Conflit entre pasteurs

4ème dimanche de Pâques

 

Actes 13,14 et 43-52 ; Apocalypse 7, 9 et 14-17 ; Jean 10, 27-30

 

 

On pourrait d'abord  se demander pourquoi y a-t-il un tel charcutage dans les textes de ce dimanche, sans doute pour faciliter la compréhension… peut-être, mais ce faisant, il occulte une part important de la réalité portée par les textes d'origine.

 

Quoi qu’il en soit, constatons que les quelques lignes de l’évangile d’aujourd’hui font partie d’un ensemble où est clairement exprimé le conflit entre Jésus et les gardiens du Temple et de la Loi, au point même que Jésus a failli être lapidé. Ce n’est donc as une simple histoire de troupeau de mouton et de gentil berger. L’évangéliste Jean rapporte ici un conflit ouvert concernant la légitimité d’interpréter la Loi. L’interprétation qu’en donne Jésus ne semble pas la même que ceux à qui est confié le peuple de la première Alliance. Au nom de quelle légitimité Jésus peut-il s’autoriser à interpréter ? Et nous, à le suivre?

 

Lorsque Jean écrit son évangile, tout est consommé, non seulement la mort du Christ en croix, mais aussi la rupture entre les tenants de la synagogue et les tenants de l’Eglise issue du Christ. En effet, lorsque Jérusalem fut détruite pierre par pierre par les romains en 70, les pharisiens réorganisèrent les restes d’Israël, ce qui restaient des "obéissants à la Loi de Moïse". C’était à Yavné, dans les années 90 après J-C. C’est là que furent définitivement exclus du monde juif ceux qui adhéraient à la pensée et à la personne de Jésus.Historiquement, ces quelques lignes de l'Evangile évoquent la rupture entre judaïsme et christianisme.

 

La figure du pasteur était connue déjà dans l’ancien Testament, surtout à partir du second Isaïe (Is 40,10), où Yahvé est appelé le berger qui rassemble et fait paitre son troupeau. C'est lui aussi qui appelle Cyrus comme berger d’Israël (Is 44,28). alors même que les prophètes traitent de Le berger représente le Christ Le bon pasteur  
Le berger représente le Christ "bon pasteur"
Le berger représente le Christ "bon pasteur"
mauvais bergers les rois qui n’ont pas su guider Israël dans sa marche d’alliance avec Dieu.

 

Les premiers chrétiens ont utilisé cette image pour représenter Jésus, celui qui porte sur ses épaules la brebis affaiblie. On l’appellera par la suite ‘le bon pasteur’, nom que se donneront bien plus tard les religieuses d’une congrégation dont la vocation était de veiller sur les enfant abandonnés.

 

En quoi la méditation de cette lecture peut orienter la vie des croyants d’aujourd’hui ? Reconnaissons que beaucoup se disent en manque de repères, que beaucoup recherchent des gourous, que des prédicateurs (souvent zélés) prêchent des enseignements doctrinaux et moraux qui n’ont parfois que peu à voir avec la Parole de Jésus, même s’ils se disent adeptes de l’évangile…

 

Alors, comment reconnaitre Jésus, sinon en allant boire à la source, au texte même des quatre évangiles, en repérant dans ces évangiles comment Jésus établit une relation avec les personnes qu’il rencontre, en particulier les petits, les faibles, les malades, les pécheurs, les exclus. C’est là que le cœur de Dieu s’exprime. Allons donc relire ces récits de la femme adultère, du pardon accordé au paralysé, du dialogue avec des publicains, le récit du fils prodigue, des ouvriers de la onzième heure, etc. Dans ces récits, les petites gens d’aujourd’hui savent reconnaitre la voix du bon berger, bien plus que dans les  grands discours de défense de la Loi, de la Foi et du latin, dans des cercles trop académiques pour être entendus du vulgus pecus !

 

Ce dimanche est la journée mondiale de prière pour les vocations.

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