Celui-ci est mon Fils... écoutez-le

2ème dimanche de carême

 

Genèse 12, 1-4 ; Timothée 1, 8-10 ; évangile Matthieu 17, 1-9

 

Celui-ci est mon Fils bien-aimé.

 

La conviction des premiers chrétiens, disciples et évangélistes était que ce Jésus que certains avaient fréquenté sur les routes de Palestine, ce Jésus avait une relation particulière avec Dieu. Sa manière d’être au milieu des hommes ne pouvait que signifier la présence de Dieu au milieu d’une humanité qui se cherche.

 

Lorsque Matthieu écrit, il y a longtemps que les évènements se sont passés. Il y a eu la condamnation et la mort de Jésus, mais cela ne les a pas fait taire. Ce que Matthieu et les premiers chrétiens cherchent à dire aux juifs, c’est que Jésus est à égalité de Parole avec l’Ecriture, la Loi et les prophètes, signifiés par les deux personnages de Moïse et Elie. Or le tribunal de Jérusalem appelé grand sanhédrin, avait jugé Jésus indigne de vivre. Il avait, disaient-ils, trahi la Loi et les prophètes. Ce n'est pas l'opinion de ceux qui l'ont fréquenté.

 

La mise en scène de la transfiguration vient affirmer dans un genre littéraire particulier, ce que croient les disciples, les raisons pour lesquelles ils suivent Jésus et prennent sa croix, comme cela a été affirmé au chapitre précédent.

 

Cette lecture vient interroger les chrétiens d’aujourd’hui. Suivre Jésus a-t-il encore du sens aujourd’hui, où de nombreuses voix proclament le chacun pour soi et le non respect d’autrui. Quant à suivre Jésus dans la manière de gérer l’argent du monde, il y a belle lurette qu’on préfère d’autres chemins.

 

L’évangile parle d’un temps « à l’écart », sur la montagne. Là il est possible de comprendre Jésus, de reconnaitre qui il est et ce qu’il porte. On comprend mieux le désir des disciples de rester là-haut dans l’ambiance mystérieuse et mystique. Mais il faut redescendre dans la plaine, au milieu des gens et des problèmes de société… ce sera la suite de l’évangile de Matthieu, mais c’est aussi notre quotidien : l’impôt, les préséances,  les malversations, les règlements de compte et le pardon, la mariage, le divorce, les finances, les chômeurs de la onzième heure etc. L’évangile date de 2.000 ans, mais il vaut la peine de l’actualiser pour aujourd’hui. E.H.

 

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