La date de Pâques change chaque année.

Pourquoi des fêtes mobiles ?

 

La date de Pâques arrive très tard cette année 2011 et l'on s'interroge : d’où cela vient-il ?

La fête de Pâques plonge ses racines dans la nuit des temps. Les peuples de pasteurs nomades, liés aux rythmes de la nature fêtaient l'agnelage au printemps. La célébration avait lieu lors de la pleine lune, elle se déroulait de nuit et réunissait toute la famille. Le père de famille accomplissait le rite du sang à partir de l'immolation d'un animal âgé d'un an. Suivait un repas où la chair de la victime avait été rôtie. Le rite du sang consistait à oindre les montants de l'entrée de la tente avec le sang de la victime en vue de protéger la demeure et ses habitants des puissances hostiles. Avec le rite du repas la célébration avait aussi pour but de remercier la divinité qui accorde la fécondité au troupeau. Les participants demandaient aux dieux la protection pour l’avenir.

 

Les hébreux ont repris cette coutume sémite. La pâque des hébreux est évoquée dans la Bible, au livre de l’Exode ch. 12, 21-24, elle est associée à la sortie d’Égypte. Au temps de Jésus la date était fixée au 14 nizan, jour de la pleine lune de printemps. Cette date est dépendante du cycle lunaire (13 mois ou lunaisons) et non de notre actuel calendrier solaire en 12 mois (et quelques heures).

 

Pour les chrétiens, historiquement, la première fête liturgique annuelle est celle de Pâques, plus importante que Noël. Au IIème  siècle, l'Église a choisi de célébrer chaque année la fête de Pâques à une date proche de celle de la Pâque juive. La fête chrétienne de Pâques est inséparablement liée à l'existence de la communauté qui trouve son origine dans le mystère pascal. Les chrétiens avaient déjà adopté un jour de la semaine comme fête du Seigneur ressuscité : le huitième jour les chrétiens "font mémoire" du Seigneur à jamais vivant. Ce jour, qui fait écho au premier jour de la création, deviendra notre dimanche (dies domini), jour du Seigneur, fête de la résurrection. Ainsi le jour du repos est passé dans notre calendrier du sabbat au lendemain, le dimanche. Pâques, ce huitième jour solennel, est le moment privilégié où les catéchumènes sont baptisés devenant chrétiens ils sont constitués, au milieu et pour le monde, témoins de Jésus Christ, vivant, ressuscité. Pour la date de la fête elle-même, mis en relation avec le calendrier lunaire, c’est le concile de Nicée, en 325, qui a souhaité faire coïncider la célébration de la résurrection du Christ avec le retour du printemps, le premier dimanche suivant la pleine lune après l'équinoxe de printemps. De nombreuses fêtes païennes célébraient déjà cette résurrection de la nature, mais la lune est quelque peu lunatique dans son rendez-vous avec le calendrier solaire.

 

Ajustements du calendrier. La terre tourne autour du soleil en 365,2422 jours. Le compte n’est pas rond…. D’où les années bissextiles (tous les quatre ans) pour rectifier le décalage. Mais le tout petit décalage -365 ¼ au lieu de 365,2422, soit 11 mn par an- a entraîné mille ans plus tard une différence de dix jours entre notre calendrier sur papier et le calendrier solaire. Le pape Grégoire XIII décréta en 1582 de rattraper le retard en supprimant dix jours du calendrier : en se couchant le 4 octobre, le monde occidental se réveilla le 15 octobre!!! on passa alors du 5 octobre au 15 octobre. Les chrétiens orientaux étaient en froid avec Rome depuis plusieurs siècles et n’adoptèrent pas cette réforme…. Leur fête de Pâques est, aujourd’hui encore, décalée de 11 jours.

Et demain ? Les variations de la date rendent difficiles l’organisation rationnelle du calendrier. La date de Pâques peut varier du 26 mars, en 1989 au 23 avril, en 2000. La concile Vatican II avait émis le souhait d’une date fixe… à condition de ne pas créer de nouvelles zizanies avec les orthodoxes. Paul VI avait même suggéré au Conseil œcuménique des Eglises une date entre le 9 et le 16 avril….c’est encore en attente.

 

Et l’œuf de Pâques ?

De nombreuses fêtes païennes célébraient la résurrection de la nature symbolisée par l’œuf, porteur d’un germe de vie. Mais c'est très probablement de l'interdiction faite par l'Église, jusqu'au XVIIè siècle, de consommer des œufs pendant le Carême qu'est née la tradition des œufs de Pâques. Comme on ne pouvait empêcher les poules ide pondre, on conservait précieusement ces œufs jusqu'à la fête de Pâques, à partir de laquelle il fallait écouler le stock!

Une gentille légende raconte que Simon de Cyrène, l'homme qui fut requis par les Romains pour aider le Christ à porter sa croix, était marchand d'œufs. On dit même que, rentrant chez lui après la crucifixion, il trouva dans son poulailler des œufs aux couleurs de l'arc en ciel.. Certains voient là l'origine des œufs peints et décorés qui portent bonheur spécialement quand ils sont teints en rouge.

L'œuf, symbole planétaire. Le symbole de l'œuf dépasse largement notre civilisation. Pour les Égyptiens, les Grecs, les Phéniciens, les Tibétains, les Indiens, les Vietnamiens, les Chinois, les japonais ou encore les habitants de Sibérie ou d'Indonésie... le monde naquit d'un œuf.

 

Le sens religieux de la fête.

Pour les Israélites, le plus ancien texte évoquant la Pâque est semble-t-il Exode &2, 21-24 : "Moïse convoqua tous les anciens d'Israël et leur dit: « Allez vous procurer du petit bétail pour vos familles et immolez la pâque. Puis vous prendrez un bouquet d'hysope, vous le tremperez dans le sang qui est dans le bassin et vous toucherez le linteau et les deux montants avec le sang qui est dans le bassin. Quant à vous, que personne ne franchisse la porte de sa maison jusqu’au matin. Lorsque le Seigneur traversera l’Égypte pour la frapper, il verra le sang sur le manteau et sur les deux montants, il passera lu-delà de cette porte et ne laissera pas l'Exterminateur pénétrer dans vos maisons pour frapper. Vous observerez cette disposition comme un décret pour toi et tes fils, à perpétuité »".

 

Dans ce texte le rite du sang est mis en relation avec l'événement central qui est à a base de la confession de foi d'Israël: la sortie d'Égypte. "Pésah", nom hébreu de la Pâque juive, inaugure l'œuvre du salut que Dieu réalise dans l'histoire: "Laisse partir mon peuple, qu'il me serve dans le désert" (Ex 7, 16), tel est le message transmis par Moïse à Pharaon. Pour vivre dans l'Alliance il faut pouvoir passer de la servitude dans une terre d'esclavage au service du Seigneur dans la terre de la promesse.

 

Aux approches de l'ère chrétienne la célébration de Pâque, le 14 Nizan (mois de printemps), apparaissait comme une fête à la fois du "renouveau" - la vie triomphant sur la mort - et du "passage de Dieu" qui sauve son peuple de l'oppression, le faisant "passer" de l'esclavage à la liberté: 'Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte de la maison de servitude. Tu n'auras pas d'autres dieux devant moi" (Ex 20, 2-3).
Aujourd'hui le "Seder", cérémonial domestique juif de la nuit de Pâque vise en grande partie à soutenir la curiosité et l'intérêt des petits enfants au récit de l'Exode. Chaque juif, du plus jeune au plus ancien, est appelé à "faire mémoire" de cette libération c'est-à-dire qu'il doit se considérer comme sortant lui-même de l'esclavage, et à rendre grâces au Seigneur Dieu qui le libère.

 

Pour les chrétiens, historiquement, la première fête liturgique annuelle est celle de Pâques. Au IIème  siècle, l'Église a choisi de célébrer chaque année la fête de Pâques à une date proche de celle de la Pâque juive. La fête chrétienne de Pâques est inséparablement liée à l'existence de la communauté qui trouve son origine dans le mystère pascal. Par sa mort et sa résurrection, Jésus Christ libère l'homme de l'esclavage du péché et de la mort. Sa mort, Jésus l'a vécue au sein d'une tradition vivante. celle de la Pâque juive et il l'a vécue comme un "passage" : "Avant la fête de la Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde vers le Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'à la fin" Jean 13.1.

Dès la primitive Église, comme en témoignent les écrits du Nouveau Testament, croire en la résurrection et vivre en ressuscité, dans le monde, est un "passage" continu de la mort à la vie. Pour le disciple du Christ "le passage", accompli fondamentalement au baptême, est un passage à renouveler chaque année et à vivre au quotidien, dans la joie.

 

La fête de la Toussaint, (aujourd'hui 1er novembre) et la commémoration des morts étaient célébrés dans la mouvance de Pâques (le vendredi après Pâques en Syrie, dès le 5ème siècle) ou de Pentecôte (le dimanche après la Pentecôte en Orient, et à Rome au 5ème siècle). C'était une manière de lier la foi en la résurrection du Christ et la foi en notre propre résurrection.

à visiter au sujet des calendriers: http://www.herodote.net/

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Célébration oecuménique de Pâques en 2012

 

 

Suite aux nombreux rassemblements œcuméniques le matin de la fête de Pâques quand la date était commune pour toutes les Eglises ces dernières années, le Conseil des Eglises Chrétiennes En France a souhaité donner une impulsion à ces rencontres durant le temps de Pâques.
Les dates de la fête de Pâques ne coïncidant pas pour cette année 2012, le CECEF propose d'organiser des rassemblements notamment le dimanche 15 avril dans la soirée.
Ce message a été envoyé à tous les délégués à l’œcuménisme dans les différentes Eglises.
En 2012, célébrons ensemble le Jour du Christ Ressuscité

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 37174 visites