Nous avons vu le Seigneur !

Deuxième dimanche de Pâques

Actes des apôtres 5, 12-16 ; Apocalypse 1, 9-19 ; Jean 20,19-31

 

Trois lectures très différentes nous sont proposées. Pour la première, concernant les apôtres, il n’est pas difficile de retrouver de semblables récits dans les évangiles. Ce type de résumé est appelé “sommaire”, parce qu’ils résument un ensemble de situations en un seul paragraphe. Luc qui rédige les Actes essaie de présenter les apôtres à l’image de Jésus, se retrouvant dans de semblables situations. Il ne faut pas s’en étonner, mais plutôt rejoindre le souci, pour Luc de monter que le disciple est à l’image de son maître. Et nous, à notre tour, nous devrions aussi faire des prodiges, afin que le handicapé retrouve vitalité, que les esprits tourmentés soient libérés etc. L’annonce de la Résurrection passe aussi par la présence aux corps souffrants.

 

Pour l'évangile, l’histoire de Thomas l’incrédule nous est bien connue. Retenons d’abord que le Christ apporte la paix et la joie. Ajoutons de suite la parole d’envoi. Il n’est pas question de rester à attendre je ne sais quelle illumination : Recevez l’Esprit, voici que je vous envoie. Shalom est la salutation habituelle des Juifs, mais en ce jour de Pâques, le souhait de Jésus prend un sens nouveau et plus profond. Jésus est source de paix. Entendons par là qu’il nous réconcilie avec le Père et les uns avec les autres… qu’il nous invite à avoir le cœur en paix, qu’il nous invite à porter à notre tour la réconciliation : remettez les péchés ! C’est la signification profonde du geste de paix lors de nos liturgies. Les forces du mal ont été vaincues, mais il reste à chacun de nous de manifester, autant que nous le pouvons, que ce souhait prend corps dans nos existences.


Retenons ensuite l’attitude des apôtres devant Thomas : “nous avons vu le Seigneur”. Pour eu, c’est désormais une évidence, une certitude depuis que Jésus s’est donné à voir d’abord aux femmes ensuite aux disciples. Le, pape benoît nous invitait ces derniers jours à porter à notre tour la bonne nouvelle que Christ est vivant… Toujours auprès de Dieu, toujours parmi nous, selon une vieille ritournelle. Pour Thomas, ceci est impossible. En touchant Jésus, voici un détail rapporté par Jean et Luc pour signifier que le ressuscité est vraiment le Jésus den cette terre, et non un extra-terrestre. Cependant Jean ne s’arrête pas au voir et au toucher : heureux ceux qui croient sans avoir vu… La foi n’est pas une illusion, mais un autre regard sur les réalités que nous vivons et partageons, avec et à la suite de Jésus.


Les baptisés de la nuit de Pâques disent avec tous les chrétiens : “on Seigneur et mon Dieu”. Certains jours, cela leur sera difficile… tout comme ce l’était pour Thomas et d’autres dont la vue est racontée dans les Actes et dans les vies de saints (restons cependant prudents sur les exagérations de certains récits) ! La résurrection est objet de foi et source de grâces. Ceux qui acceptent de marcher à l’ombre du ressuscité découvrent de nouvelles forces pour que leur vie devienne, elle aussi, vie de ressuscité, pour eux et pour leur entourage.


Nos cœurs doivent être emplis de paix, de joie et de zèle pour l’annonce de l’Evangile. Vivants après la résurrection, nous affirmons qu’il est présent dans notre vie et peut se manifester comme il veut. Il se manifeste d’une manière discrète dans l’eucharistie, mais aussi par bien d’autres manières, guérisons, conversions, retournement dans nos manières de vivre et de rencontrer l’autre à l’image d’un frère… N’imposons pas à Dieu de faire des miracles, mais devenons des faiseurs de vue transfigurée.

 

La seconde lecture pourrait nous surprende. Tout d'abord le liturge a, hélas,  tronçonné l'original en une multitude de phrases. Retenons au moins que ce chapitre d'introduction exprime l'objectif de tout le livre : dans la persécution, Jean reçoit une vision pour redonner confiance aux autres frères, eux aussi persécutés. Une recommandation est inscrite: "sois sans crainte. Je suis le vivant, j'étais mort, me voici revenu du séjour des morts". A nous de faire des ces paroles, des paroles d'espérance pour aujourd'hui.E.H.
 

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