Laisse encore du temps au figuier !

3ème dimanche de carême

Exode 3, 1-15 ; 1 Corinthiens 10, 1-12 ; Luc 13, 1-9

 

“J’ai vu la misère de mon peuple, je suis descendu pour le délivrer… Va, je t’envoie chez Pharaon, tu feras sortir d’Egypte mon peuple”. La première lecture nous présente l’appel de Moïse au Sinaï. Le même récit signale le nom par lequel Dieu se présente à Moïse : “Je suis qui je suis”. Ce nom a donné lieu à bien des interprétations au cours des âges. Cela est dû en partie par le fait que le mot peut être compris, en hébreu, comme un présent et un futur. J’ai aimé une traduction très approximative que j’ai un jour entendu : “Qui je suis, tu le verras en allant !” Une manière de comprendre qu’il faut faire chemin avec Lui pour le comprendre pas après pas. La vocation, celle de Moïse comme la nôtre c’est une invitation à faire chemin avec. Plus tard, les disciples d’Emmaüs comprendront qui est ce Jésus, parce qu’ils ont "fait chemin avec".

 

Notre méditation peut s’enrichir par la compréhension de ce qu’est la rencontre avec “Je suis”. La lecture, la semaine dernière, invitait à mesurer ce que peut signifier la rencontre d’Abraham avec Dieu. La rencontre se conclut par faire alliance. Aujourd’hui la rencontre Moïse/Yahvé avec, là encore, le signe du feu, nous fait découvrir l’appel adressé à Moïse et sa réponse : “J’irai”. La vocation est un appel et une réponse. L’histoire de Moïse racontée dans l’Exode comporte une part de merveilleux, d’extraordinaire, au point de nous faire douter de la véracité des faits rapportés. C’est le récit de l’histoire des origines qui embellit les faits. Les rédacteurs de cette histoire invitent à découvrir que ce Dieu-Yahvé accompagne son peuple dans toutes les péripéties de sa longue marche, de l’Egypte à la Terre promise en passant par le Sinaï et le désert. Ce n'est pas à prendre à la lettre, mais à recevoir comme une invitation à marcher sur le même chemin où QDieu nous accompagne.

 

En parcourant l’histoire ancienne d’Israël, au temps des prophètes en particulier, nous pouvons entendre de nombreux récits qui manifestent de la distance entre ce peuple et son Dieu, d’où les nombreuses péripéties perçues comme punitions pour n’avoir pas été fidèles aux paroles du Sinaï. Combien de fois n’est-il pas écrit “Reviens au Seigneur !” Le temps du carême est un temps utile pour méditer notre rapport au Dieu de Jésus-Christ. L’appel à la conversion est une invitation à faire confiance et à espérer. Le Seigneur ne peut pas nous oublier, nous renier. Il fera un geste, comme le signale l’évangile de ce dimanche : “laisse encore une année, que j’entretienne ce figuier” demande le jardinier auprès de son maître. Chacun de nous n’est-il pas le figuier appelé à porter de fruit ? Mais cela, le figuier ne le fera pas seul. Ne sommes-nous pas appelés à vivre en communauté, en Eglise, afin de se porter ensemble et de porter du fruit. De même que Moïse a été appelé et a répondu, nous aussi, nous sommes appelés : “Me voici, je viens pour faire ta volonté”. E.H.

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