Heureux ceux qui croient sans avoir vu.

2ème dimanche de Pâques

Actes 4, 32-35 ; 1 Jean 5, 1-6 ; Jean 20, 19-31

Pendant quelques semaines, le cycle des lectures sera polarisé sur les récits autour de Pâques, que ce soient les témoignages des premières communautés, les affirmations des lettres apostoliques ou les récits évangéliques d’après la résurrection. Aucun de ces récits ne supprime la distance entre la crucifixion et la résurrection et le moment où les disciples affirmeront qu’il s’est passé quelque chose. Le lieu dont nous parle l’évangile de Jean, c’est le cénacle. Huit jours plus tard, c’est le même lieu où Jésus avait partagé le dernier repas, le Cénacle, qui devient lieu de leur assemblée.

 

De ce lieu, les pèlerins d’aujourd’hui ne visitent qu’une réplique du temps des croisés. Ce lieu est à quelques pas de la basilique de la Dormition où l’on vénère Marie. Il semble bien que les premiers chrétiens se sont réunirent là. Il semble bien qu’ils y furent présents en Eglise, assemblée autour de saint Jacques, jusqu’à son exécution.

 

C’est à quelques pas au sud des murs de Jérusalem. Ces premiers disciples sont-ils souvent retournés au Golgotha, il ne semble pas. Leur lieu nouveau c’est le Cénacle, le lieu où ils rappellent le geste de Jésus avec le pain et le vin, tel que le rapporte saint Paul en 1 Corinthiens 10,23, à peine vingt ans après l’évènement. C’est de ce lieu qu’ils ont osé parler et témoigner, sous l’inspiration de l’Esprit-Saint.

 

Saint Luc, plus tard, dans les années 80 rappellent que c’est à ce signe du pain et du vin partagés que deux disciples en route vers Emmaüs, se racontant leur histoire passée, leurs espoirs déçus, ont compris qu’ils faisaient fausse route. Les Ecritures qu’ils pensaient bien connaître leur révélaient qui était ce Jésus leur ami. Il était leur ami, mais aussi l’ami de Dieu, celui qui permettait de se découvrir aimés de Dieu et non condamnés. Plongés dans la mort, ils renaissaient à la vie.

 

Tel est le sens du baptême en Christ, de notre propre baptême. La nuit de Pâques devient désormais le renouvellement des promesses de notre baptême, mais avant tout le rappel que Christ est venu pour nous, pour nous élever à la dignité de fils et de filles de Dieu. Le crois-tu ? Etre chrétien, disciple de Jésus, c’est donc bien autre chose que d’adhérer à un parti, fût-il de droite ; ou pour défendre des valeurs fussent-elles matrimoniales.

 

Etre chrétien, c’est croire en Christ vivant et marcher à sa suite en se faisant proches des petits et des pauvres, des opprimés et des étrangers. Ce qu’il a fait, les chrétiens le continue, animés du même Esprit. Cet amour que Jésus a voulu insuffler sur terre, nous le recevons et le transmettons. Ce que les esprits mauvais ont voulu supprimer, l’amour de Dieu et du prochain, nous croyons qu’il faut le faire vivre. Des contre-modèles continuent de pousser à la haine, que ce soit au Soudan, en Erythrée ou au Yémen, en République Démocratique du Congo ou en Afghanistan, que ce soit contre les Rohingyas ou en certains pays d’Amérique latine… mais sans doute aussi bien proche de chez nous, où les inégalités continuent à s’accroître… Fils d’Adam et Eve, fils d’Abraham, n’avons-nous pas à œuvrer pour que grandisse une fraternité commune, à la suite du Christ notre frère ? E.H.

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