Aimer Dieu et son prochain

30ème dimanche ordinaire

Exode 22, 20-26 ; ‘Vous n’accablerez la veuve et l’orphelin’. Thessaloniciens 1, 5-10 : convertis à Dieu… Matthieu 22, 34-40 : Le plus grand commandement.

 

La liturgie nous a fait parcourir l’évangile de Matthieu au cours de cette année. Depuis quelques dimanches nous avons parcouru plusieurs diatribes entre Jésus et les autorités juives (scribes, pharisiens hérodiens et prêtres. Bientôt, avec le ch. 23, nous aurons le discours le plus anti-juif du Nouveau Testament… Il y a là un travail de rédaction, de construction qui prépare à entendre un texte extrêmement dur contre ces autorités religieuses, elles qui ont choisi depuis longtemps de faire mourir Jésus. La lecture en pièces détachées ne rend pas évident ce travail de rédaction qui assemble peu à peu tous les éléments du puzzle concernant les rapports de Jésus aux autorités.

 

Voici l’une des dernières piques : “Apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, les pharisiens se réunirent, et l’un d’eux, un légiste lui demanda pour lui tendre un piège…’. Jésus ne fait que reprendre la tradition deutéronomique concernant les commandements. Le passage d’évangile est plutôt court, mais son contenu des plus importants. En ajoutant ‘tu aimeras ton prochain comme toi-même’, Jésus vise à clore le débat, surtout quand on a de bonnes raisons de croire que ses détracteurs avaient une haute suffisance d’eux-mêmes. Jésus résume ainsi en un seul commandement l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Alors que la plupart des commandements sont écrits dans une style négatif (tu ne tueras pas, tu ne voleras pas), Jésus choisis les formules de style positif, où toute la vie humaine, y compris dans sa dimension divine, est prise en compte.

 

Il faudrait relire le début du sermon sur la montagne (Mt 5-6) où Jésus élargit ce qui était code d’obéissance pour inviter à dépasser cette loi et en faire un code d’amour de l’autre, du prochain. Saint Jean pousse encore plus loin le commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Si tous ceux qui se réclament de jésus avaient entendu ces demandes de Jésus, nous n’aurions peut-être pas eu l’antisémitisme, la Saint-Barthélemy et la révocation de l’édit de Nantes. Nous n’aurions pas eu le colonialisme des occidentaux, la France-Afrique et combien d’autres problèmes… des XX et XXIème siècle.

 

Si, au fil des siècles, nous avions davantage écouté la partie de l’Exode consacrés aux questions économiques et sociales,  peut-être y aurait-il eu un autre style de vie ; Le pape Jean-Paul II a fait publier un “compendium de la doctrine sociale”, mais là encore cela ne fait pas partie des ouvrages les mieux étudiés dans l’Eglise et les séminaires… On ne lit plus beaucoup les paroles des prophètes Amos et Osée ou encore Isaïe qui fustige les comportements peu sociaux de leurs contemporains : “Vivement lundi matin, que je puisse refaire des affaires… Sans oublier que désormais, même le dimanche a été supprimé pour mieux faire des affaires juteuses ?

 

Ce regard négatif ne doit cependant pas faire oublier ce qui est fait aujourd'hui pour les réfugiés, les moins que rien et les derniers de la société. L'assistance ne suffit pas, le développement ne passera pas par la simple charité. Il faut que davantage de lois développent la justice et la solidarité entre les gens et les peuples. 

 

Dans quelques jours nous fêterons la Toussaint, notre propre fête puisque nous serons tous appelés auprès de Dieu. Nous ne serons pas saints à cause de ce que nous aurons fait, mais parce que Dieu nous aime et veux nous voir tous autour de Lui. Dans la seconde lecture Paul insiste sur la qualité d’accueil de ses nouveaux baptisés de Thessalonique. Mais il ne faut pas oublier d’autres textes où Paul rappelle que c’est à cause de Jésus et non de nos mérites que nous sommes entrés dans la famille des enfants de Dieu… Cela ne nous dispense pas de faire le mieux possible la conduite de notre existence. EH.

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