N°07 - De la Nuit à la Vie

Edito Eglise d'Arras - Veillée de Pâques

 
bougie bougie  Participer à la veillée pascale est l’expression du désir de chaque chrétien de marcher à la lumière du Christ, de mettre ses pas dans les pas du Jésus des Evangiles, tels que nous les ont rapportés les premiers témoins que furent Marc, Matthieu, Luc et Jean, et d’autres encore.
 
En moulant le discours chrétien dans la symbolique ténèbres/lumière, la tradition chrétienne offre là une occasion de rejoindre l’expérience de tout homme. La vie commence dans la nuit utérine et se termine dans l’obscurité de la tombe. Mais elle se déroule dans la lumière du jour, dans un combat  pour la vie, pour la lumière. Or, la beauté des discours sur le combat des ténèbres et de la lumière peut très bien se passer du Christ.
 
Marcher à la suite du Christ lumière c’est accepter de le recevoir comme guide pour notre propre vie, par la manière dont il a vécu et laissé des traces vie auprès de celles et ceux qu’il a rencontrés et qu’il a éclairés de sa présence.  On oublie trop vite que Jésus n’a pas choisi de s’écarter de la vie quotidienne des hommes, pour s’enfermer dans le spirituel liturgique du Temple. Il préférait le mont Thabor ou les lieux déserts au début du jour. Mais les hommes du Temple, eux, ont rejeté sa manière de vivre auprès des hommes et des femmes, dans sa province natale et sur les routes de Galilée, de Samarie et de Judée.
Jésus acceptait de se rendre proche de certaines femmes dites de mauvaise vie ; proche d’hommes à la mauvaise réputation. Il présente même Dieu, son père, comme celui qui préfère la pauvre prière d’un publicain à celle du lettré pharisien. Jésus reconnait toute la force d’aimer dans le geste de l’étranger samaritain envers le blessé de la route, à la différence des officiels du Temple, qui à peine sorti de leur service du culte oublient le commandement d’amour du prochain et se détournent du blessé. "Je suis venu pour servir et non pour être servi" dira-t-il.
 
Le chemin de Jésus est un chemin de proximité auprès des derniers de la société plutôt qu’un chemin où l’on se met à l’écart du monde des hommes. Il y a mille manières d’éclairer notre chemin, nos pas à la suite de Jésus : accompagner un malade en fin de vie, soutenir telle mère de famille sans ressource, provoquer des lois plus favorables à ceux qui n’ont pas de parachute pour survivre, donner un peu de beurre aux réfugiés à défaut d’épinards. La résurrection dans nos vies commence dès aujourd'hui, chaque fois qu'un geste d'amour fait le premier pas.
 
Mettre ses pas à la suite de Jésus dans la lumière de Pâques, c’est vouloir, à sa suite, se rendre proche de celui qui marche dans l’ombre de la nuit. Or notre monde a besoin de chacune de nos petites lumières allumées dans la nuit de Pâques.

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 4648 visites