Debout, Jérusalem, resplendis...

Fête de l’Epiphanie du Seigneur

 

Ce dimanche inaugure le premier des dimanches de l’année 2015. Peut-être vaut-il la peine de remettre en mémoire la première lecture du premier janvier, qui rapporte la bénédiction prononcée par Moïse : “Que le Seigneur te bénisse et qu’il te garde ! qu’il fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix !’ » N’est-ce pas ce que nous pouvons nous souhaiter les uns aux autres en ce début d’année.

 

Isaïe 60, 1-6 ; Ephésiens 3, 2-6 ; Matthieu 2, 1-12.

Avant de relire le récit de Matthieu, il nous faut mesurer les quelques lignes de Paul, que parfois nous n’intégrons pas, ni dans notre spiritualité, ni dans notre vivre-ensemble dans la société actuelle : toutes les nations sont associées au même héritage, au partage de la promesse, dans le Christ Jésus. Qui sommes-nous donc pour séparer en catégories ceux qui seraient acceptables et ceux qui ne le seraient pas. Y aurait-il donc une loi naturelle au-delà de la parole de l’Evangile qui admet certains et rejette d’autres ? Au nom de qui, au nom de quoi faut-il bouter hors de France ceux qui en pensent pas “comme tout le monde” ? Deux ans après la manif pour (contre) tous, un an après un vote front national, il serait temps de s’interroger avec l’auteur des Evangile avec le sermon sur la montagne pour ajuster nos jugements avec les propositions des béatitudes (Maztthieu 5-7).

 

La fête de l’épiphanie est la fête des lointains, païens de surcroît, qui accèdent à l’Evangile. Qui sommes-nous pour leur interdire le passage ? Qui ne connaît l’histoire de ces mages venus d’Orient, image embellie par les évangiles apocryphes, qui en fait des rois, des représentants des nations (noir, jaune et blanc représentant les continents). On imagine aussi la valetaille qui accompagne ces éminents étrangers à qui le roi local, Hérode ne sait que répondre ! Car voilà bien le mystère : qui est ce roi qui vient de naître… ce tout petit enfant ? Quel pouvait bien être le projet de Matthieu quand, en conclusion de son livret d’évangile il installe le récit de mages venus d’Orient guidés par une étoile ? Il nous faut faire confiance aux exégètes qui essaient de décrypter les multiples mots et symboles auxquels se réfère Matthieu.

 

L’enfant est né sous une bonne étoile, et l’on vient de loin pour lui rendre hommage. On peut ensuite détailler la signification de l’or, de l’encens et de la myrrhe… mais il vaut la peine de voir le jeu d’oppositions construit par Matthieu. D’une part, il y a deux villes, ou plutôt, un tout petit village quasi inconnu face à une ville capitale. Ensuite il y a des personnages : ceux qui s’intéressent à la venue de l’enfant et ceux qui ne s’y intéresse pas ou plutôt le prennent en grippe. Quand Jésus reviendra à Jérusalem, toute la ville le prendre en grippe et le mettra à mort aux portes de la ville.

 

Ainsi, au-delà des deux villes et des deux groupes de personnages, Matthieu fait une description de ce que sera l’attitude des gens quand l’Evangile aura été proclamé. Matthieu ne précise pas si Jésus a ouvert les bras et leur a souri quand ils sont entrés dans la maison. On sait seulement qu’ils ont été avisés, pour leur chemin du retour, afin de ne pas repasser chez Hérode. Qui donc s’est réjoui ? Qui donc a accueilli cet enfant ? Qui donc a cherché à le faire disparaitre, alors qu’il était enfant, et lorsqu’il est devenu adulte ?

 

Dès l’entrée en matière Matthieu nous présente qui sont les gens amis et qui sont les gens hostiles à Jésus. L’évangéliste Jean redira la même chose à sa manière : il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu. A ceux qui l’ont reçu, il donne de devenir enfant de Dieu. Vus aussi, aujourd’hui, soyez accueillis par l’enfant Jésus. EH.

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