Le commencement des signes de Jésus

2ème dimanche ordinaire

Isaïe 62, 1-5 ; 1 Corinthiens 12, 4-11 ; Jean, 2, 1-11

Nous voici à nouveau dans le temps ordinaire, pas pour très longtemps, puisque dès le 10 février, avec le mercredi des Cendres, nous serons en carême. Pour ce dimanche, l’évangile proposé est celui des noces de Cana. L’Evangile des noces de Cana est comme l’ouverture de l’Evangile que Jean a voulu rédiger. On a voulu en faire un évangile “symbolique”, ce n’est pas faux… Cela ne veut pas dire que Jean n’est pas partie d’une histoire réelle, un jour où Jésus était invité aux noces d’un ami. Même chez Jean, la plupart des récits sont fondés sur une expérience humaine, mais Jean leur confère des dimensions insoupçonnées, dimensions acquise par sa méditation de la présence de Jésus au milieu de nous. Jean invite sans cesse à voir au-delà des apparences et ce n’est pas dans nos habitudes. Ainsi la date des noces a-t-elle été en coïncidence avec le début du ministère de Jésus… pas obligatoirement. Mais Jean a choisi de placer sa méditation en ouverture de sa narration méditative de la vie de Jésus. C’est l’histoire d’une rencontre, la rencontre de Dieu avec son peuple, au travers du passage de Jésus. A la fin de cette séquence, seuls quelques disciples se sont accrochés à Jésus : ils crurent en lui conclut sobrement le récit.

 

Pour lire cette histoire, il faut avoir en mémoire le tout début de l’Evangile, comme une petite musique en sourdine : “il est venu chez les siens, été les siens ne l’ont pas reçu…”. Sauf que quelques-uns dès le début se sont ouverts à cette visite : “à ceux qui l’ont reçu, il donne de devenir enfant de Dieu”. Ceux-là, ces quelques-uns qui se sont détachés du baptiste pour marcher sur les routes de Galilée et de Judée, ceux-là feront lé découverte de cette lumière venue pour nous. Les serviteurs savaient l’origine physique des cruches ; le maître de maison ne savait pas… de la jeune mariée, nulle évocation. C’est pourtant l’évocation d’une noce sans jeune mariée qui est ici présentée. Jésus est là, quasi incognito. Sa mère aussi, c’est sans doute sa présence qui explique que Jésus aussi soit invité avec ses amis ; cependant elle ne semble pas en relation proche avec son fils. Discrète elle invite à voir. “Y a surement quelque chose à faire” pour cette famille qui va souffrir de ne pas avoir assez prévu, mais quoi ?

 

Transportons-nous quelques instants auprès de Dieu qui voit cette humanité dans l’attente (évangile du baptême de Jésus selon Luc). Ce peuple en attente, ce peut être le peuple de la nouvelle alliance. Les autorités de Jérusalem n’ont fait qu’éloigner ce petit peuple en disant qu’il est loin de Dieu. En rencontrant Jean puis Jésus ce peuple déconsidéré par les autorités religieuses va découvrir l’objet de son attente, celui qui peut lui donner la vie, et la vie en plénitude (ch.3, puis discours du pain de vie, ch.6). Retenons aujourd’hui : le peuple était dans l’attente et Jésus est en son milieu. Sera-t-il reconnu ou non ? Ce seront les récits en Jean : Nicodème, la samaritaine, le paralysé de Béthesda, l’aveugle de naissance… ils feront la rencontre puis la reconnaissance de qui est ce Jésus. Ouvrons le livre à notre tour pour découvrir qui est ce Jésus ! Dieu qui vient à notre rencontre.

 

(On peut lire le commentaire de quelques mots dans http://arras.catholique.fr/page-10746-jesus-cana.html en suivant les liens des mots surlignés) EH

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