Comme est grand l'amour du Père pour nous.

Fête de Toussaint

Apocalypse 7, 2-14 ; Jean 3, 1-3 ; Mathieu 5, 1-12.

 

“Voyez quel grand amour nous a donné le Père, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu…” Ainsi commence la deuxième lecture de ce jour, fête de tous les saints. Et telle est la certitude de foi que saint Jean souhaite nous partager… Telle est aussi notre foi.

 

Pourtant bien des générations de croyants ont été éduquées dans la crainte de Dieu et de son châtiment, alors que la Bonne Nouvelle est que Dieu a envoyé son Fils non pour condamner ou juger, mais pour que par lui nous ayons la vie. (Évangile de Jean ch.3). C‘est donc une invitation au merci que nous recevons en cette fête de Toussaint. Le récent synode qui vient de se terminer à Rome est là aussi pour rappeler que l’Eglise n’était pas là pour juger ou condamner quiconque, mais pour apporter et communiquer l’amour bienveillant de notre Dieu. Que de paroles n’a-t-on dit contre ceux qui n’étaient pas parfaitement alignés sur les clous de la sainte doctrine ? Bien sûr la casuistique invitait à distinguer entre le péché et le pécheur…

 

La fête de toussaint est l’occasion de célébrer tous les saints, ceux qui furent canonisés et dont on retrouve la fête au calendrier, mais aussi tous les anonymes qui ne furent pas déclarés saint et qui ont pourtant leur place dans le cœur de Dieu. J’aime aussi méditer sur le chiffre donné par l’apocalypse : 144.000 et derrière une foule innombrable. Certains retiennent le chiffre 144 multiplié par mille, oubliant ce que signifie la totalité du calcul avec les phalanges des doigts de la main. Saint Jean utilise la comptabilité de son temps pour signifier l’infini du nombre des élus, et non le petit nombre… Avec un peu de chance, nous serons du nombre… avec un peu de chance, ou plutôt parce que nous pouvons compter sur l’amour de Dieu.

 

Certains lecteurs des maisons d’Evangile sont rebuté pour l’affirmation de Paul qui écrit :“ Jésus, ressuscité des morts, qui nous délivre de la colère qui vient” 1 Th 1, 10. Ainsi donc, dès l’écriture de son premier chapitre, Paul affirme la délivrance qui nous est acquise par jésus. Nous devons donc nous réjouir de nous savoir comptés parmi les élus, grâce à l’amour manifesté en Jésus. Cette joie d’être sauvé ne supprime pas la tristesse d’être séparé de ceux que nous aimons.

 

Les évêques, dès le début du rapport de conclusion du synode, ils encouragent les familles chrétiennes dans leur rôle témoin. Témoins d’une vie heureuse en couple, avec les enfants, au milieu de la société. Le président de la Conférence des évêques de France insistait sur la dimension de l’Eglise d’abord comme mère, avant même d’être enseignante. Il insistait sur l’ordre des mots employés : mater et magistra. Il y voit une manière de comprendre l’Eglise au milieu du monde… C’est tout ce que nous pouvons souhaiter pour notre Eglise, qu’elle soit davantage mère, et qu’elle soit reconnue davantage comme mère. Agissant ainsi elle sera à la suite de Paul qui affirmait aux premiers chrétiens qu’il se conduisait auprès d’eux comme une mère, comme un père (1 Thessaloniciens 2). Nous ne serons pas jugés selon notre connaissance du droit canon, mais si notre aptitude à nous aimer les uns les autres, comme le christ nous l’a demandé. Bonne fête à tous les saints.  E.H.

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