Le Règne de Dieu s’est approché de vous

1er dimanche de carême

Genèse 9, -15 ; 1 Pierre 3, 18-22 ; Marc, 1, 12-15


Pour introduire le temps du carême la liturgie nous propose aujourd’hui d’entendre l’Evangile de Jésus, au désert, selon Marc. Beaucoup, qui ont lu Marc en maison d’évangile ont été étonné de ne pas y retrouver ce qu’ils ont en mémoire depuis leur enfance… trois tentations, le démon qui emporte Jésus au sommet du Temple etc.. ; Que faire de ces deux versets qui ne nous parlent pas ? A quelle réflexion et méditation Marc nous entraine-t-il ?

 

Chacun des éléments que Marc a choisis peuvent être parlant…


L’Esprit pousse Jésus au désert. Lorsque la tentation nous provoque, il nous arrive de douter que Dieu, que l’Esprit de Dieu soit proche de nous. Pour Marc, la tentation n’est pas signe de l’absence ou de l’éloignement de l’Esprit de Dieu. Cela peut-il nous aider pour aujourd’hui : Dieu ne nous laisse jamais seul.


Dans le désert, quarante jours, tenté par Satan. Retenons l’association de 40 et de désert. Pour les pères de l’Eglise et pour nous-mêmes, cela renvoie à l’expérience vécue par nombre de croyants dans la Bible où le temps au désert est perçu comme temps de l’épreuve mais aussi temps pour aller à la rencontre de Dieu. Le peuple hébreu au désert avec Moïse a eu bien des occasions de se détourner de Dieu ! Nous pouvons dire temps de l’épreuve. Si l’on pense à Moïse qui fait paître le troupeau de son beau-père on peut dire qu’il s’est mis à l’écart, retiré… et c’est là qu’il découvre l’appel de Dieu : « J’ai vu la misère de mon peuple, va je t’envoie ». On peut aussi penser à Elie qui fuie après avoir voulu sauver l’honneur de Yahvé, contre les prêtres de Jézabel. Laisse-moi mourir, dit-il à Dieu je n’en peux plus. Et l’ange du Seigneur l’invite à se relever, reprendre le chemin jusqu’à l’Horeb, où il rencontre Dieu, où il découvre que Dieu n’est pas obligatoirement le Dieu tout-puissant qui parle dans le tonnerre le tremblement de terre et les nuées de feu… mais un Dieu qui parle au cœur, dans le silence de la brise légère. Temps du désert, temps où l’on se met en retrait, mais aussi temps où l’on marche à la rencontre de Dieu et de ce qu’il attend pour nous. Elie ne reste pas à l’Horeb : il y reçoit une mission. Puissions-nous prendre ce temps du retrait, pour aller à la rencontre de Dieu et terminer à Pâques avec la mission de témoigner du Christ vivant dans notre quotidien. La tentation n’est-elle pas de s’arrêter, de revenir en arrière, de ne plus désirer Dieu ?


Il vivait parmi les bêtes sauvages… normal ont dit quelques-uns, puisqu’on est au désert, il devait bien y avoir quelque lion ou renard ! Nous ne sommes hélas pas assez familiers de la Bible pour nous souvenir de l’annonce du Messie par Isaïe, ch 11 : « ce jour-là, écrit-il le loup habitera avec l'agneau, la panthère se couchera avec le chevreau. Le veau, le lionceau et la bête grasse iront ensemble, conduits par un petit garçon. La vache et l'ourse paîtront, ensemble se coucheront leurs petits. Le lion comme le boeuf mangera de la paille. Le nourrisson jouera sur le repaire de l'aspic, sur le trou de la vipère le jeune enfant mettra la main. On ne fera plus de mal ni de violence sur toute ma montagne sainte, car le pays sera rempli de la connaissance de Yahve ». La venue du messie n’est pa sla restauration d’un monde d’avant, mais la re-création d’un monde nouveau… Que ce jour-là vienne, Seigneur, et vite !


Et les anges le servaient : la relation des anges à Jésus est-elle conforme à la mission confiée aux anges dans la théologie biblique : ils sont d’abord et avant tout autour de Yahvé pour le servir et le louer… ils sont la cour céleste, selon la phraséologie ancienne… occasionnellement ils sont les messages entre Dieu et les hommes. Quand M arc écrit, de manière toute imagée que les anges le servaient, ne cherche-t-il pas à dire en termes voilés que Jésus est Dieu au milieu de nous.

 

Enfin ce serait trahir le texte, que des ne pas s’arrêter sur l’une des rares phrases prononcées par Jésus dan ses premiers chapitres : "convertissez-vous, c’est-à-dire, croyez que Dieu s’est rendu proche de vous…" Si le temps du carême est présenté comme temps de l’effort de l’homme pour se rapprocher de Dieu, n’oublions pas que Dieu, le premier s’est approché de nous. Le carême n’est donc pas un temps de mort, mais un temps de vie, un temps de retour à la source. E.H.
 

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