Les petits chiens mangent bien les miettes!

20ème dimanche ordinaire

Isaïe 56, 1-7 ; Romains 11, 13-22 ; Matthieu 15, 21-28

 

L’histoire de cette femme étrangère, cananéenne qui vient crier auprès d >Jésus poru la guérison de sa fille est fort connue. Alors que, dans un premier temps, Jésus refuse d’entendre ses appels, il accepte ensuite de répondre à la demande de guérison. Pour les disciples, la motivation première était de ne plus être dérangés. Pour Jésus, il donne droit au dialogue, aux arguments qu’Il ne peut réfuter.

 

On peut être étonné du manque de miséricorde de Jésus et bien des explications ont été données. Parmi elles des motivations pédagogiques : il fallait faire comprendre aux communautés Judéo-chrétiennes qu’elles avaient à ouvrir leur cœur au-delà des frontières. Cette idée n’était pas nouvelle, puisque Isaïe, bien avant Jésus avait laissé entendre que la maison de Dieu deviendrait “Maison de prière pour tous”.

L’accueil, l’ouverture à l’autre, étranger, resurgit en bien des circonstances en France et ailleurs dans le monde. Les récents conflits entre Djihadistes et irakiens de différentes religions montrent que tout le monde n’a pas la même conception de Dieu et de son amour universel. Le peu d’empressement des chrétiens à répondre aux demandes du pape François pour que les chrétiens acceptent de sortir de leurs églises, pour qu’ils aillent aux périphéries, à la rencontre de qui n’est pas comme eux est une autre trace de la difficulté évoquée dans l’Evangile de ce dimanche.

 

L’accueil –ou le non accueil- des immigrés est aussi sujet à discussion. Dans les années 1960, on allait bien chercher ces maghrébins dans les mines de phosphate au Maroc et ailleurs. Maintenant, on n’a lus besoin d’eux. Dans bien des situations, ce n’est pas le cœur –ou le sentiment d’appartenir à la même humanité qui conditionne l’accueil et la défense de l’étranger, c’est le porte-feuille, la dimension économique. Le soudain intérêt à repousser l’EIIL trouve son origine dans l’intérêt à défendre les approvisionnements en pétrole. Les syriens n’avaient pas cette arme d charme pour qu’on aille bombarder leurs adversaires.

Cette digression n’a d’autre but que d’inviter à porter attention aux dimensions économiques de la politique tout autant qu’aux dimensions affectives. L’éducation au bon, au beau, au bien, reçue dans un monde philosophique idéal, a pu anesthésier notre conscience. En présentant la figure de Jésus qui s’y reprend à deux fois pour répondre, peut-être l’évangéliste de ce dimanche veut-il nous inviter à réfléchir quand nous décidons de ce qui est bien de ce qui n’est pas bien. Jésus s’y repris en deux fois pour répondre oui…, la seconde fois,  non par sentiments et affection pour celle qui demande, mais parce qu’il s’est situé à un autre niveau, il s’est mis à l’écoute de la demande et de son argumentation.

 

Si nous lisons la seconde lecture, il faudrait prendre le temps de l’analyse pour comprendre Paul et son raisonnement concernant les païens. Dans sa lettre aux Romains, il développe sa réflexion sur la miséricorde de Dieu à l’égard des païens sous le mode de “nous ne valons pas mieux qu’eux…”. Sous-entendu : qui sommes-nous pour décider que nous valons mieux que ces étrangers ? EH

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