Dieu est tout proche. Le croyons-nous?

3ème dimanche ordinaire

Isaïe 8, 23 à 9,3 ; 1 Corinthiens 1, 10-17 ; Matthieu 4, 12-23


Les commencements de la mission de Jésus selon Matthieu.

Tout comme Luc, l'évangéliste Matthieu marque la rupture entre deux époques : le temps de Jean-Baptiste et celui de Jésus. Quand Jésus apprit l'arrestation de Jean Baptiste, Jésus retourna en Galilée..." Luc exprimait cette différence en parlant du temps de la Promesse et du temps de la réalisation. Au moment où Jean-Baptiste disparait, Jésus commence la proclamation du temps de Dieu qui vient. "Le royaume des cieux est tout proche". Et Jésus appelle ses premiers disciples. Rien d’original dans ces débuts : nous connaissons bien tout cela.


Arrêtons-nous aujourd’hui, quelques instants, sur les premières paroles de Jésus, avant même l’appel des disciples : “Convertissez-vous, car le Royaume de Dieu est tout proche”. Nous connaissons bien l’appel à la conversion, mais peut-on être plus précis : “se convertir par rapport à quoi ?”. Nous avons tant appris que la conversion c’est se détourner du mal et du péché, que nous oublions que la conversion c’est aussi se tourner vers Dieu, se retourner vers Lui. “Tournez-vous vers Lui car son Royaume est tout proche de vous !”

 

Plusieurs générations ont été éduquées sur la peur de Dieu, au point de ne pas pouvoir entendre cette proximité de Dieu avec eux. Aux adultes d’aujourd’hui,pécheurs, des rubricites font comprendre qu’ils doivent avancer à la communion les bras croisés sur la poitrine, pour bien ne pas recevoir le Christ qui vient pour eux : “je ne suis pas venu pour les bien portants, mais pour les pécheurs. Depuis quand des clercs osent-ils ainsi détourner l’attitude d’accueil du Christ Jésus, notre frère ? “Le Royaume de Dieu est tout proche...


Les gens qui fréquentaient les bords de Jourdain, au temps de Jésus, attendaient et espéraient que vienne l’envoyé de Dieu. En même temps, ils avaient reçu une telle éducation qu’ils se savaient loin de Dieu, culpabilisés par les lois de puretés, les 633 règles à respecter. On en était passé du respect, de la crainte à la peur de Dieu, peur d’un Dieu courroucé précise notre cantique de Noël.

 

La proximité de Jésus avec les pécheurs et les petites gens de toute sorte vient annoncer la Bonne nouvelle, le contraire de cet éloignement. L’Eglise du XXIème siècle saura-t-elle ouvrir les bras et le cœur aux gens du peuple et aux pécheurs, tout comme avait su le faire le bon pape Jean, tout comme l’avait fait le Christ, au point de subir les railleries des gens bien, des gens de biens? Enfin l’Eglise saura-t-elle appeler des disciples qui, à la suite de leur maître, iront vers la brebis égarée pour la rassembler avec les autres, plutôt que de rester dans l’enclos à veiller sur les 99 qui n’ont pas besoin de consolation ? E.H.
 

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