dieu est présent dans l’autre

Espérer en notre propre chemin de foi avec Dieu et les hommes

Un chemin pour tous : c’est la relecture et se former régulièrement (la grille proposée aux EAP est un outil)

Comment progresser par l’écoute, en passant le relais à d’autres, cela est plus facile lorsqu’on fait partie d’un mouvement

Besoin de formation dans les différents mouvements

 

Les participants ont été heureux de vivre cette journée avec le Père Luc Dubrulle, comme l’atteste cette remarque : « Maintenant, les personnes en Eglise se sentent davantage concernées dans le service du frère ; cela nous ouvre davantage sur Diaconia 2013 et donc aux autres manifestations, autres services qui se passent en Eglise. »

La célébration en fin de journée a permis de rendre grâce pour toute cette espérance partagée qui nous renvoie sur nos chemins d’humanité.

Article publié par Alicia Lieven - Gestionnaire technique du site internet du Diocèse • Publié • 1340 visites