Dom Prosper Guéranger (1805-1875)​

Éléments biographiques.

dom gueranger dom gueranger  

 

Fondateur de l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes

et de notre congrégation.

 

 

 

     Il naît à Sablé-sur-Sarthe le 4 avril 1805, étudie au Collège d’Angers puis entre au Séminaire du Mans. Ordonné prêtre en 1827, il se passionne pour l'histoire de l'Église. La découverte d'un passé où le monachisme avait été florissant et le contact avec les grandes œuvres des Mauristes éveillent en lui un certain désir de vie monastique.

 

   Tout jeune prêtre, il est choisi par son évêque comme secrétaire particulier et nommé Chanoine. Cette charge lui laisse du temps pour poursuivre de vastes lectures notamment en histoire de l’Église, liturgie, droit canonique. Hostile au jansénisme et au gallicanisme de l’ancien régime, il est favorable à une influence plus directe de Rome sur la vie de l’Église en France.

 

     De retour au Mans après avoir échappé à la révolution de juillet 1830, il devient aumônier de la Visitation. Il découvre alors la liturgie romaine qu’il commence à célébrer. Une grâce divine particulière l’initie au mystère de l’Immaculée Conception.

 

     En 1831, apprenant l'imminente démolition du prieuré de Solesmes, il a l'idée de s'en porter acquéreur pour y vivre lui-même la vie bénédictine. Aidé par quelques amis, encouragé  par son évêque, il réunit avec peine de quoi louer le monastère et s'y installe avec trois compagnons, le 11 juillet 1833. La petite communauté est sans argent, sans éclat pour attirer les vocations, et surtout sans expérience de la vie monastique. Son supérieur de vingt-huit ans n'en a lui-même qu'une connaissance théorique. L'entreprise serait un acte de folie, si elle n'était un acte de foi. Mais le jeune prieur, par son sens très sûr des choses bénédictines, de la liturgie, de la vie spirituelle, est l'exemple vivant de ses moines.Très vite les vocations arrivent.

 

     En 1837, il est nommé par Rome supérieur de la nouvelle Congrégation bénédictine de France, héritière des anciennes congrégations de Cluny, de Saint-Maur et des Saints Vanne et Hydulphe. Solesmes est érigé au rang d’abbaye. Dom Guéranger en est le premier abbé. Le 26 juillet 1837, Dom Guéranger émet sa profession solennelle entre les mains de l'abbé de Saint-Paul-hors-les-Murs, à Rome.

 

     Plusieurs maisons monastiques sont fondées en France — Ligugé, Marseille, Acey, Paris. Une fondation dans le Nord est envisagée mais elle se réalisera plus tard (lire +). Une maison de moniales est établie en 1866 à Solesmes : l’abbaye Sainte-Cécile, dont il confie la direction à sa fille spirituelle, Madame Cécile Bruyère (lire +), et qui sera appelée à essaimer à son tour et à donner naissance à la branche féminine de la Congrégation de Solesmes.

Des contacts avec les pays étrangers — Angleterre, Allemagne, Belgique, Suisse — portent au loin dans le monde bénédictin l’influence de Solesmes.

 

     Dom Guéranger a été avant tout, selon le mot du Pape Pie IX, “verus Benedicti discipulus - un vrai disciple de saint Benoît” [1], autrement dit un moine. « Notre Père, disait Dom Couturier (2e abbé de Solesmes), n'a eu qu'une œuvre qui le résume tout entier, parce qu'il n'a qu'un nom : il est moine et il n'a jamais été que moine » [2]. De sa physionomie de moine on peut relever les trois traits dominants qui sont aussi les marques distinctives de notre Congrégation :

 

  • La dévotion à la Très Sainte Vierge Marie, spécialement dans son mystère de l'Immaculée Conception : en 1854, avant la proclamation de ce dogme, le Mémoire sur l'Immaculée Conception de Dom Guéranger (paru en 1850) fut signalé par Pie IX aux Evêques comme l'expression la plus achevée de la foi de l'Eglise [3].

 

  • Le dévouement au Saint-Siège et au Souverain Pontife : il se traduisit en particulier dans le livre De la Monarchie pontificale qui, publié en 1870, aida à la définition du dogme de l'Infaillibilité pontificale. C'est aussi son amour de l'Eglise romaine et de l'Antiquité chrétienne qui fit de Dom Guéranger le chevalier de la vierge et martyre sainte Cécile, à laquelle il consacra de longues recherches consignées dans “Sainte Cécile et la société romaine aux deux premiers siècles de l'Eglise”.

 

  • L'amour de la Liturgie qui porta Dom Guéranger à écrire d'abord Les Institutions liturgiques dans lesquelles il étudie les sources de la liturgie et expose les rapports de la liturgie avec la foi et l'unité de l'Église ; puis L’Année Liturgique véritable initiation à la vie chrétienne et mystique à partir de la liturgie. Sous son influence ardente, tous les diocèses de France abandonnent les liturgies gallicanes de l’époque moderne pour revenir à l’unique missel romain.

 

blason Dom Gueranger-01-1 blason Dom Gueranger-01-1  Ces trois traits manifestent combien le moine est foncièrement fils de l'Eglise :

 

  • Marie : la Mère de l'Eglise ;

  • le Pape : le chef visible de l'Eglise ;

  • la Liturgie : la prière de l'Eglise.

 

Ils sont comme résumés et symbolisés par les armes du Père Abbé Dom Guéranger :

une rose évoquant Notre-Dame, entourée de douze étoiles les Apôtres.

 

     Sa dévotion au Sacré-Cœur est très intense. Il la considère comme le meilleur remède contre le jansénisme. C'est l'une des raisons pour lesquelles il s'intéresse à sainte Gertrude et aux auteurs mystiques.

 

    Dès 1862, Dom Guéranger prend l'initiative de lancer plusieurs de ses disciples à la recherche des sources du chant liturgique de l'Église, engageant ainsi Solesmes sur un chemin qui conduira à la restauration du chant grégorien et à l'édition de son répertoire.

 

      Dom Guéranger meurt à Solesmes le 30 janvier 1875, à l'âge de 69 ans. Il est enseveli dans la crypte de l'abbatiale, tandis que son cœur repose dans le sanctuaire de l'église de Sainte-Cécile de Solesmes.

 

 

Plusieurs biographies de Dom Guéranger ont été rédigées : celle de Dom Delatte (vous pouvez la lire en cliquant ici), celle de Dom Louis Soltner, et enfin celle de Dom Guy Oury.

 

      Le procès diocésain de béatification et canonisation du Serviteur de Dieu, Dom Prosper Guéranger (1805-1875), restaurateur de l’ordre des Bénédictins en France, et grand liturgiste a été ouvert par Mgr Jacques Faivre, évêque du Mans, le 21 décembre 2006.

 

Prière pour obtenir la béatification du Serviteur de Dieu, Dom Prosper Guéranger :

 

« Dieu notre Père, votre serviteur Dom Prosper Guéranger, abbé de Solesmes, attentif à l’Esprit-Saint, a permis à une multitude de fidèles de redécouvrir le sens de la liturgie, source du véritable esprit chrétien. Que son dévouement à la Sainte Église et que son amour filial envers la Vierge immaculée, puisés dans le mystère du Verbe incarné, soient une lumière pour les chrétiens de notre temps. Daignez, Seigneur, nous accorder la faveur que nous demandons par son intercession, afin que sa sainteté soit reconnue de tous et que l’Église nous permette au plus tôt de l’invoquer comme l’un de vos bienheureux et de vos saints. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen ».

 

 

 

 

Liste des œuvres :

 

  • Institutions liturgiques (cliquez ici pour lire)
  • L’Année liturgique (cliquer ici pour lire)
  • Notre Dame dans l’année liturgique
  • Explication des prières et des cérémonies de la sainte messe
  • Mémoire sur la question de l’Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge Marie (cliquer ici pour lire)
  • Essai sur l’origine, la signification et les privilèges de la Médaille ou Croix de saint Benoît
  • Les dons du Saint Esprit
  • Paroles d’un Père
  • Notions sur la vie religieuse et monastique
  • De l’infaillibilité papale (cliquer ici pour lire)
  • De la monarchie pontificale (cliquer ici pour lire)
  • Explications sur les corps des saints martyrs extraits des catacombes de Rome et sur le culte qu’on leur rend
  • L’Église ou la Société de la louange divine - Les oblats séculiers de l’ordre de Saint-Benoît

 

Ouvrages sur des questions historiques :

 

  • Essais sur le naturalisme contemporain (cliquer ici pour lire)
  • Jésus-Christ roi de l’histoire
  • Saint Louis et la papauté
  • Histoire de sainte Cécile, vierge romaine et martyre
  • Les Exercices de sainte Gertrude, vierge de l’ordre de Saint-Benoît

 


[1] cf. Dom Delatte : Dom Guéranger, tome II, p. 450

[2] lettre à Mgr Freppel, citée par Dom Cozien : L'œuvre de Dom Guéranger, p. 15

[3] cf. Dom Delatte : Dom Guéranger, tome II, p.12 et p. 110

Article publié par ABBAYE SAINT PAUL DE WISQUES • Publié • 316 visites