Heureux le serviteur trouvé à l’œuvre

19ème dimanche ordinaire

Sagesse 18, 6-9 ; Hébreux 11, 1-2 et 8-19 ; Luc 13, 32-48

 

En relisant les quelques lignes de l’Evangile où il est question du serviteur que le maître trouve en éveil lors de son retour, il n’est pas difficile de penser aux paroles du pape François, lors des JMJ qui invite les jeunes à ne pas rester en attente sur des divans, mais actifs dans la vie sociale (pas seulement les œuvres au service de la religion. C’est un thème repris par plusieurs éditorialistes chrétiens. Et lorsque le pape attire notre regard sur le terrorisme islamiste, ce n’est pas pour reprendre la litanie traditionnelle de la guerre de religion, mais plutôt de guerre de l’homme contre l’homme : l’homme est un loup pour l’homme et c’est au nom de l’argent et de son emploi qu’il faut analyser les crises d’hier comme celles d’aujourd’hui.

 

De fait, comment expliquer qu’on jette à la rue une femme avec cinq bouches à nourrir pendant que dans le même temps on octroie un salaire-revenu de plus de sept millions d’euro à un autre humain, parce que chef d’entreprise et l'aurait mérité?. Il se fait qu’une étude rappelle que la France est le premier pays pour le nombre de ses millionnaires. On n’a pas annoncé le nombre de ses pauvres… on comprend mieux que le pape parle de guerre de l’argent et non de religions. Faut-il se réfugier dans les églises ou devant le saint Sacrement en attendant que çà passe et que cela change ? Quittez vos divans pour un travail social demande François à la nouvelle génération.

 

En lisant la première lecture (extrait de la Sagesse du premier siècle avant Jésus-Christ), nous pourrions avoir l’impression que la sortie des Hébreux d’Egypte, cela leur est tombé dessus tout seul !!! La Sagesse une relecture, mille ans plus tard, pour vanter la protection divine, mais qui laisse dans l’ombre la participation humaine, les multiples tentatives de Moïse et ses démêlés avec le pharaon, ses astrologues et sa cour ; ce serait aussi oublier les quarante ans de pérégrinations avant d’entrer en Terre Promise. Ceci n’est pas écrit pour nier l’œuvre de Dieu mais pour rappeler qu’il a besoin de la participation des hommes pour que se réalise son projet pour le monde.

 

Pour s’en convaincre, il suffit de relire toute la Bible, les prophètes en particulier qui sans cesse rappelle à l’homme son devoir de servir l’œuvre de Dieu. Même la relecture de l’histoire d’Abraham dans la lettre aux Hébreux suppose de se remettre en mémoire la participation d’Abraham, ses pérégrinations, depuis le Nord d’Israël jusqu’en Egypte etc. Certes, Abraham avait la foi, mais il y a aussi ses actes et ses audaces (relire le dialogue avec Dieu à propos de Sodome et Gomorrhe), ses guerres contre les rois amorites etc.

 

Les figures de la Bible, puis les figures des saints sont des figures de personnes à l’œuvre, que Dieu trouvera éveillés et actifs quand il reviendra. La parabole de l’Evangile est bien à comprendre dans ce sens. C’est d’autant plus clair que Jésus expose l’hypothèse inverse, du maitre de maison qui ne fait rien… Cette parabole rejoint les paraboles dites du Royaume, en Matthieu 24,26 à 25, 46. La fin du ch. 25 intitulée “le jugement” insiste sur les œuvres de charité. Aujourd’hui on dirait plutôt œuvres sociales. N’est-ce pas aussi l’appel du pape François aux JMJ ? E.H.

 

Fermer