Croyez en la Bonne Nouvelle

3ème dimanche ordinaire

 

Jonas3, 1-10, conversion de Ninive ; 1 Corinthiens 7, 29-31 Une autre manière de vivre ; Marc 1, 14-20 L’appel du Christ à la conversion

 

La  plus grande des conversions est de croire que Dieu nous aime.

“Convertissez-vous et croyez à la Bonne nouvelle” cette phrase est tellement connue, et le mot convertissez-vous tellement ancrée en nous avec sa signification que nous avons bien du mal à la comprendre autrement. J’avais commencé cette réflexion dès le baptême du Seigneur, le 11 janvier. La proclamation commence par ‘Le temps est accompli’. Cela signifie avant tout la fin de la période de réparation (‘de punition’ serait-il juste ?) que le Seigneur aurait imposé au peuple, et nous connaissons les prêches des chefs religieux scribes et pharisiens envers ce peuple trop peu respectueux des lois que eux avaient édicté au nom de Dieu. La relecture de l’histoire sacrée (histoire deutéronomique) faite après la chute de Jérusalem sous Nabuchodonosor donnait comme explication que cela était dû au péché du peuple, rois en tête.

 

Et s’il n’y avait pas alors de descendance, de fils de David, au temps de Jean-Baptiste, si le ciel semblait voilé et Dieu silencieux (il n’y avait plus de prophètes) c’était en raison de leurs péchés. La lecture chrétienne de cette période inaugurée par Jésus c’est que Dieu a pardonné à son peuple, qu’il vient faire de ce peuple un peuple de rois, de prêtres, de prophètes. La première opposition à Jésus viendra d’une parole où il dit à quelqu’un qu’il est pardonné (début du chapitre 2). L’annonce (la bonne nouvelle) que vient proclamer Jésus c’est ‘dieu s’est rendu proche de vous’, Dieu vous a pardonnés. Se convertir c’est croire que Dieu a pardonné que désormais il importe de vivre en hommes nouveaux, ce que Paul écrira aux Ephésiens qu’il leur fallait revêtir l’homme nouveau.

 

Pour l’instant, sitôt proclamée cette bonne nouvelle, Jésus appelle et ils répondent : Simon et André, Jacques et Jean, et l’expédition, ‘l’aller-à-la-rencontre’ peut commencer. Il faudrait lire d’une traite ces premiers chapitres de Marc, où Jésus est encore accusé de fréquenter les pécheurs…Or c’est bien à eux qu’est destinée la Bonne Nouvelle, l’Evangile de Dieu qui s’est fait proche. Matthieu le dira à sa manière en faisant des bergers, personnages peu considérés, les premiers destinataires de la Bonne Nouvelle.

A ceux qui s’en étonneraient, il faut relire la première lecture… sans oublier que Jonas avait refusé de prêcher… comme s’il était impossible à un païen de se convertir… Et la fin de l’histoire nous montre un prophète Jonas de fort mauvaise humeur parce que le peuple de Ninive s’était converti, et donc Dieu ne les avaient pas punis.

 

Quelques mots sur la lettre de Paul aux Corinthiens : Paul est tellement persuadé que le Christ reviendrait très bientôt, que la fin des temps c’est pour bientôt qu’il insiste sur « le monde qui passe » et non sur la durée qu’il nous reste à parcourir. Aujourd’hui, nous sommes plutôt abusés par une durée qui dure et qui nous épuise ! Notre épreuve c’est plutôt de tenir d’aller jusqu’au bout de l’épreuve. C’est sans doute pour nous le moment de relancer notre dynamisme. La route est encore longue jusqu’à ce que tous soient rassemblés sur la montagne du Seigneur pour le festin de la fin des temps. Quelle part allons-nous prendre à l’annonce du Royaume, au souci du pauvre, en attendant que vienne ce jour ? E.H.

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