Ne nous laisses pas...

1er dimanche de l’avent

 Isaïe 63, 16-19, 64, 2-7 ; 1 Cor 1, 3-9 ; Marc 13, 33-37

 

Ce premier dimanche de l’avent a déjà fait couler beaucoup d’encre et saliver bien des catholiques ! Une supplique du Notre Père et devenue “ne nous laisse pas entrer en tentation”. Fallait-il laisser entendre plus longtemps que Dieu nous fait entrer en tentation ? Toutes les traductions sont imparfaites. La première lecture de ce dimanche commence par “Ne nous laisses-pas errer hors de tes chemins” et continue par “Pourquoi laisser nos cœurs s’endurcir et ne plus te craindre” ?

 

Où serait donc notre liberté si Dieu ne nous laissait pas en user et parfois en abuser. Quand le pape se rend en Birmanie, force est de constater qu’il appartient aux chefs du pays et à ceux qui les manipulent d’agir pour le bien des Rohingyas ? Or cette mise à l’écart de la société birmane, les vexations et les crimes, cela dure depuis plus de soixante ans. Le Dieu auquel nous croyons est un Dieu qui, dès les origines est présenté comme un Dieu bon et qui laisse à Adam et Eve la liberté d’user et d’abuser de la création. Dieu n’est pas responsable du mal que nous faisons.

 

Sans entrer dans tous les détails de la grammaire comparée, française et hébraïque, retenons que le français parle des verbes à la tournure active et de verbes à la tournure passive. L’hébreu connait aussi la formule permissive. Le passage par le grec puis le latin de saint Jérôme (la vulgate) ne facilite pas la compréhension des nuances de cette belle prière. La forme permissive n’existe pas en français

 

A Jérusalem, au lieu-dit “grotte du Pater”, il existe une transcription du Notre Père en hébreu et en araméen. Mais à quoi cela nous sert-il de le savoir, puisque nous ne parlons ni l’une, ni l’autre langue, qui furent celles de Jésus. Accueillons et méditons plutôt la liberté  que Dieu nous accorde de pouvoir choisir au mieux les chemins de notre vie.

 

Préparer les chemins du Seigneur, n’est-ce pas une invitation aujourd’hui à faire place aux paroles de Jésus dont les Evangiles nous rapportent le cheminement avec ses disciples ? L’Evangile de ce dimanche, selon Marc, parle de veiller, à l’image de ces serviteurs qui reçoivent de participer à la vie de la maisonnée. Ce qui conclut le texte c’est : “Il ne faudrait pas que le maître vous trouve endormis”.

 

C’est d’actualité, plus qu’on ne le pense, ne serait-ce parce que beaucoup sont désarçonnés devant les discours politiques, de où qu’ils viennent. C'est de notre liberté de discener un chemin honnête et juste. Notre méditation, en ce premier dimanche de l’avent n’est pas de fuir le monde en nous enfermant hors de ces soucis, mais bien plutôt de voir comment être serviteurs actifs… ne nous laisse pas entrer en tentation ! Bonne préparation à la fête de Noël. Abbé Emile Hennart

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