Comme des brebis sans bergers

Seizième dimanche ordinaire

Jérémie 23, 1-6, Ephésiens 2, 1318 ; Marc 6, 30-34
 

La première lecture, de Jérémie, est à rapprocher de la parole de Jésus dans l’Evangile, parlant de “brebis sans berger” pour évoquer l’impression que lui donnaient les foules qu’il rencontrait sur son chemin. On oublie le nombre de gens que Jésus a rencontrés au cours des chapitres précédents (que ce soit pour Marc, que ce soit en Matthieu ch. 8 à 10). On comprend mieux le reproche de Jésus à l’égard des autorités de Jérusalem qui, depuis bien longtemps déjà, avaient abandonné le petit peuple dans le pays, se contentant de donner consignes et reproches depuis la montagne de Jérusalem et son Temple. On ne peut supposer que le Christ ait voulu faire de ses apôtres de nouveaux gourous comme cela s’est vu ici ou là par des bergers auto-proclamés. Comment comprendre cet Evangile ?

 

“Jésus se mit à les instruire longuement…” En parcourant l’Evangile selon Marc, on découvre que l’enseignement n’est pas premier… en effet, plusieurs fois dans les premiers chapitres et ici encore, on parle de Jésus qui enseigne, mais Marc ne rapporte pas le contenu de cet enseignement en forme de longs discours. En effet Marc donne priorité à la rencontre avec les gens et les foules, aux sentiments réciproques entre Jésus et elles, au long du chemin qui mène Jésus vers Jérusalem. Quelques enseignements ont été rapportés au ch. 4, sous forme de paraboles, “dans la mesure où ils étaient capable de l’entendre”. Plus que sur l’enseignement, Marc construit son Evangile sur le suivre Jésus : suivre et servir (11, 45 : “le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donne sa vie pour la multitude.”).

 

L’attention aux gens rencontrés est devenue une attitude fondamentale dans les recherches pastorales d’aujourd’hui. Nous vivons une époque de l’Eglise exaltante en ce qu’elle remet en honneur la compréhension de la Parole de Dieu : il suffit de penser au retour à l’Ecriture, ne serait-ce que les plus nombreuses lectures du nouveau missel de Paul VI. Certains se souviennent encore qu’avant le concile il était fort déconseillé de lire la Bible ! Depuis, nombreux sont les groupes qui se sont mis à lire l’Ecriture ; la plupart de ces groupes ne sont pas des lieux d’enseignement, mais des lieux où l’on se laisse rencontrer par les textes qui nous ont été donnés par les apôtres. Dans notre diocèse les maisons d’Evangile sont de ces lieux où il est donné priorité à la Parole de Jésus et au partage de ce que chacun a pu comprendre, ensuite seulement vient la lecture de quelques éléments de compréhension. (Voir la section des “lectures en maison d’Evangile”)

 

Epoque exaltante encore par la recherche d’une catéchèse qui prenne en compte les conditions nouvelles d’existence : catéchèse à tous les âges de la vie est-il précisé dans la réflexion des évêques de France, catéchèse selon les groupes d’appartenance, catéchèse qui ne soit pas d’abord un enseignement de connaissances, mais une expérience de rencontre du Christ Jésus : se laisser initier par Dieu lui-même est-il précisé. “Dieu dans son amour infini désire entrer en conversation avec chacun de nous comme à un ami”. Abbé E.Hennart
 

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