24éme dimanche ordinaire

Le perdu et le retrouvé

Exode 32, 7-14 ; 1 Timothée 1, 12-17 ;  Luc, 15, 1-32

 

Dans l’évangile de Luc, trois paraboles se succèdent sur le même thème, qu’on pourrait qualifier “du perdu et du retrouvé” : le berger qui recherche et retrouve la brebis égarée ; la femme qui retrouve une pièce d’argent ; enfin le père envers le fils qui revient à la maison. (Petite remarque concernant cette dernière parabole : faut-il dire le fils prodigue, faut-il dire le père prodigue ? Chaque titre oriente le regard du lecteur dans son orientation de lecture. Le perdu et le retrouvé, c’est aussi une manière d’orienter le lecteur de cette page). Le missel des dimanches 2009 invite à penser à la joie de Dieu, ce qui n’est pas faux… Voici donc un évangile aux portes ouvertes, à nous d’en faire le meilleur usage.

 

La parabole de la brebis égarée montre une attitude très généreuse de la part du berger, qui laisse les 99, qui part à la recherche de celle qui est égarée. Pourtant le choix est vite fait de laisser les 99 paître et de partir à la recherche de la dernière. Ce début de parabole montre déjà l’attitude de cœur du berger. On retrouvera cette attitude dans la troisième parabole où le père attend le fils cadet et va à sa rencontre. Attention : psychologie et sentimentalisme pourrait nous envahir, gens du XXIème siècle, alors que ces sentiments n’habitent pas les conteurs du premier siècle.

 

En lisant ces trois paraboles, nous pouvons aussi penser à la visite du pape François dans l’est de l’Afrique (Mozambique et Madagascar). L’attention du pape François envers les petits et les derniers de la société doit nous interpeller, tout comme les trois partenaires de ces paraboles : ils ne lâchent rien de leurs liens avec les perdus : la brebis, la pièce de monnaie, le fils qui se veut libre. Ne rien lâcher, c’est aussi la consigne du pape à l’encontre de ce monde qui ne s’intéresse qu’à ce qui rapporte et profite. Il y a, bien sûr, ce qui est de l’ordre du détournement, mais aussi ce qui concerne la gestion des richesses, telle qu’il l’a toujours contesté, ce pour quoi les catholiques d’Amérique le rejettent. Mais le pape poursuit son chemin en appelant au service des plus pauvres. Là-dessus le père prodigue ouvre le cœur et l’armoire pour redonner ce que le fils a perdu. Ce que le fils aîné reprochera. Ainsi l’Evangile évoque la miséricorde et non le donnant-donnant.

 

Au moment où les différents partis font leur rentrée, nous pouvons interroger leur souci de celui qui est perdu, celui qui est perdu dans une société où l’on s’intéresse à celui qui a plutôt qu’à celui qui n’a pas. On ne peut donc lire ces paraboles uniquement sous l’angle de la charité, il nous faut mesurer le souci porté envers les derniers… des premiers seront derniers avons-nous entendu il y a quelques semaines. Est-ce bien vrai dans nos sociétés dites modernes ? E.H.

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