Apocalypse - fiche 4 - Rencontre en vidéo

Apocalypse - Fiche 4

 

Rencontre 3

par l'abbé Emile Hennart

 

 

 

Fiches 4 et 5

Apocalypse ch.8,7 à ch.10

Les sept anges, sept trompettes, le jugement.

Liturgie céleste et septième sceau.

L’ouverture du septième sceau par l’agneau (8,1) introduit la vision des 7 anges ainsi que les 7 trompettes. C’est l’annonce des catastrophes successives. Une liturgie céleste commence où sont évoquées les prières des saints. Cela signifie pour les chrétiens des sept Eglises qu’ils sont écoutés par Dieu. Les septénaires évoqués à plusieurs reprises signifient qu’il faut comprendre leur objet dans la totalité de l’évènement annoncé.

La section 4 évoque les châtiments envoyés, au son de chaque trompette, contre ceux qui ne se sont pas repenti (9,21). Il nous faut mettre en vis-à-vis les élus et les condamnés : l’ensemble des élus présentés dans la section précédente, une foule de 144.000, est suivie d’autres nombreux accueillis au point de ne pas pouvoir être comptés. En face, dans cette section, les déchus, les condamnés. Des anges amènent les catastrophes, mais c’est pour le tiers de la terre (8,7) ; de même pour le tiers de la montagne. Ensuite, le tiers des fleuves, du soleil, de la lune, des étoiles… Le tiers signifie que tout n’est pas détruit. Précision qui est rappelée : les seuls humains condamnés “ne portent pas le sceau de Dieu” (pensez au contraire aux 144.000, suivis d’une foule innombrable, marqués du sceau, ch.7). Pensons encore aux chrétiens au mauvaise posture à qui sont destinés ces paroles et “les visions d’apocalypse”.

Ici encore, il faut admirer l’imagination de l’écrivain, quand il compare les sauterelles à des chevaux harnachés pour la guerre, etc. Il n’a pas attendu les techniques modernes du cinéma pour se représenter des scènes d’illusion. A la fin du ch.9, les hommes continuent à adorer les démons et refusent de se convertir. Ceux-là seront condamnés. Il faudra attendre encore plusieurs chapitres avant de voir, leurs chefs condamnés à leur tour, et en particulier la Bête. Alors résonnera l’invitation : “Réjouis-toi de sa ruine, Ciel ! Et vous aussi les saints apôtres et prophètes !” 18,20.

L’ange et le livre de prophéties

Ch.10 : Le voyant continue la présentation de sa vision. Alors que résonnent les trompettes du jugement, un ange lui présente un petit livre qu’il devra manger. Cette vision a pu être inspirée par la vision du prophète Ezéchiel (ch.2-3). Lors de sa vocation, Ezéchiel doit ingurgiter un livre, écrit des deux côtés (c’est-à-dire complétement rempli). Il lui faut en assimiler le contenu pour parler au peuple d’Israël, en dénonciation de ses fautes. Dans l’Apocalypse, une parole accompagne la fin de cette vision : “Il te faudra à nouveau prophétiser pour un grand nombre de peuples, de nations, de langues et de rois. Cette conclusion invite les destinataires de l’Apocalypse à penser “universalisme” du peuple de Dieu et non “particularisme”.

Les deux témoins et la 7ème trompette.

Ch.11 En rappelant Sodome, lieu de péché et de perdition, en rappelant l’Egypte, lieu d’esclavage du peuple des Hébreux, l’Apocalypse invite à se souvenir des lieux d’hostilité où vécurent les ancêtres et d’où Dieu les a délivrés. Ceci est à interpréter dans l’aujourd’hui des chrétiens à qui Jean s’adresse : si le peuple a souffert, il a été délivré par Dieu. Ainsi en sera-t-il pour eux, dans cette époque du premier siècle où ils sont chahutés par l’empire romain. Pour nous, en quoi la lecture de ces textes nous concerne-t-elle, chrétiens du 21ème siècle ? Comment comprendre ? Notre foi et notre espérance sont appelées à s’appuyer sur ces textes anciens pour rester actives aujourd’hui. Sans doute ne sommes-nous pas persécutés, mais l’indifférence rencontrée, la mise à l’écart de la foi chrétienne en de nombreuses circonstances doit provoquer de notre part un sursaut, une résistance. Un schéma de pensée peut être comparé : Lot et sa famille qui résiste à Sodome : les Hébreux avec Moïse résistent en Egypte et Dieu leur vient en aide. Les Eglise d’Asie mineure en mauvaise posture sont appelées à résister au paganisme de l’empire romain (la Bête). Nous aujourd’hui, nous devons réagir en fidélité à la foi que nous avons reçue, au milieu des obstacles d’aujourd’hui. Il est vrai que la civilisation dans laquelle baigne saint Jean, autrement compliquée qu’aujourd’hui, n’aide pas à trouver facilement un itinéraire pour notre vie de croyant.

Au milieu de la lecture de l’Apocalypse, avant d’aborder les ch.12-13 et la vision de la femme et du dragon, prenons le temps de repérer les références (ou évocations) tirées de la Bible. L’encadré de la page suivante extrait de “Guide de lecture du Nouveau Testament” p.455, peut nous aider. Rm. : Il ne faut pas séparer les ch. 12 et 13 (la femme et le Dragon), contrairement à ce que présente le livret. La femme représente l’Eglise, attaquée par le dragon, c’est-à-dire par l’empire romain et ses cultes, en particulier celui d’Artémis à Ephèse et dans chaque ville importante, mais aussi le culte de l’empereur désormais divinisé. La femme et le dragon, c’est une vision à mettre en rapport avec la femme et le serpent de Genèse 3, 15.

 

 

 

Novembre

Janvier

Mars

Avril

Mai

Hénin-Beaumont

16 annulé

11

8

12

 

Aire/Lys

17 annulé

12

9

13

 

Arras- MDA

17 annulé

19

16

20

 

 

 

 

 Chapitres 8-10, compléments

Une des difficultés concernant notre lecture de l’Apocalypse provient de ce que nous ne savons par distinguer qui sont les destinataires internes au texte. Par exemple, Jean s’adresse aux chrétiens victimes du rejet qu’ils éprouvent de la part des habitants de ces villes (Ephèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie ou Laodicée). Mais ce n’est pas contre ces chrétiens que sont annoncées les malédictions où interviennent dragons et êtres maléfiques.

Au chapitre 7, était signalée la foule immense de celles et ceux qui auront un coin de paradis auprès du trône de Dieu et de l’agneau : 144.000 et une foule immense qu’on ne savait pas compter. La vision de Jean commençait par une porte ouverte au ciel. Voir une porte ouverte est un message positif à l’égard des destinataires. On peut imaginer que la foule immense est parquée dans cet espace céleste auprès de l’agneau. Elle est invitée à regarder ce qui arrive à ceux qui ont refusé de croire. C’est la vision présentée aux chapitres 8, 9 et 10. Les sept trompettes annonce une succession de malheurs.

Cela ne concerne pas les élus. La conclusion du ch.9 s’adresse à ceux qui n’ont pas rejoint les élus : “Ils ne se repentirent pas de leurs meurtres, ni de leurs sortilèges, ni de leurs débauches, ni de leurs vols.” Les fléaux qui tombent 7 par 7 ne concernent pas les élus, mais ceux qui continuent à adorer statues et divinités. Ces choses “qui ne peuvent ni voir, ni entendre, ni marcher”, expression qui est une insulte fréquente dans la Bible contre les divinités païennes (cf. Deutéronome 4,28, Marc 8, 18 ou Romains 11, 8). Le chiffre 7, fréquemment utilisé, est une manière de signifier la totalité de ce dont on parle. 7, comme les 7 planètes connues dans l’antiquité, qui se déplacent dans le ciel. On peut admirer l’imagination de Jean pour dépeindre les fléaux et les destructions… Cela peut nous faire penser à la description des dix plaies d’Egypte, à la littérature exposant les guerres, qu’elles soient du Nord (Samarie) ou du Sud (Nabuchodonosor), qu’elles soient d’origine perse, grecque ou romaine. Il y a une telle littérature de guerre que Jean n’a pas eu de mal dans son inspiration. Mais le but de l’Apocalypse est de redonner espérance, de croire que Dieu accompagne ses fidèles. Bref, voici des sauterelles décrites comme des chevaux harnachés pour la guerre. Voici des scorpions, phénomènes naturels ou infernaux don le nom du chef est Abaddon (ou Apollyon). On ne sait d’où viennent ces noms, mais cela peut faire penser au bel et jeune Apollon de la mythologie grecque. C’est une invitation à ne pas se laisser égarer par toutes les fables du panthéon gréco-romain.

Le ch.10 évoque le don d’un livre par l’ange, un livre ouvert, qui signifie que son message est tout proche et peut être entendu. On peut penser à la vocation d’Ezéchiel, ch.2, qui évoque aussi la réception d’un livre que le prophète doit manger. En 10,4, il fallait garder le secret. Puis il est question d’une bonne nouvelle (10,8). A la fin de l’histoire, v11, il faudra prophétiser. Précision : prophétiser sur des peuples, nations, langues et rois en grand nombre : c’est donc une mission universelle. On n’est plus dans le particularisme, tel que se pensait le judaïsme.

 

Article publié par Emile Hennart - Maison d'Evangile • Publié • 1180 visites