Le retour de Lazare à la vie

Cinquième dimanche de carême

Ezéchiel 37, 12-14 ; Romains, 8 8-11 ; Jean 11, 1-45

 

Il peut être difficile de situer les paroles d’Ezéchiel dans le contexte de son temps. En effet, voici une nation juive qui a été défaite, des habitants en nombre exilés en Mésopotamie, sans espoir d’être enterré au pays, et voici le prophète Ezéchiel qui vient annoncer une vie nouvelle pour ce peuple humilié et détruit. Quand il parle de tombeaux ouverts et d’installation sur une terre nouvelle, il pense d’abord à une résurrection collective: la nation d'Israël survivra.

 

A cause de l’évolution de l’idée de rétribution personnelle, surtout au 2ème siècle av J-C, avec l’expérience de persécutioon au temps des Maccabées, l’idée de résurrection personnelle, de paraître devant Dieu a fait jour. Dans les Evangiles, dans la discussion entre Jésus, les pharisiens et les sadducéens, nous nous rendons compte que la foi en la résurrection fait débat, qu’elle n’est pas partagée au sein d’Israël. C’est dans ce contexte qu’il faut situer d’une part la pensée de Jésus, d’autre part l’expérience des premiers chrétiens sur la mort-résurrection de Jésus. Le récit de la résurrection de la Lazare, en Jean ch.11 vient nous introduire au mystère de Pâques. Nous savons bien que le texte de Jean a été rédigé longtemps après le passage de la mort de Jésus à la vie…

 

Pour lire ce récit, il faut avoir en filigrane la mort-résurrection de Jésus. Jean met ses lecte'urs en perspective de penser la mort de Jésus (comme le berger donne sa vie pour ses brebis, ch. 10) mais aussi que le Père lui redonne cette vie... Saint Jean rappelait en fin du chapitre 10 que Jésus avait fui au bord du Jourdain, suite à la contestation croissante “des Juifs” contre Jésus qui se dit envoyé du Père…Maintenant, en s'approchant de Béthanie, Jésus s'approche aussi de Jérusalem, lieu où il sera concamné et rejeté, lieu où il sera mis sur la crooix... Mais lieu aussi où il sera resuscité par Dieu...

 

 La première étape du récit est le quiproquo des disciples sur dormir et être mort… la seconde étape est la rencontre avec Marthe, Marie et le discours au sujet de la vie : vie ici-bas ou vie dans l’au-delà. Il y a ensuite l’affirmation de l’impossible retournement : cela fait déjà quatre jours qu’il est au tombeau… A la parole de Jésus, Lazare sort du monde des morts pour participer à la vie. Comment entendre ce récit ?

 

Le retour de Lazare à la vie est le dernier des sept signes de Jésus selon Jean. Il vient signifier que Jésus apporte la vie en abondance, en plénitude. Dans l’Evangile de Jean, la notion de vie, de vie éternelle est synonyme de salut, de vie avec Dieu. Vivre pleinement est déjà commencé, dès maintenant. La mort désigne l’existence vécue en l’absence de Dieu, en rupture avec Lui. La venue de Jésus, Fils ou Verbe de Dieu est l’expression de la relation  offerte et rétablie… de la part de Dieu. Reste “de notre part !”, notre réponse à l'appel de Jésus.

 

Une difficulté provient de ce que nous sommes d'abors cartésien: un mot est un mot, ensuiite nous sommes matérialistes, au sens de l'intérêt porté à la matière pour comprendre des réflexions d'ordre spirituelle. Le mot vie, tel qu'expliqué au paragraphe ci-dessus ne correspond pas à notre mentatlité qui retient:résurrection du corps physique, retour physique de corps matiériel. Saint Paul éprouve le besoin d'inventer l'expression "corps spirituel". C'est une manière de proposer un sens à la relation avec Dieu, relation par-delà la mort.  La progression de plus en plus affirmée dans la bible est que Dieu est du côté de la vie. Par ex. Deutéronoime30, 16 "Si tu éocvutes les commandements du Seigneur ton Dieu, tu vivras". N'est-cve pas le prograùùe de Jésus, de suivre, de faire les oeuvres du Père... et nous, à sa suite.

E.H.

 

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