Inégalité ; générosité ; récupération des avantages.

25ème dimanche ordinaire

Dimanche 23 septembre - 25ème dimanche ordinaire

 

Amos 8, 4-7 ; 1 Timothée 2, 1-8 ; Luc 16, 1-13.

Si les textes de ce dimanche sont parlants, intéressants, c’est parce qu’ils obligent à réfléchir, en particulier l’Evangile : le Christ mettrait-il donc en valeur la malhonnêteté d’un administrateur malhonnête, fort débrouillard qui s’organise pour s’assurer un devenir correct au moment où “la roue tourne” ? En soulignant l’aptitude des fils de ce monde, leur ruse à gérer leurs affaires, n’est-ce par un appel lancé aux chrétiens pour qu’ils se remuent au service du Royaume de Jésus ?

 

Peut-être faut-il reprendre une hypothèse émise la semaine dernière : les chrétiens, au temps de Luc faisaient partie des favorisés de leur temps et ne s’investissaient pas beaucoup dans les affaires de l’Eglise (penser à Lazare, à la porte du riche dans sa maison !). Faut-il remonter au temps de Jésus et des évangélistes, pour trouver le reproche de de passivité ou de mollesse contre les chrétiens ? "Faites-vous des amis avec cet argent trompeur", est-ce une incitation à devenir actifs pour relever le niveau de vie des pauvre?

 

Ces dernières semaines, un livre de Thomas Piketty est mis en valeur, en vitrine et à la radio. Il interroge l’organisation de la société et interroge l’existence des inégalités ainsi que le fonctionnement des sociétés qui tolèrent de pareilles aberrations. “Avec cet argent, vous devriez vous faire des amis”, semble dire Jésus à ses auditeurs… Ce qui peut se dire de la même manière aujourd’hui. Les côtes en bourse, les déplacements de portefeuille, au gré des déplacements des votes sont-ils au service des pauvres ou au service des bien fortunés ?

 

Que l’on ait choisi en première lecture, parallèle à l’Evangile, un texte du prophète Amos devrait attirer notre attention. Amos est peu connu et peu lu. En Maison d’Evangile les lecteurs ont été étonnés, voire choqués du langage à rebrousse-poil de cet auteur du 8ème siècle avant Jésus. Certains ont eu l’impression qu’Amos ne proférait que menaces et annonces de malheur : malheur à vous qui tondez les petites gens, qui vous faites construire de magnifiques palais etc.. Malheur à vous qui ne jurez que par les bénéfices que vous pourriez faire en faisant travailler le personnel même le dimanche (le sabbat !).

 

Que ce soit il y a 2700 ans, que ce soit aujourd’hui les humains réagissent d’abord en fonction de leur portefeuille avant de s’interroger sur l’avenir des pauvres des sociétés européennes comme des sociétés d’Afrique ou de l’Inde : Que ferons-nous si le niveau des eaux augmente ? et eux ? On se réjouira que le port de Lampedusa ait réouvert ses portes aux migrants. Mais les portes des coffres-forts vont-ils libérer un peu de leur richesse au service de tous ? “Voilà ce que je vais faire”, dit le riche propriétaire de l’Evangile… Nous savons bien qu’aujourd’hui ce n’est pas la volonté d’un individu qui changera le monde… Il y_ a quelques décennies les écrans diffusaient « Si tous les gars du monde”. Est-ce un idéal dépassé ou faut-il encore en faire la proposition ? Ne peut-on espérer que l’esprit du monde change au service des derniers de la société ? Emile Hennart.

 

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