Un Esprit qui fait de vous des fils.

Fête de la Trinité

Deutéronome 4, 32-40 ; Romains 8, 14-17 ; Matthieu 28, 16-20

 

Dans le prolongement de la Pentecôte, voici la fête de la Trinité, qui vient clore le Cycle Pâques-Pentecôte. Voici la foi exprimée en un Dieu Père, Fils et Esprit. Cela a fait couler beaucoup d’encre au cours des siècles et même provoqué des divisions, des schismes au sein du Christianisme : comment pouvons-nous “définir” Dieu ? Cela n’est pas possible. Il nous faut définir la relation qui relie le Père au Fils relation qui relie Dieu à l’humanité. C’est une manière de définir Dieu : un être de relation.

 

Cette relation est parfois transcrite par Saint Jean comme celui qui vient en nous, qui vient nous habiter, nous rendre participant de sa vie divine. La théologie a inventé le mot “inhabitation divine”. La chance de notre époque est d’avoir redécouvert un Dieu proche, un Dieu aimant. Il parait que c’est une des raisons de la fuite de nombreux baptisés hors de l’Eglise, à la fin du concile ! Ceux qui partent auraient préféré un Dieu tout-puissant qui donne des ordres et des punitions. Mais ce n’est pas cela que Jésus est venu proclamer. La Bonne Nouvelle est que Dieu se rend proche de nous pour nous élever vers Lui.

 

Fêter la Trinité, c’est fêter cette relation de proximité et non révéler la distance entre Dieu et nous. Il n’est pas question de nier cette distance, mais de constater, au fil des pages de la Bible, que l’expérience proposée aux croyants est celle d’un Dieu qui se rend proche : il suffit de relire la vocation de Samuel, ou encore de constater que Dieu se reproche d’avoir envoyé la punition du déluge : “jamais plus je ne ferai cela. Je pose mon arc entre la terre et le ciel pour que je me souvienne de vous !” Qu’il y ait des colères divines, c’est écrit dans la Bible. Mais quand on relit l’histoire d’Abraham il n’y a guerre de trace d’éloignement de l’homme, excepté pour Sodome… Abraham avait parlé de dix justes pour sauver la ville. Plus tard on reconnaitra qu’il suffisait d’un seul juste pour sauver l’humanité : Jésus, le seul juste qui nous entraine vers son Père.

 

Le Christ sur la croix, cela témoigne de notre refus de recevoir Dieu. Saint Jean a transformé notre compréhension de la mort du Christ en précisant : du côté transpercé, il coula du sang et de l’eau, ce qui sera interprété comme don de la vie et de l’Eglise pour toutes les générations. La fête qui clôture le temps de Pâques est la fête de la Trinité où Dieu se donne à tous les croyants en faisant d’eux des fils. Tel est le sens de la prière que Jésus nous laisse : Notre Père… C’est unis par son Esprit que nous pouvons dire en toute confiance cette prière de Jésus. Désormais c’est le temps de l’Eglise, le temps du témoignage afin que le monde croie. Cela dépend désormais de nous.

 

En ces jours, beaucoup de jeunes et moins jeunes font leur profession de foi ou reçoivent le sacrement de la confirmation… Invitation à mettre ses pas derrière ceux de Jésus. Ces signes ne sont pas une fin, mais un commencement, une invitation à ce que d’autres se découvrent aimés de Dieu qui s’est rendu proches d’eux.

 

Voici l’extrait d’une lettre de sœur Elisabeth de la Trinité, au début du 20ème siècle, que nous pouvons méditer à notre tour : “Je suis Elisabeth de la Trinité, c’est-à-dire Elisabeth disparaissant, se perdant, se laissant envahir par les ‘Trois’. Unissons-nous pour faire de nos journées une communion continuelle ; le matin, éveillons-nous à l’amour, tout le jour livrons-nous à l’amour, c’est-à-dire en faisant la volonté du bon Dieu, sous son regard, avec Lui, en Lui, pour Lui seul. Donnons-nous tout le temps sou la forme qu’il veut. Et puis, quand vient le soir, après un dialogue d’amour qui n’a pas cessé en notre cœur, endormons-nous encore dans l’amour. Peut-être verrons-nous des fautes, des infidélités ; abandonnons-les à l’amour : c’est un feu qui consume, faisons ainsi notre purgatoire dans son Amour ! Abbé Emile Hennart.

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