Fête de la Pentecôte

Jusqu'aux extrémités de la terre

Actes 2, 1-11 Romains 8, 8-17 ; Jean 14, 14-26

Notre mémoire visuelle a bien enregistré quelques images de la Pentecôte peintes au cours des siècles : l’Esprit saint sous forme de colombe ou de feu, les langues de feu sur les apôtres et disciples rassemblés, Pierre qui s’adresse aux foules… Mais notre éducation chrétienne ne nous a sans doute pas appris que cette fête de Pentecôte puise ses origines lointaines dans l’alliance de Dieu avec son peuple au Sinaï quand Dieu remettait à Moïse les tables de la Loi.

 

Luc nous présente la fondation du peuple de la nouvelle Alliance sur l’anniversaire de l’Alliance conclue entre Dieu et l’humanité. Ce jour-là, est-il dit à la fin du récit de Pentecôte, 3.000 personnes furent baptisées et furent agrégées par Dieu au groupe des disciples. Il faudra encore quelques années avant que ces gens soient désignés sous le nome de Chrétiens (Actes 11, 26), c’était à Antioche de Syrie.

 

Quand Luc fait le récit des origines vers 80 de notre ère, cinquante années se sont écoulées, au cours desquelles la Parole a pris son essor, grâce à des témoins, Pierre, Paul, Jacques et combien d’autres, connus et anonymes qui ont osé braver les interdits ou les peurs pour clamer la Parole de Jésus : “Heureux vous, les pauvres, heureux vous qui avez faim et soif de justice…” Ou encore “On reconnaitra que vous êtes mes amis, à l’amour que vous avez les uns pour les autres”. Ils l’ont fait par leur parole et par leurs actes.

 

Aujourd’hui encore, ce sont les paroles et les actes des disciples du Christ qui rendent visible l’Amour du Père pour ses enfants. En certains pays, c’est sous la persécution qu’ils osent le faire ; en d’autres, c’est dans l’indifférence générale. C’est moins douloureux mais tout aussi efficace. Le risque chez nous en France est plutôt la lassitude et l’indifférence. Pourtant il y a encore et toujours beaucoup à faire.

 

Benoit XVI au Portugal ne rappelait-il pas « Mes frères, il faut que vous deveniez avec moi des témoins de la Résurrection de Jésus. Nous sommes appelés à servir l’humanité de notre temps ». Le pape, ayant pris appui sur ce peuple rassemblé, n’a pas manqué d’interroger méthodiquement les fondations de l’Église de demain. Quels prêtres ? Quels laïcs ? Quelle vision de l’économie ? Quel exercice de la charité ? C’est tout l’éventail de la vie chrétienne qui est ainsi détaillé.

 

La tendance actuelle est de se replier dans les églises et les célébrations, alors que l’Esprit pousse à sortir de nos murs pour exposer aux foules, dehors, ce qui nous fait vivre, Celui qui donne sens et vie à nos existences. C’est ce que les disciples d’Emmaüs ont été amenés à découvrir. C’est ainsi que l’évoquaient les animateurs de la fête de doyenné à Courrières, quand ils croisaient les paroles de l’Evangile avec des paroles d’homme aujourd’hui.
 

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