19ème dimanche ordinaire

Vous aussi, tenez-vous prêts

Sagesse 18, 6-9 ; Hébreux 11, 1-2 et 8-19 ; Luc 12, 32-48.

Les trois lectures de ce dimanche ne sont pas d’interprétation aisée. Tout d’abord, parce que le liturge qui a proposé ces lectures a opéré un travail de découpage du texte d’origine, ensuite parce qu’il s’agit d’un exercice de relecture (d’interprétation), aussi bien pour le livre de la Sagesse que pour la lettre de Paul aux Hébreux. Quant à l’évangile il semble être l’accumulation de petites pièces concernant des sujets différents, il n’est pas un récit en continuité.

 

Le livre de la Sagesse nous invite à prendre en considération ce que l’on racontait au sujet du parcours d’Israël en sortie d’Egypte. Il lui a fallu faire confiance : la relation de ce peuple en voie de constitution et Yahvé, cette relation n’a pu être possible que par la confiance envers Dieu sauveur. Si nous relisons l’ensemble du livre de l’Exode, nous découvrons que ce fut compliqué. Les exégètes d’aujourd’hui aident à comprendre que l’histoire de la naissance d’Israël fut très compliquée. Retenons donc la vision simplifiée et constructive : ils ont fait confiance envers celui qui les appelait à sortir d’Egypte et à constituer un peuple consacré à Yahvé. Si l’auteur du livre de la Sagesse s’exprime ainsi, c’est parce qu’il voulait raviver la foi des Juifs du premier siècle, qui doutaient de leur avenir. La Sagesse, c’est de continuer à offrir un culte de merci envers Dieu et, comme les ancêtres, croire aux promesses (celles que reçut Abraham, d’avoir une terre, une descendance). La Sagesse est rédigée au moment de l’arrivée des Romains en Canaan : était-ce là leur avenir ?

 

L’intérêt de trouver en seconde lecture la relecture selon Paul de l’histoire d’Abraham et de Sara est de découvrir qu’aujourd’hui comme hier, nous sommes appelés à la foi. Que Sara ait un fils, que ce fils serait le père d’une multitude… Abraham comme Sara avaient des raisons d’en douter, et pourtant ! Une phrase devrait aussi retenir notre attention, c’est lorsque saint Paul dit qu’ils se sont considérés « comme des étrangers et des voyageurs ». C’est une manière d’exprimer que notre patrie, ce n’est pas ici seulement, mais aussi et surtout celui vers qui nous tendons notre vie. St Paul disait aussi « Ce n’est plus moi qui vis, c’est lui qui vit en moi ». D’Abraham hier, à moi aujourd’hui, en passant par saint Paul, il y a une certitude, c’est que le Christ nous accompagne. Il nous arrive de considérer notre existence comme un chemin. Abraham a toujours été en chemin, errant, en pèlerinage. Nous ne pouvons guère nous considérer comme installés définitivement : il y a un chemin à parcourir, à la suite de Jésus. C’est en ce sens qu’il nous faut maintenant comprendre l’évangile de ce dimanche… c’est un chemin de service.

 

Comment comprendre le premier paragraphe, sinon comme une remise en cause des modes de pensée des juifs. Alors qu’ils considéraient leurs biens comme une bénédiction de Dieu, voici que Jésus les invite à donner ce qu’ils possèdent. Ensuite, il invite à être comme des pèlerins, en voyage, la ceinture aux reins et la lampe allumée… aptes à accueillir celui qui viendra frapper à la porte. C’est le sens du deuxième paragraphe : être prêts à suivre le maître, partout où il nous emmènera. La comparaison avec la surveillance des murs risque de nous tromper : il ne s’agit pas seulement d’être bien installé dans l’attente ; il s’agit d’être prêt à accompagner le maitre partout où il ira. Là est l’incertitude pour nous aujourd’hui.

 

Enfin les dernières lignes de l’évangile correspondent à une mise en garde de l’évangéliste Luc à l’égard de ceux qui ont reçu une responsabilité dans l’Eglise : “à qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup”. Ce n’est pas une contestation pour aujourd’hui, mais une mise en garde. Evêques ou prêtres, responsables de communautés ou de paroisse, à chacun il convient de veiller pour que le troupeau puisse trouver sa nourriture et avancer vers un chemin d’avenir. Il est vrai qu’on a pu parler de crise dans l’Eglise à cause des défaillances de quelques-uns. Ce serait une erreur que d’accuser tous les serviteurs d’avoir trahi. Le Christ a pris l’exemple d’un serviteur indélicat… cela veut-il dire que tous son indélicats ? sans doute pas. L’évangile de ce jour invite à la foi, à la confiance, à une relation de chacun de nous envers le Père et envers ses enfants. E.H.

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