Dieu a tant aimé le monde...

Fête de la sainte Trinité

Exode 34, 4-9 ; 2 Corinthiens 13, 11-13 ; Jean 3, 16-18

Voici les queues de fêtes après Pâques et la Pentecôte : La Trinité, la fête du Saint Sacrement. Ensuite nous retrouverons le temps ordinaire… sauf que la fête de Pierre et Paul viendra chapeauter le 13ème dimanche ordinaire, le 29 juin.

Voici donc la fête de la sainte Trinité. L’Eglise n’a rien trouvé comme nom,  sinon une abstraction pour évoquer les trois personnes de la Trinité. Nous avions le Père, le Fils, l’Esprit ; les voici tous trois rassemblés sous une expression philosophique,  le mot trinité. Cela facilite le travail d’écriture mais il n’est pas sûr que cela nous aide à rendre compte en termes de relation et d'amour,  des rapports entre Père Fils et Esprit. Ce qui caractérise le quatrième évangile, c’est bien la relation du Fils au Père et de leur don commun de l’Esprit à tous ceux qui ont reconnu dans le Fils le Verbe de Dieu Lumière pour tout homme qui entend sa voix. Ceci pourrait nous suggérer une méditation sur l’histoire du mot Trinité… histoire où nous découvrons combien  les philosophies selon les époques ont marqué le langage chrétien. Le mot apparait dans les deux derniers chapitres de Lumen Gentium, alors que lors de la présentation de Dieu, Père Fils, Esprit, puis Eglise, les pères du concile n’ont pas éprouvé le besoin d’employer ce terme philosophique. La foi chrétienne n’est pas une philosophie mais une relation à Dieu, Père, Fils et Esprit.

 

L’Eglise est appelée à vivre à l’image du Père, du Fils et de l’Esprit dans une relation de charité. Les nombreuses déchirures qui ont tailladé le Corps de l’Eglise au cours des siècles manifestent combien il est difficile de répondre à la prière de Jésus pour l’unité de ceux qu’il a appelés à la même sainteté.

 

Il peut être utile de relire comment Lumen Gentium présente, dans le premier chapitre le rôle du Père, du Fils et de l’Esprit, leur relation, et l’ouverture commune vers l’humanité que nous formons. “Tous ceux qu'il a choisis, le Père, avant tous les siècles, les "a distingués et prédestinés à reproduire l'image de son Fils pour qu'il soit le premier-né parmi une multitude de frères" (Rm 8,29). Et tous ceux qui croient au Christ, il a voulu les appeler à former la sainte Eglise qui, annoncée en figure dès l'origine du monde, merveilleusement préparée dans l'histoire du peuple d'Israël et dans l'ancienne Alliance, établie enfin dans ces temps qui sont les derniers, s'est manifestée grâce à l'effusion de l'Esprit-Saint”. (Lumen Gentium n° 2). Certes, c’est un langage solennel, mais on y trouve rassemblées les bases de la foi chrétienne. Il nous suffira de lire le reste du chapitre… L’Eglise que nous formons est issue de la Trinité, plus exactement de l’amour-charité manifestée au sein d’elle-même et propagée à l’ensemble de la Création.

 

Il est heureux de pouvoir découvrir combien l’Eglise aujourd’hui est mieux accueillie et reçue au sein des nations. En se rendant proche de l’humanité déchirée -comme ce dimanche de Pentecôte avec Israéliens et palestiniens-, mais aussi en invitant les fidèles  sortir de leurs églises, en acceptant la rencontre et le dialogue avec d’autres différents, quelque chose de la Pentecôte se vit aujourd’hui.

 

La première histoire du christianisme fut elle aussi parcourue de difficultés, de tensions, de sectarisme même, de la part des meilleurs chrétiens de Jérusalem. Et pourtant c’est l’ouverture aux nations, le ‘aller sur l’autre rive’ qui l’a emporté, malgré les réticences de certains anciens. Que n’a-t-on reproché à Paul, à Etienne et quelques autres de s’être fourvoyé en terres païennes. Qui a osé fréquenter les bas-fonds de Corinthe ? Qui est allé à la rencontre de nos cousins germains, les Galates, malgré leur réputation d’être inconstants dans leurs habitudes de vivre et de croire ?

 

En lisant le début de l’Evangile de ce dimanche est réaffirmé l’amour inconditionnel de notre Dieu : “Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique… il l’a envoyé non pour juger et condamner, mais pour que par Lui, le monde soit sauvé”. Il n’y a rien a ajouter, mais seulement relire et méditer cette phrase qui nous concerne là où nous sommes… Ensuite, apprendre à répondre à celui qui, le premier, nous a aimés. E.H.

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