Le service du frère

Mgr Jaeger reçoit le conseil diocésain de la solidarité

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Le conseil diocésain de la solidarité s’est réuni autour de Mr Jaeger. Etaient représentés : le CCFD, l’aumônerie des prisons, la conférence saint Vincent de Paul, la pastorale des migrants, l’Apostolat des laïcs, le service de la communication ; excusés, le Secours catholique et le diaconat.

 

Comment les personnes sont transformées ?


Chacun a exprimé comment la proximité avec les personnes en souffrance ou difficulté les transforme. Est évoquée la présence aux réfugiés, Calais, Norrent-Fontes et autres lieux ; à l’occasion du ramadan, des chrétiens ont manifesté des liens d’amitié avec leurs voisins. Un grand nombre de familles sont touchés dans l’un ou l’autre de leurs membres par la pauvreté, la prison, etc., nous essayons d’en être proches. L’Eglise a vocation à favoriser l’intimité avec Dieu et l’unité des hommes (Lumen Gentium §1). Plusieurs ont exprimé leur souffrance de voir l’institution Eglise moins active dans la proximité et le service de l’unité des hommes entre eux.…

 

Auprès des prisonniers, c’est l’apprentissage à les écouter, à découvrir une humanité marquée dès da première jeunesse par les difficultés d’existence (familiale, financière). D’où un appel à parler d’eux, à faire découvrir qui ils sont au-delà des clichés habituels. En milieu carcéral, il faut parfois supporter les moqueries, mais aussi découvrir les cheminements possibles, chemins de découverte de l’Eglise autre. Reste posée la question de la présence du ministère ordonné auprès des équipes d’aumônerie et des prisonniers.

 

Solidaires et partenaires. Meilleure compréhension de ce que peut être le partenariat. Le CCFD vise l’efficacité, sans doute, mais aussi le partenariat, comme dimension de fraternité au-delà des frontières. Le partenariat invite à dépasser l’idée simplement de donner de l’argent pour se soucier de ceux à qui cela arrive : solidarité dans l’aide financière mais aussi et surtout dans la proximité d’esprit et dans l’action collective. Le CCFD est composé de différents mouvements chrétiens ; cette collégialité oblige à s’écouter pour agir ensemble. Ceci qui n’empêche pas le regret de voir une Eglise plus repliée sur elle-même et moins attentive aux réalités du Développement.

 

Mgr Jaeger relève quelques points d’attention


• Mgr Jaeger : reconnait la diversité des approches des uns et des autres…, où notre Eglise est présente de diverses façons. Beaucoup de chrétiens sont aussi présents avec d’autres sans être étiquetés “mouvement d’Eglise”. Cette présence discrète et cachée existe qu’il faudrait davantage reconnaître.
• Mgr Jaeger reprend aussi les réflexions concernant les ressources en personnels et formations : “nous avons moins les moyens d’analyses et moins de personnes compétentes (cf. J.Régnier). On a peut-être trop compté sur les prêtres qu’on n’a plus”.
• Le conseil permanent de l’épiscopat, reçoit quantité de textes ou déclarations… comment les relayer ? Nous restons ouverts aux différentes dimensions de la solidarité et non repliés sur nos questions internes. Nous avons à aider les communautés humaines et chrétiennes à faire émerger leurs propres pauvretés.

 

Le conseil diocésain et le service du frère.


Le conseil diocésain a pour mission d’être au service de la solidarité dans le diocèse. Il a poussé la mise en place de commissions de solidarité par doyenné. Mais la désignation de délégués fut laborieuse avec l’impression de créer une nouvelle structure et d’y désigner d’office quelqu’un, par exemples huit délégués sur dix sont désignés parce qu’ils sont diacres. C’est une réelle difficulté que d’éveiller l’ensemble des communautés à la dimension diaconale de la vie ecclésiale. La solidarité n’est pas l’affaire du seul diacre ou du délégué !
Il existe une multitude d’associations. Souvent domine le bon sentiment de donner, mais peu de réflexion s’engage sur ce que peut être une réelle solidarité. Les commissions solidarité ont-elles à gérer tout ce qui se fait ?


Ainsi à niveau local, l’organisation de forums solidarité avec tous les acteurs de solidarité, (Meurchin, Boulogne-sud…), est moins lourde que la création de commissions solidarité. La présence de municipalités à ces manifestations montre les enjeux de ces manifestations). Telle maire cite l’évangile du jour, alors que les prêtres ne se sont pas dérangés… c’est elle qui amène l’Evangile dans la solidarité !

 

Projets et réalisations à venir
 

Des temps de réco.

lls sont nombreux, les chrétiens engagés en solidarité avec les autres, faut-il créer des organisations étiquetées catholique ? Ne faut-il pas plutôt offrir des temps de réco et de nourriture pour ces chrétiens ? S’ils sont dans une petite structure, ils ne trouvent pas cette nourriture dans les paroisses. Aussi S’élabore une proposition de deux réco en deux lieux du diocèse, au-delà des propositions de mouvements (ACO et Secours Catholique).

 

Diaconia 2013 : une proposition nationale.
Le Conseil Permanent de l’Episcopat a adopté une décision importante : la tenue d’un grand rassemblement national « diaconia 2013 ». Cette rencontre se vivra dans le prolongement de la dynamique d’ Ecclésia 2007. Il s’agit d’une démarche qui implique l’ensemble de l’Eglise en France et qui touche tout autant les acteurs de la solidarité que l’ensemble de la pastorale : baptême, catéchuménat, catéchèse, liturgie, service évangélique des malades, accompagnement des familles en deuil, chrétiens engagés au cœur des réalités sociales et économiques, action catholique… Ce rassemblement associera des personnes et groupes en situation de pauvreté ou de fragilité, acteurs à part entière de notre Eglise. Des thèmes d’année prépareront ce rassemblement ; en 2012-2013 : relier “service des frères et liturgie”.


CCFD, Rassemblement 2011. Le CCFD fêtera son 50ème anniversaire, par un rassemblement en région (Lille, Arras et Cambrai), à Liévin. A cette occasion il développe la réflexion sur : “Un CCFD pourquoi faire ? Est-ce une simple organisation tiers-mondiste parmi d’autres ?” C’est donc l’occasion de découvrir ce qu’est le CCFD.

 

La solitude : un thème d’année pour 2011.
CCFD et Secours catholique signalent le thème de l’an prochain : La solitude comme grande cause nationale. Le thème part du constat des statistiques nationales sur la solitude selon les sexes, les tranches d’âge ; des pétitions sont étudiées…

 

Le souci de la formation
Le rassemblement diocésain du 10 octobre provoque à porter attention au service du frère en Eglise. L’ensemble du peuple de Dieu devrait se sentir concerné. Dans les modules (3ème module) cette question est abordée: resto du cœur, st Vincent de Paul… Le service du frère devrait s’enraciner dans le concret de l’expérience croyante chrétienne. L’affirmation “La proposition de la foi, en paroles et en actes” suppose que l’on s’exprime aussi par et sur les actes. Dans les formations diocésaines (ADF, enjeux et questions, et autres, comment est abordé le sujet de solidarité ? ? Fait-on appel à des gens qualifiés : Pierre-Marie Empis, Guy Jovenet. Qu’est-ce qui unifie catéchèse, formation, liturgie et solidarité ?

 

Quelques appels.


La proximité vécue par quelques-uns devrait interroger chacun et l’Eglise entière sur sa propre humanité ; cela devrait devenir invitation à participer à l’action de solidarité. Nos activités ne sont-elles pas seulement juxtaposées ? Par exemple, invitation à ne pas séparer liturgie et service du frère. (relire l’intervention de Philippe Barras pour la Liturgie, Eglise d’Arras n°16). Quelle recherche fait-on dans les prières universelles, pour qu’apparaisse la vie quotidienne des gens et du monde et ne pas se contenter de lire la prière prévue dans Prions en Eglise ?
Quel est réellement le statut du service du frère dans le fonctionnement des paroisses et des EAP ?, Bien que ce soit la première phrase du statut des EAP (document épiscopal de création des EAP), c’est loin d’être réalisé.
 

Un autre souhait est présenté: celui de la prise en compte des déclarations faite par des chrétiens organisés : comment l’évêque pourrait-il les appuyer ou, au moins les signaler ? (Par ex. à propos des suicides et conditions de travail ; Solidarités avec les migrants et immigrés, les roms, la grande précarité etc. Ce type de documents nourrit ceux qui s’en rendent proches, peut-il nourrir les chrétiens ?
La présence de l’évêque est aussi souhaitée auprès des acteurs de solidarité, par exemple à l’occasion de réco ou temps fort. Comment signifier la proximité du ministère épiscopale auprès des bénévoles ?

Abbé Emile Hennart
 

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 3023 visites