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Maisons d'Evangile
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Diocèse d'Arras Formation Permanente Maisons d'Evangile Lire l'Evangile de Luc
FAQ-3-Evangile de Luc
Lecture en maison d’Evangile, questions et réponses au fil de l’année. Section 3 : Luc 7,1 à 9,50
Miracles et paraboles en Galilée, identité de Jésus. Cette section 3 recouvre les chapitres 7,1 à 9, 50 de Luc. La fiche 3 d’accompagnement de lecture invitait à repérer les personnes qui gravitent autour de Jésus et, parmi elles, celles à qui est destinée la Parole et l'oeuvre de salut. Il y a tout d’abord le centurion, un étranger ; la veuve de Naïm désormais sans ressources; un possédé en terre étrangère; une anonyme, pécheresse; mais aussi Jean-Baptiste et ses doutes, qui envoie ses disciples pour de plus amples informations. Il ne faudrait pas oublier les nombreux convives au partage des pains… ils représentent ceux qui partageront le pain de l’eucharistie dans la nouvelle alliance.
Comme pour les sections 1 et 2, bien des questions ont été soulevées qui méritent d’être approfondies. Dans cette lecture continue de l’évangile, on n’oubliera pas le premier principe qui est de se mettre à la recherche “du point de vue de Luc sur Jésus” et des dimensions symboliques de ses récits, alors que nous aurions tendance à rechercher la pure objectivité sur ce qui s’est réellement passé. Les récits que nous propose Luc sont toujours en vue d’aider Théophile et chacun des lecteurs amis de Dieu, en vue d’entendre la Bonne Nouvelle, à savoir l’amour infini de Dieu envers tout homme à commencer par les petits et les étrangers…
Le centurion : agit-il par flatterie ?Utilise t-il des intermédiaires juifs pour augmenter ses chances ?
Naïm (Luc 7,11-17) Pourquoi cette insistance sur le fils unique, dans la Bible ?Capharnaüm Dans toutes les civilisations, la descendance est signe d’avenir. La progéniture est aussi un “bâton de vieillesse” sur qui on peut d’appuyer quand l’âge et l’usure du temps se font sentir. Cette femme n’a plus de mari, et maintenant plus d’enfant… Il n’est pire pauvreté que de ne pouvoir s’appuyer sur personne. Les premières communautés chrétiennes auront à cœur (plus ou moins) de venir en aide aux veuves les plus démunies (Actes ch.6). Le fils unique est donc richesse, promesse d’avenir. On peut penser à Samuel, un fils acquis, à Isaac, fils d’Abraham… mais aussi à Jésus-Christ fils unique, qui disparaitra de manière prématurée.
La résurrection de Lazare
Luc porte une attention particulière aux veuves, elles font partie du groupe des plus démunies. Voir ch. 20,45 à 21, 4 la critique virulente de Jésus
Pourquoi Jean-Baptiste interroge Jésus ? Ne savait-il pas qui était Jésus ?
Que signifie Jean le plus grand et cependant le plus petit ?
Que viennent faire les mots glouton, ivrogne ?Jean-baptiste 7,35 : Il faut penser à la discussion qui se prolonge au sujet de Jean-Baptiste, bien accueilli par tout le peuple et par les publicains, alors que les officiels, pharisiens et légistes refusent de le suivre. Alors Jésus rappelle des expressions qui circulent au sujet de Jean-Baptiste et de lui-même : quatre choses. Glouton, ivrogne, ami des pécheurs, ami des collecteurs d’impôts, voilà les reproches qu’on leur fait. Jésus a beau jeu d’opposer deux figures : l’une, c’est Jean et sa vie d’ascète, et on ne le suit pas ; l’autre c’est Jésus (le fils de l’homme) qui fréquente pécheurs… et on le conteste aussi. Question sous-jacente : à quels signes peut-on reconnaître le prophète, l’envoyé de Dieu ?
La femme chez Simon, déjà pardonnée, avant son geste ?
La question: Nous comprenions jusqu'à ce jour le pardon donné parce que la femme avait manifesté de l'amour. Et nous sommes invitées à comprendre que la femme se savait pardonnée avant de poser son geste. Est-ce exact ? Ce qui pourrait sous-entendre que cette femme devait suivre Jésus, faire partie de la foule des anonymes et avoir été témoin de l'amour miséricordieux de Jésus envers les exclus ?...Et donc que c'est l'aboutissement d'un long cheminement où Dieu accompagnait la femme, même dans son péché, se faisant discret, mais appelant ?
Relisons cet évangile. La section 3 (7,1 à 9,50) est caractérisée par la question de l’identité de Jésus : après l’accueil du centurion, voici à Naïm, les gens qui répandent la renommée : “c’est un prophète, Dieu a visité son peuple (cf. Zacharie Luc 1,68). Voici ensuite Jean-Baptiste qui s’interroge et doute que Jésus soit le Messie car Jésus ne correspond pas au “modèle” qu’il a annoncé (3,7-18). Chez Simon, les convives se demandent quel est cet homme qui va jusqu’à pardonner ; et à la fin de la section (9,18-22) nous avons une réponse des disciples puis de Pierre (18-22).
Ce récit n’est pas le quelconque rapport d’un épisode de la vie de Jésus ; c'est un temps fort de la catéchèse du salut. Nous avions noté la rareté chez Luc du vocabulaire de « la grâce ». Dans cet épisode, nous repèrons l'accueil gratuit de Jésus, signe de son pardon donné. Par son geste, elle rend grâce à Jésus pour son accueil, son pardon. Les gestes d'amour de cette femme sont interprétés par Jésus comme "authentique expression de la foi" qui rend cette femme bénéficiaire du salut. Il faut lire "tes péchés ont été pardonnés... le verbe est au passé, non au présent. C'est fait depuis bien longtemps, désormais va en paix... Ce don de la paix est actualisation du programme annoncé par le père de Jean-Baptiste, «la connaissance du salut par le pardon des péchés... pour guider nos pas dans le chemin de la paix» (Luc 1, 77. 79). Malgré sa bonne volonté initiale, Simon le pharisien reste étranger à cette connaissance. Comme disait Charles Péguy, «les honnêtes gens ne mouillent pas à la grâce.»
Quelle différence entre apôtre et disciple de Jésus ?
Ceux qui forment un groupe autour d’un maitre, on les appelle les disciples. C’était vrai chez les grecs comme chez les juifs : les disciples d’un maitre, d’un rabbi. Tous comme les rabbi, Jésus enseigne son groupe de disciples. Une particularité de Jésus semble cependant qu’il envoie ses disciples pour qu’à leur tour ils deviennent prédicateurs de la bonne nouvelle. En grec, cela se dit “apostolé” c’est-à-dire “envoyé en mission”, ce qui a donné la transcription française “apôtre, et apostolat”. La même personne peut être tout à la fois disciple (d’un maître) et apôtre, c’est-à-dire envoyée prêcher. Il est utile de savoir distinguer l’état de disciple et l’état d’envoyé. Dans l’Eglise catholique, tous sont des fidèles baptisés en Christ, mais, parmi eux, certains reçoivent mission au service de… Ils sont alors envoyés.
Que veut dire Jésus par "laisse les morts enterrer leurs morts" ?Porte de bronze à NazarethNazareth Ch. 9, 59-60. Voici une difficulté-type qui provient de nos mauvaises habitudes de lecture : nous lisons trois mots comme une pièce détachée, sans prendre en compte l’ensemble de la phrase, sans prendre en compte le contexte dans lequel s'exprime l’auteur de cette phrase… [Remarquons que cette même erreur de lecture et d’interprétation est à l’origine de bien des buzz sur le dos des hommes politiques aujourd’hui, via les blogs et les vidéos]. Cette phrase "laise les morts..." traine depuis des générations dans notre mémoire sous forme de proverbe ; or cette phrase est capitale pour la mission de l’Eglise.
Les béatitudes. Enseign ement dans la plaine
Et aujourd’hui, que fait-on de cette parole ?
Mettre la main à la charrue et regarder en arrière? Dans le même contexte que ci-dessus, on trouve cette phrase un peu énigmatique: "celui qui met la main à la charrue et qui regarde en arrière n' est pas fait pour le royaume de Dieu". L'interprétation devient aisée : tu viens à ma suite, oui ou non?
Qui est Jeanne ? Et les femmes autour de Jésus
Luc parle encore de Jeanne en 24,10. “A leur retour du tombeau, elles rapportèrent tout cela aux Onze et à tous les autres. C'étaient Marie la Magdaléenne, Jeanne et Marie, mère de Jacques. Les autres femmes qui étaient avec elles le dirent aussi aux apôtres ; mais ces propos leur semblèrent du radotage, et ils ne les crurent pas”.
Le nom de Jeanne, comme celui de Jean, est un nom hébreu et signifie “Dieu fait grâce”. Cela explique pourquoi Zacharie et Anne tenaient tant à ce prénom (Luc 1,57-66) pour leur enfant! Le “Je”, qui précède “an” de Jean, est la forme raccourcie pour dire Yahvé, tout comme pour Jésus (yoshua=Yahvé-Dieu sauve). [NB Il n’était pas bien venu pour un rabbi d’être entouré de femmes. Or cela ne dérange ni Jésus ni les rédacteurs des évangiles. Dans l’évangile selon Luc, la présence des femmes auprès de Jésus est située au début d’un nouveau récit “sur le chemin”, au ch.8. Le missel, 11ème dimanche ordinaire année C, déplace ce paragraphe en fin de lecture précédente, et le qualifie de lecture facultative. Pourquoi de telles réserves, en liturgie, à l’égard des femmes ?)] Pourquoi Jésus impose-t-il le silence à l’un et pas à l’autre ?
Pour le possédé, (Luc 8,27). il est remarquable que Jésus lui confie, à lui, un païen, une mission d’annonce alors qu'il n’a pas encore envoyé ses disciples ! (9,51 à 10,20) Et, qui plus est, il invite le possédé à faire l’annonce, auprès de sa famille, famille de païens. L'idée sous-jacente est la même que lors de la guérizon de l'esclave du centurion (ch.7). Le silence demandé à Jaïre est conforme à la tradition des récits de guérison : Jésus et les évangélistes ne voudraient pas qu’on croie en Jésus à cause d’un fait merveilleux. Saint Jean, ch.6, précise que Jésus s’enfuit après la multiplication des pains, par crainte d’être proclamé roi. En Marc, souvent Jésus impose le silence sur son identité (relire fiche3 Marc), et l’identité de Jésus “Fils de Dieu” n’est révélée qu’au moment de la mort de Jésus, et par un soldat étranger à toute l’histoire juive et chrétienne (Marc 15,39). Aucun évangéliste ne fait dépendre la foi d’un miracle, bien au contraire, c’est la guérison qui dépend de la foi.
Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! Quelle signification?
Cette phrase conclue la réponse de Jésus aux disciples de Jean venus l’interroger. Essayons de nous représenter la situation : Jean est emprisonné (3,20) et, par ouï-dire, il a eu des informations sur Jésus. Il semble que Jean doute que Jésus soit bien le messie, car Jésus ne condamne personne, fréquente les pécheurs (penser au repas chez Lévi avec les pécheurs), fréquente les romains (étrangers et païens comme le centurion) ; de plus Jésus a censuré l’expression “ le jour de Dieu, jour de vengeance” (à Nazareth Luc 4, 18-19) dans la citation d’Isaïe 61, 1-2. Jésus n’a pas reproché à ses disciples de froisser des épis le sabbat (6, 1-5). De plus il a pardonne les péchés (5, 28-26), ce qui est réservé à Dieu seul). Voilà donc des raisons, pour Jean-Baptiste, de douter (= de tomber) à cause de l’attitude de Jésus trop miséricordieux.
Celui-ci ne verrai pas la mort avant d'avoir vu le règne de Dieu?
L’histoire des premiers temps de l’Eglise nous apprend que les communautés chrétiennes ont du réviser leur idée d’un retour immédiat (très proche de Jésus). Cette phrase en porte la trace : bientôt, mais quand ??? La traduction française a du mal à rendre compte de la langue des sémites. Elle écrit “ne mourront pas avant de…” ou “ne goûteront pas la mort avant que...”, c'est une manière de dire qu’on ne connait pas le délai… Dans ce bref récit (23-27) Luc reprend et adapte des paroles de Jésus en vue de soutenir des chrétiens de son temps : certains sont affrontés à la persécution, et ils auraient pu renier Jésus (avoir honte de lui…) ou mourir sans connaitre son retour. Pour Luc, écrire ainsi est une invitation à tenir jusqu’au retour de Jésus dont on ne connait pas l’heure.
Jésus n’arrête pas de faire des miracles ! Cela nous dérange !Capharnaüm Luc parle de guérison, plutôt que de miracle. Il faudrait rester fidèle à sa manière de parler. Les guérisons ne sont pas aussi nombreuses ni miraculeuses qu’on le pense, Il n’y a que 12 scènes de guérison chez Luc, (putre les guérisons multiples) et jamais quelqu'un dans les récits ne s’étonne de ces guérisons… Pourquoi ?. Guérison du ppralysé Parce que Jésus-guérisseur n’était pas une exception. Cela demanderait des explications pour comprendre les civilisations anciennes. Avez-vous remarqué que les scènes de guérison ont toujours un développement, qui porte sur autre chose que la question de guérison. La pointe de ces récits est ailleurs. C’est nous qui mettons l’accent sur la guérison/miracle, sans lire la suite. Relisons les 10 lépreux (17,10). L’accent est mis sur le dixième qui revient, rendre gloire à Dieu, et rendre grâces à Jésus, or c’est un étranger !? Luc attire notre attention sur lui, un samaritain, un étranger ! Relisons aussi les guérisons un jour de sabbat : le sujet du récit n’est pas la guérison mais la question de faire le bien le jour du sabbat etc. Ci-dessous, vous trouverez le rappel de plusieurs guérisons entre le ch.9 et le ch.19 . Si cela pourrait vous aider.
Il faudrait enfin s'interroger sur "qui sont les bénéficiaires de guérisons?" En général, ce sont de petites gens, des pauvres, des exclus, c'est à eux d'abord qu'est annoncée la Bonne Nouvelle du salut : les aveugles voient, les boiteux marchent, les captifs sont libérés, les opprimés renvoyés en liberté. Une Bonne Nouvelle en actes. Page complémentaire : récits de guérisons dans la littérature juive et grecque
Que vient faire l'allusion à Jonas?
ninive-rempart Ch 11, 29-32. Parmi les thèmes majeurs de Luc se trouve le thème de l'annonce et de l'accueil de la Bonne Nouvelle chez les païens. Ce que nous appelons aujourd'hui universalisme s’est heurté au particularisme entretenu par les responsables de la « nation élue ». Luc ne parle pas de l'épisode de la baleine (c'est chez Matthieu), mais des ninivites. Alors, pourquoi Jonas ?
L’histoire continue et, bien malgré lui, Jonas se retrouve prêchant aux païens dans Ninive. Il est tellement bien reçu que tous se convertissent. Mais à la vue des nombreuses conversions, au lieu de se réjouir, Jpnas entre en colère contre ce Dieu qui accorde le pardon à des païens. Il se fâche contre Dieu tout en retournant au pays. A l'heure du midi il s'abrite sous un arbuste, qui malheureusement se desséche. Alors Jonas se plaint que le figuier ne lui donne plus d’ombre Et voici la réplique de Dieu à Jonas: "dis-donc! tu te fais bien du souci pour cet arbre qui ne t’a rien coûté, et moi je ne devrais pas me faire de soucis pour cette ville de 120.000 habitants qui ne savaient pas distinguer le bien du mal ?”
Mission hors des frontières, hier et aujourd'hui jonas-2 Cette allusion de Jésus/Luc au livre de Jonas est comme la justification de l'envoi en mission auprès des païens. Jésus poursuit la réflexion en signalant la venue auprès de David de la Reine du Midi, une étrangère qui passera devant les premiers destinataires (les juifs) dans le Royaume. Plus tard, l'apôtre Paul devra s'orienter vers les païens suite aux refus répétés des juifs: "C'était à vous d'abord qu'il fallait annoncer la Parole de Dieu. Puisque vous la repoussez et ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les païens". (Actes 13).
Les juifs mangent-ils du porc? Est-ce une bête impure pour eux?
La question des porcs : en Israël on n’élevait pas de porc, et on n’en mangeait pas. La présence des troupes d’occupation romaine a entrainé la présence de troupeaux pour nourrir la population païenne. Aux origines de la règle juive (et aussi arabe) il y a une pratique sanitaire, une pratique de précaution, chez les nomades des pays chaud : la viande de porc ne se conserve pas, contrairement à d’autres viandes. Suite à de nombreux cas de maladie après avoir mangé du porc, les populations ont établi une règle sanitaire demandant de s’abstenir de cette viande malsaine… De règle sanitaire, millénaire, ce principe de précaution est entré dans le code de lois, lois tout à la fois civiles et religieuses, (car on ne séparait pas les deux) : viande de porc = impure parce qu’elle peut entrainer des maladies.
Mal et possession, guérisons : ce langage ne passe pas dans les jeunes générations.
De tout temps, les hommes se sont posé des questions: de où vient le mal, pourquoi etc.? Dans l’antiquité (époque où ont été écrits les évangiles, les hommes étaient persuadés qu’ils étaient entourés d’esprits célestes (anges ou démons) qui influaient sur la vie des humains. Concernant les maladies, quand on ne savait pas de où cela venait ni comment les guérir, on disait qu’un esprit mauvais avait pris possession de l’homme. La médecine faisait ce qu’elle pouvait mais n’avait pas nos connaissances.
Qu'en est-il des exorcistes? Concernant l’exorciste lui-même, son "travail" consiste avant tout à dénouer, autant que possible, les idées sur ce qu'est réellement Satan, sur toutes les représentations ancrées chez ces personnes, représentations héritées de bavardages et convictions exprimées souvent plutôt maladroitement. Le dialogue, quand il est possible, essaie d’abord de faire le tri sur tout ce que l’on raconte, afin de discerner le vrai sens de Dieu et de notre relation à Lui. (Lire témoignage de l’exorciste du diocèse). Bien des personnes “qui se disent proches de l’Eglise” parlent à tort et à travers de ces questions délicates, dont bien des gens souffrent. La médecine a des réponses au sujet des maladies, mais pas toutes les réponses sur la psychologie et de l’humain et le sens donné à sa vie. La médecin et la foi, tout comme l’économie ou la philosophie sont des disciplines différents et complémentaires qui devraient toutes travailler pou un meilleur service de l’homme. Je ne vous ferais pas l’injure de rappeler « un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup y ramène », de Louis Pasteur. C’est encore vrai aujourd’hui.
Miracles, possessions et exorcisme, comment comprendre?
2. Meilleure lecture d’un récit. Une première remarque : nous sommes tellement allergiques au mot guérison que cela nous bloque l’esprit et nous devenons incapables de lire l’ensemble la suite du récit. De plus on emploie le mot miracle là où les textes parlent de guérison ou expulsion d’un démon. Une déviation intellectuelle et spirituelle -récente- a fait du mot “miracle” quelque chose comme de la magie, et cela nous révulse, à juste titre. Essayons de comprendre le fonctionnement des civilisations anciennes, remettons les récits de guérison dans le contexte d’une société qui n’est plus la nôtre. Cela devrait aider à “ne pas diviniser” comme on l’a trop fait pour ce mot miracle, au XIXème et XXème siècle. Une lecture « objective » des récits de guérison dans les évangiles devrait faire découvrir que la guérison n’est que le point de départ d’une réflexion qui mérite toute notre attention, mais nous sommes incapable de lire tout ce qui est écrit.
Autre exemple, à propos de guérisons le jour du sabbat : le débat porte sur la possibilité de faire ou non le bien le sabbat…. Personne ne conteste la guérison (Luc 13,10-17 ou 14,1-6). Autre exemple : guérison d’un sourd : Jésus n’est pas seul à faire des guérisons ; il suffit de lire la suite, où la discussion sur Belzebul (Jésus, de quel côté est-il) et personne dans l’entourage ne conteste les pouvoirs de guérison de Jésus. Jésus fait aussi remarquer que eux aussi (ou leurs fils) font des guérisons… conclusion de ce récit, Luc, 11,14-20 : “ Mais si c'est par le doigt de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le Royaume de Dieu est arrivé jusqu'à vous”.
Pour résumer : Nous devons replacer un texte lu dans le contexte de son époque, et non dans le notre. Ensuite, se rappeler que la guérison en elle-même est rarement le sujet principal du récit, on devrait s'interroger davantage sur la discussion qui s’ensuit. Car là est l’essentiel. Quand cela se termine par "Va en paix", ou quand Jésus annonce le pardon (réconciliation avec Dieu), les lecteurs de Luc comprenaient ce qu'était réellement la Bonne nouvelle. Et nous?
Article mis en ligne par E.H. Communication Diocèse
Publié Samedi 03 avril 2010 -
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