En lui j'ai mis tout mon amour

2ème dimanche de carême

Genèse 12, 1 à 4 ; Timothée 1, 8-10) ; Matthieu 17, 1-9

 

Avec le titre “la Transfiguration”, les artistes et nous mêmes avons bien étiqueté ce récit de Matthieu, transformation un récit de vision en récit historique, comme la rencontre du général avec le Bey d’Alger en 1830… Or même pour cette histoire qui a déclenché la colonisation, les récits sur cette rencontre ne sont pas dénués d’arrière pensée.

Les récits de vision et d’apparition dans la Bible font partie d’un genre littéraire à destination des lecteurs, pour donner à penser les relations entre les personnages plus que pour décrire la réalité telle qu’elle se serait déroulée. L’acte de foi des premiers chrétiens est d’affirmer que Jésus est au moins à égalité avec les rédacteurs de la Loi (Moïse) et des prophètes (Elie). Matthieu, qui préfère manier les images plutôt que les concepts philosophico-religieux, exprime ici la foi de la première communauté chrétienne face aux Juifs qui refusent de reconnaitre en Jésus “l’héritier de la Bible”, celui dont ont parlé la Loi et les prophètes, à savoir le Messie

 

Lire ce récit nous appelle à reconnaitre Jésus comme celui qui accomplit l’attente des générations qui ont médité et écrits les saintes Ecritures. A la suite de ce récit, Jésus demande aux disciples : “Pour vous, qui suis-je ?”. Nous connaissons la réponse de Pierre. Mais nous aujourd’hui, quelle est notre réponse ? Qui est Jésus pour moi ? Multiples sont les réponses, et bien souvent elles sont complémentaires.


La réponse est celle que l’on exprime après la Résurrection. Avant Jésus sera l’ami, le proche, celui qui apporte la paix et le pardon de Dieu, la réconciliation aves Lui, selon l’expression de saint Paul. La réponse qui grandira avec une meilleure compréhension vient après la Résurrection, dès les premiers temps de l’Eglise (que ce soient les disciples d’Emmaüs ou Pierre le jour de Pentecôte, ou Etienne). Jésus est celui qui laisse transparaître par toute son existence le visage de Dieu. Non pas un Dieu courroucé et donneur d’ordre, pas seulement un fils sacrifié, mais avant tout celui qui ouvre la relation avec Dieu, mais quelqu’un qui se rend proche de l’homme humilié, pécheur, exclu, celui qui a promis à Abraham une terre habitable et une descendance, un avenir.


Le temps du carême est invitation à renouer les liens distendus entre notre Père et nous-mêmes, personnellement et en communautés. Ce que les disciples de Moïse n’ont pu obtenir par la seule obéissance, Jésus nous l’a obtenu pour chacun qui croit que Jésus est vraiment le Messie, Fils de Dieu Cette Parole était au centre du récit du baptême de Jésus ; elle est encore présente aujourd’hui dans le récit de Transfiguration. Comment cette Parole est présente en notre cœur et en notre esprit ?
Abbé Emile Hennart
 

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