Fête de Pâques, résurrection du Christ

Où est le Seigneur Jésus?

Actes 10, 34-43, témoins de la résurrection ; Colossiens 3, 1-4, ressuscités avec Jésus-Christ ; Jean 20, 1-9 : au tombeau vide.

 

Le récit de la visite au tombeau, tel qu’il est découpé et proposé par les liturgistes, est incomplet. Tel que Jean l’a écrit cela se passe d’abord avec Marie-Madeleine. C'est elle qui alerte, c'est elle qui découvre. Le Christ ressuscité se manifeste en personne à Marie Madeleine qui, la première, aussi reçoit mission d’annonce, mission d’apôtre. Le liturge de service, découpeur de textes, a même oublié de signaler la fin de la visite des deux apôtres au tombeau ; certes Jean vit et il crut... mais  “Les deux disciple retournèrent chez eux”. Bel exemple de non-empressement de la part de Pierre et du disciple bien-aimé. Que faut-il en conclure ? L'autre disciple est dans son rôle de discerner le sens des évènements, mais le temps d'en parler ne semble pas encore venu.

 

Marie Madeleine vient au tombeau seule et les mains vides… Nous étions habitués dans notre mémoire de la voir avec deux autres femmes, les mains pleines d’aromates pour embaumer un mort ! Avec Jean c’est une autre histoire qui se profile et il vaut la peine de la lire dans son ensemble, versets 20, 1 à 18, jusqu’au moment où Marie s’écrie : “J’ai vu le Seigneur, et voilà ce qu’il m’a dit”. C’est Marie qui va provoquer les deux disciples à faire un aller-retour au tombeau… Ils se sont fait des politesses pour laisser entrer l’ancien avant le plus jeune. Ils ont vu, et sont retournés chez eux… comme avant, comme s’il ne se passait rien. La rencontre avec Jésus se fera seulement le soir de ce même jour.

 

Marie aussi a fait un aller-retour, elle est revenue sur place, mais elle ne sera plus comme avant. Elle croise un homme qu’elle prend pour le jardinier et redit sa peine, et de la mort de Jésus et de la disparition du corps. Rien que de très normal. C’est à l’appel de son nom, Marie/Myriam, qu’elle se retourne – c’est-à-dire qu’elle tourne le dos au tombeau- pour découvrir enfin celui qui l’appelle. La relation ancienne, qu’elle a pu avoir avec Jésus autrefois, devient désormais une relation nouvelle avec le Ressuscité, celui qui autrefois l’avait pardonnée (et, d’une certaine manière, ressuscitée). La relation personnelle à Jésus fait qu’elle devient croyante. Ma méditation me pousse à dire que toute conversion à Jésus commence par une rencontre, une relation. Ensuite l’effort de réflexion et la théologie viendront en aide à notre acte de foi.

 

En ce jour de Pâques où de nouveaux baptisés auront été incorporés au Christ, nous nous rappelons qu’un jour, nous avons aussi été incorporés au Christ, nous lui avons dit “Oui, je marche avec toi” Que notre chemin n’en soit qu’au début, que nous ayons fait un long bout de chemin, nous connaissons les joies et les peines de suivre Jésus… Que signifie donc en ce jour de Pâques ‘marcher avec Jésus, marcher à la suite de Jésus’ ? En parcourant les évangiles, nous ne le voyons pas souvent enfermé au temple,  avec or, encens et autres services rituels.

 

Mais nous le voyons souvent en proximité des malades, des pauvres des gens dans le besoin, de ceux qui n’ont plus d’espérance, ainsi que des malmenés de l’opinion commune (Zachée et autres publicains, samaritains et gens de mauvaise réputation). Sans doute est-ce un chemin à prendre…mais il coûte plus cher de prendre ce chemin hors les murs, vers les périphéries (pas seulement spirituelles) dont parle le pape François. Plusieurs fois, dans les récits de résurrection, nous pouvons lire “Allez ! Allez porter la Bonne nouvelle que Dieu vous aime et souhaite faire de vous un peuple de frères.” Bonne fête de Pâques. Abbé Emile Hennart

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