Heureux ceux qui croient sans avoir vu

2ème dimanche de Pâques

Fête de la divine miséricorde, présence du ressuscité

Actes des apôtres 5, 12-16 ; Apocalypse 1 Jean 9-19 ; Jean 20, 19-31.

 

Durant les cinquante jours qui suivent Pâques va se déployer la réception de cette fête, en particulier l’affirmation du Christ vivant, qui monte vers le Père et qui pourtant accompagne les premiers disciples. Nous n’étions pas avec eux… et pourtant c’est aussi à nous que s’adresse Jean dans son évangile quand, après l’apparition à Thomas il reprend la parole de Jésus : Heureux ceux qui croient sans avoir vu.

 

Il est difficile de se représenter les premiers temps de la première communauté. Tout à la fois, ils sont tout feu tout flamme d’avoir pu reconnaître le Seigneur vivant et pourtant on les trouve aussi enfermés et portes closes. C’est cependant la même parole et promesse qui les rejoint et nous rejoint : “Recevez l’Esprit-saint. A qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis…” Le Christ présent auprès des disciples apporte paix, joie, mais aussi mission.

 

Reconnaître le Christ source de paix est une nécessité pour le croyant. La paix du cœur d’abord, appelée aussi confiance en l’amour de Dieu en chacun, la paix de se savoir réconcilié avec le Père ; la paix avec les frères, car c’est une communauté nouvelle qui est née, issue de l’alliance nouvelle et caractérisée par la communion au corps et au sang du Christ.

Reconnaître le Christ source de joie. Il ne peut y avoir pls grande source de joie que l’annonce de la Résurrection : il a vaincu les forces hostiles et négatives et notre existence se trouve désormais sous ce signe.

Recevoir la mission de Jésus. On peut aussi dire que le Christ communique un dynamisme apostolique. Notre première vocation de baptisé est de continuer la mission du Christ, telle qu’il l’a vécu et annoncé par exemple à la synagogue de Nazareth : les aveugles voient les boiteux marches, la Bonne nouvelle est annoncée..(Luc 4). Témoigner de la résurrection de Jésus, c’est poursuivre le chemin qu’il a commencé. Les quatre propositions du synode provincial sont une autre manière de présenter ce que le Christ attend de nous : Mission, proximité, communion, participation.

 

Nous aurons remarqué que Thomas était absent de la première rencontre de Pâques, et lors de la seconde rencontre (épiphanie de Jésus) huit jours plus tard, il reste dubitatif. Ainsi Thomas est devenu la figure de celui qui doute, mais aussi la figure de celui qui devient croyant, la figue de tous ceux qui croientsans avoir vu, ce qui est notre cas à chacun. Et il fut apôtre au bout du monde. Le peu qu’on connaisse de son histoire est qu’il es tallé en Mésopotamie et jusqu’en Inde. Ces Eglises qu’il a fondées, en Syrie, Irak, Mésopotamie, Pakistan et Inde sont aujourd’hui très malmenées, tout comme au premier siècle furent malmenés les chrétiens.

 

L’Apocalypse évoque les persécutions dans ses formules, non pas mystérieuses, mais à double sens, comme dans un langage codé. Cette Apocalypse porte en elle-même la parole de l’espérance, pendant la persécution. [Par exemple, la durée annoncée de ce drame serait de 42 mois, ‘Apocalypse 11, 3) c’est-à-dire 3 ans et demi, c’est-à-dire la moitié de sept ans… cette persécution ne peut pas être d’une durée éternelle “7 ans”, mais pas plus que la moitié. C’est-à-dire qu’il y aura une fin à cette souffrance, ensuite auront lieu les noces de l’agneau.  Ou encore 3 jours et demi, et Dieu leur infusa un souffle de vie. Les jours sont comptés est-il précisé. ! Mais encore faut-il savoir compter jusqu’à la moitié de 7].  

 

Dans notre méditation, nous pouvons encore et surtout retenir la parole de Thomas quand il arrive à dépasser son doute : “Mon Seigneur et mon Dieu !” Que cette parole puisse devenir notre aux jours de la souffrance et du doute. E.H.

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