Tu es mon Fils bien-aimé

Baptême de Notre Seigneur

Isaïe 55, 1-11 ; 1 Jean 5, 1-9 ; Marc 1, 7-11

 
Nous retrouvons ce dimanche la lecture de l’évangile de Marc, pour le quitter dimanche prochain. Il serait donc utile de lire d’un seul trait l’introduction de Marc, 1, 1 à 13. Certains, en maison d’Evangile, se sont étonnés qu’après le baptême de Jésus les tentations, selon Marc, ce soit si bref ! D’autres se sont demandé si les gens autour de Jean-Baptiste ont entendu la voix venue du ciel.
 

 

Il semble bien que Marc insiste d’abord sur la relation entre Jésus et Dieu. Au temps de Jésus et du baptiste, les gens de toute condition, mais surtout les petites gens attendaient, espéraient un signe venu du ciel qui puisse signifier que Dieu regardait son peuple, s’adressait à lui. En effet depuis les prophètes, bien avant l’époque des Maccabées, il semblait s’être tu, caché derrière les nuées impénétrables. Or voici venir Jésus. Mais la narration faite par Marc nous laisse encore dans la relation intime entre Jésus qui voit et entend. En Jésus, nous fait comprendre Marc, le ciel se déchire, les nuées laisse entrevoir la relation du Père et du Fils. Pour l’instant, nul autre n’entre dans cette intimité.
 
Avant de commencer sa « mission publique » un autre signe va être posé, c’est le temps au désert. Comme bien des prophètes, comme Moïse, Elie ou le peuple sorti d’Egypte, l’inauguration du temps de prophète commence par un détour « au désert », c’est-à-dire un temps à la rencontre de Dieu.
 
Il faudra attendre la fin de l’Evangile selon Marc pour qu’on entende un homme exprimer que ce Jésus-là, sur la croix, c’est lui le Fils de Dieu. Entre ce commencement aujourd’hui présenté et la reconnaissance par un païen il faudra du temps, des tensions avec les officiels qui contestent ce Jésus mais aussi des relations créées par Jésus avec les pécheurs et les publicains, mangeant avec eux, appelant l’un ou l’autre comme disciple, accueillant des malades, posant la main sur un lépreux etc. Oui, il faudra du temps où le Christ fait son chemin, au milieu des hommes. Certains l’acceptant, d’autres le rejetant. Le Christ ne s’impose pas, il se propose. C’est par les signes qu’il posera dans le concret de l’existence et non dans l’exceptionnel, dans les gestes de proximité plutôt que par de grands discours, que Jésus fait reconnaitre que Dieu visite son peuple.
 
Si l’on pouvait transposer pour nous aujourd’hui l’évangile de ce jour, sans doute faudrait-il reconnaitre le lien privilégié qui unit Jésus au père, mais reconnaitre aussi le lien qui nous unit à ce même Père. C’est à moi, après Jésus, à la suite de Jésus que le Père dit « tu es mon Fils bien-aimé. Il m’a plu de te choisir ». C’est ainsi qu’une enfant préparant son baptême a compris ce texte de Marc lue avec des adultes. A la suite de Jésus, Dieu Père me prend dans sa maison et fait de moi son enfant. Comme Jésus il me faut, il nous faut aussi prendre du temps "au désert", formule pour signifier savoir se mettre un peu en retrait pour mesurer le don que Dieu me fait avant d'oser devenir son témoin au coeur du monde… EH
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