La coupe de la nouvelle alliance

Fête du Corps et du Sang du Christ

Genèse 14, 18-20. 1 Corinthiens 11, 23-26. Luc 9, 11-17

 

L’association faite par la liturgie entre l’offrande de Melchisédech roi de Salem et l’eucharistie est le fruit de la méditation des pères de l’Eglise, à la suite de l’auteur de la lettre aux Hébreux qui évoquaient Melchisédech comme préfiguration du Christ. Dire de l’Ancien Testament qu’il préfigure le Christ est une des relectures de l’Ancien Testament. Nous n’avons pas ici le commentaire qu’en fait Paul. Il faudrait relire Hébreux ch.7. Retenons que, pour Paul, il y a une différence fondamentale entre le sacerdoce de l’Ancien Testament et celui du Christ. A noter que Melchisédech n’a pas de généalogie, que on nom signifierait roi de justice. Pour Paul le sacerdoce du Christ n’est plus celui d’un mortel, comme sous l’ancienne alliance. Christ est désormais médiateur de l’Alliance nouvelle.

 

Deuxième lecture. Le texte sur l’eucharistie publié par Paul dès les années 50-51 est la conséquence des déviances des premières communautés à l’égard de la charité et de l’accueil du frère pauvre au sein des communautés. Luc 9,  11b-17. Ce peut être l’occasion de se rappeler que les premières communautés ont célébré la mort résurrection dans la nuit du samedi au dimanche, par le repas (fréquent dans les confréries religieuses et civiles de l’époque. Le repas était accompagné de lectures liturgiques et psaumes ainsi que l’évocation du repas du Seigneur. Le repas pouvait être fait à partir de ce qu’apportaient les unes et les autres, sachant qu’il y avait de nombreux pauvres et esclaves été quelques familles plus aisées chez les corinthiens… mais on avait aussi pris l’habitude de partager de préférence entre gens de même statut social, d’où la réflexion de Paul.  Dans cette “reprise” de la sainte Cène, Paul parle de coupe de l’alliance Nouvelle. C’était important pour lui de distinguer la première alliance, au temps de Moïse et de la sortie d’Egypte. C’est important aussi de rappeler l’alliance avec Noé au sortir de l’arche… Le mot qui va prévaloir dans notre christianisme liturgique est celui de communion… communion et/ou alliance entre Dieu, nous et nos frères, cela mérite un temps de méditation.

 

Quant à l’évangile, il reprend la multiplication des pains selon Luc. Plus que chez Marc, on voit la mission d’intermédiaire entre le Christ et les disciples. C’est cette même mission qui nous incombe aujourd’hui dans le rapport de l’Eglise au monde. Enfin, à la dernière ligne les douze paniers évoque l’universalité de cette mission. Abbé Emile Hennart

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