Ne crains pas, crois seulement

13ème dimanche ordinaire.

Sagesse 1,13-15 et 2, 23-24 ; 2 Corinthiens8, 7-15 ; Marc, 5, 21-43
 

Dieu n’a pas fait la mort et ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants. Ce cri lancé au début du livre de la Sagesse rappelle une des dimensions de la foi en Dieu. Cette parole est une réponse (parmi bien d’autres) concernant les grandes questions de l’humanité : pourquoi la vie, d’où vient la mort ? Cette affirmation n’est pas de type “scientifique” ou “rationnelle.” Elle est le fruit d’une méditation du premier poème de la Bible, en Genèse ch.1, qui commente l’œuvre de création : “Et Dieu vit que cela était bon”.

 

Le mal ou les vicissitudes du monde, le constat d’un monde économique détraqué peuvent entrainer en nous désespérance et cris de malédiction envers la source de la vie. Les horreurs dont nous rabâchent les médias sont à mettre, bien souvent, au compte de l’humain qui fait le choix de la mort. Les derniers exemples massifs sont par exemple : la Syrie, la Birmanie, le Cambodge, le Nigéria. Mais il est bien d’autres sources de souffrances. Le croyant n’a pas l’explication de tout, mais il avance avec une petite lumière de Sagesse : Dieu n’a pas créé le monde pour la mort mais pour qu’il vive et se développe.

 

Le passage de Jésus-Christ chez nous, au milieu d’une humanité souffrante, apporte le témoignage des choix que Jésus a faits : “il n’a pas revendiqué d’être l’égal de Dieu…” dit saint Paul. “A ceux qui l’ont reçu, dit saint Jean, il donne de devenir Fils de Dieu”. Modestement, mais avec assurance, je garde cette certitude de foi et j’essaie de faire mienne cette parole de Jésus à Jaïre au moment de la mort de sa fille : “Ne crains pas, crois seulement !” Mais il ne faudrait pas séparer cette parole d’autres qui précisent : “Jésus parcourait toutes les villes et les villages, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute langueur”, sinon nous ferions de Jésus un extra-terrestre. C’est souvent ainsi que nous nous le représentons, quand on ne prend que quelques morceaux choisis. C’est là-dessus que les scribes et pharisiens l’invectivent à la croix : “Il en a sauvé d’autres, qu’il se sauve lui-même !”


Or, Jésus n’a pas tout solutionné… Là où il le pouvait, il apportait la vie et sur le chemin, il invite à la suivre : “Viens, suis-moi”. Nous n’avons pas la solution à tous les problèmes, mais il dépend de nous de marcher à la suite de Jésus, de vivre comme il a vécu. Cette suite nous appartient.
Abbé Emile Hennart
 

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