Tu es mon Fils bien-aimé

Baptême du Seigneur.

Isaïe 40, 1-5 et 9-11 ; Paul à Tite, 2, 11-14 et 3, 4-7 ; Luc 3, 15-22.

 

Le temps de Noël s’achève avec la fête du baptême du Seigneur. Durant le temps de l’Avent puis de Noël, nous avons été amenés, par les propositions de lecture, à découvrir quelque chose de qui est Jésus, l’envoyé de Dieu. Dans l’Evangile, aujourd’hui, nous sommes invités à reconnaître que c’est lui qui baptise dans l’Esprit et le feu. Ce baptême, notre baptême n’est pas une catastrophe, mais une inscription dans la famille de Dieu.

 

Il faut mettre en relation ce nouveau baptême avec l’annonce qui est faite dans la première lecture, du livre d’Isaïe : Consolez, consolez mon peuple. La venue de Dieu chez nous en Jésus-Christ est source de joie et appel à découvrir le bonheur d’exister devant Dieu. En cela, l’enseignement de la religion chrétienne diffère d’autres discours religieux, d’aujourd’hui comme d’hier : nous existons pour Dieu, nous existons devant Dieu.

 

Les récits de la naissance et de l’enfance de Jésus ne sont pas des contes pour enfants (pas seulement). Ils veulent exprimer que la relation à Dieu, si nous l’acceptons comme l’ont fait les bergers, les mages puis l’entourage du baptiste leur ont permis de découvrir un Dieu qui propose la vie et la confiance, car un chemin nous est offert. Ainsi les Mages étaient passé par Jérusalem et Hérode ; ce n’était pas le bon chemin et ils sont repartis par ailleurs.

 

Les foules qui se faisaient baptiser dans le Jourdain ont pu découvrir le signe du Baptiste qui désignait Celui qu’ils pouvaient suivre. Luc précise qu’après le baptême de Jésus, survient l’Esprit, tel une colombe et, alors que Jésus priait une parole accompagne le nouveau venu : « Tu es mon Fils ; moi aujourd’hui, je t’ai engendré. » Cette parole concerne Jésus, cette parole concerne aussi chacun de nous, chacun de ceux qui ont accepté d’être agrégés au troupeau du Christ. C’est ce que laisse entendre la lettre de Paul à Tite : Il s’est donné pour nous, afin de nous racheter de toutes nos fautes et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien.

 

Il nous faut donc ici méditer sur la manière dont nous sommes appelés à œuvrer pour faire le bien. Notre monde -au moins la société française- est bousculé, troublé par des conflits où l’on ne se comprend plus. C’est pourtant là, dans ce monde troublé que nous sommes appelés à nous investir. D’autres affirmeront que nous ne devons pas y mettre le petit doigt. Pourquoi donc Jésus y a-t-il mis les pieds si c’est pour demander de ne pas y mettre les pieds. Le concile Vatican II, en termes plus délicats, affirme la même chose.

 

Nous avons à vivre une présence et une activité dans le monde qui est le nôtre. Que ce soit début ou fin de vie, répartition des richesses et recherche de nouveaux équilibres entre riches et pauvres, cela dépend aussi de nous, du regard que nous portons les uns envers les autres. Pour le croyant, c’est une conséquence de la foi en l’incarnation, tout comme la foi en la création du monde : c’est pour que nous y prenions place et continuions l’œuvre de Dieu. L’Esprit qui nous est donné ne fait pas de nous des êtres supérieurs, mais tout simplement des hommes et des femmes qui veillent à ce que le monde réussisse, à ce qu’il devienne offrande agréable à Dieu, pour la gloire de Dieu et le salut du monde. E.H.

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