Lève-toi, prends l’enfant et sa mère…

Fête de la sainte Famille

Siracide 3, 2-14 ; Colossiens 3, 12-21 ; Matthieu 2, 13-23.
Au lendemain nous avons fêté les saints innocents, en mémoire de ces enfants victimes de la fureur du roi Hérode. Nous y avons associé les enfants anonymes victimes de toutes les guerres, d’hier à aujourd’hui, les derniers connus étant les enfants d’Alep que des hommes d’âge mûrs écrasent sous des tonnes de poudre en barils. Il en est bien d’autres encore, qui subissent la misère et la mort faute de soin, de médicaments, de nourriture…Faut-il dire “c’est la faute à pas de chance ?”, faut-il faire une recherche de coupable ? Ni l’une ni l’autre hypothèse ne répond aux attentes. Il est une autre piste d réponse : devant ce mal qui me dépasse, je n’abdique pas ma raison et je participe à ma manière aux efforts auxquels d’autres hommes et femmes ont déjà prêté leurs bras… Le lendemain peut nous laisser désemparés. Pourtant, le 27 décembre, nous avons fêté un autre témoin du martyrologe, saint Jean… lui aussi a vu ce que peut produire la tyrannie, les martyres injustifiés. Mais il reste de lui qu’il est la figure du témoin… celui qui ne s’est pas tu. Nous pouvons relire ne serait-ce que l’introduction de son Evangile appelé Prologue : il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu, mais à ceux qui l’ont reçu, il donne de devenir enfants de Dieu. Cela ne vient pas de leur volonté, mais c’est un don de Dieu… une grâce.


Et ce dimanche, en fêtant la sainte famille, nous unissons dans la même prière Jésus, Marie et Joseph. Joseph a été trop oublié au cours des derniers siècles. Il est pourtant d’anciennes illustrations qui nous les présentent tous trois, ensemble, dans l’atelier, au pied de l’établi… Les lectures proposées pour ce dimanche sont remarquable.


La première, tirée de la sagesse des peuples rappelle les relations au sein de la famille qui font grandir le père, la mère et l’enfant, car la miséricorde ne sera pas oubliée, c’est elle qui fera grandir ou relèvera la maison, le jouir où elle est ruinée par le péché.


La seconde lecture est invitation à avoir entre nous les mêmes sentiments que ceux du Seigneur envers nous... Sans oublier que Paul, peut-être inconsciemment inventer l’égalité homme femme, en les associant dans le même souci d’amour mutuel. Enfin, L’Evangile rapporte un épisode intitulé la fuite en Egypte… Les évangiles apocryphes en en ajouté tant et plus que nous oublions les motivations de l’écriture de ce récit : en Jésus, dès son enfance se trouve récapitulée l’histoire du peuple Juif, à savoir que Dieu l’a pris sous sa protection et l’a appelé.

 

En méditant le récit de Matthieu à propos de Jésus ne pourrions-nous pas, nous aussi nous découvrir reliés à la miséricorde de Dieu qui appelle à faire un chemin. Ce chemin n’est pas toujours facile à décrypter au milieu des méandres de chacune de nos vies… Et pourtant, il importe de savoir relire notre vie, après coup, tout comme Matthieu l’a fait our la vie de Jésus afin de découvrir en lui “un chemin pour Dieu”, un chemin qui passe par l’agir au service des frères : ce sera le dernier enseignement de Jésus en Matthieu 25. Mais on pourrait relire bien d’autres séquences comme les béatitudes, ou la construction d’une maison sur le roc, maison confrontée aux tempêtes…
 

Puisse cette fête de la sainte Famille nous rappeler que, comme Jésus, nous  sommes accompagnés, par Dieu et que nous sommes appelés à avancer dans le soleil et le brouillard, pour tracer un chemin à la Bonne Nouvelle… E.H.
 

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