Le pasteur marche à la tête de son troupeau

4ème dimanche de Pâques

Actes 2, 14 +36-41 ; 1 Pierre 2, 20-25 ; Jean 10, 1-10.4

 

Ce dimanche appelé traditionnellement le dimanche des vocations, ce dimanche tire son titre de la méditation à partir de l’évangile de Jean ch.10 où Jean rapporte la parabole de l’enclos des brebis. Sans doute est-ce intéressant, mais n’est-ce pas restreindre la pensée de Jésus que ne s’adresser qu’aux brebis déjà dans l’enclos. Avec le pape François, nous avons été appelés à sortir de nos églises pour aller aux périphéries, avec le risque de se salir le bas de la soutane ou de sentir l’odeur du troupeau….  Voilà d’autres images qui tirent leur origine de l’attitude du pasteur qui veille sur le troupeau qui lui est confié

 

En raison de la pénurie de prêtres, l’inquiétude a grandi au cœur des déjà baptisés : “Qu’allons-nous devenir sans prêtres ?” La question est juste, mais le souci du repli vers quelques valeurs sûres n’est pas la bonne réponse. En relisant l’histoire des toute premières communautés chrétiennes, en particulier au travers des Actes de apôtres et des premières lettres de Paul, force est de constater que les difficultés et obstacles rencontres ont été source de nouvelles manières de devenir témoins de l’Evangile pour toutes les nations.

 

Devant le nombre grandissant de baptisés, les apôtres "inventent" le ministère de diacres chargés du service des tables. En fait leur principale activité sera d'annoncer la parole de Dieu (Actes 6, Etienne, Philippe). Au soir du martyre d’Etienne, quelques années après la mort-résurrection du Christ, Les Actes des apôtres signalent que des chrétiens s’enfuirent de Jérusalem (leur assemblée se faisait, semble-t-il, dans l’espace du Cénacle, à quelques pas des murs de Jérusalem). Ils s’enfuient en Galilée, et de là vers Antioche la grande ville du Nord. C’est là qu’ils parlent “entre juifs” des évènements de Jérusalem. Mais quelques chrétiens, originaire de Chypre et de Cyrène, passent outre les frontières de culture et s’adressent aussi aux païens (de civilisation gréco-romaine et non judaïsants). Cette ouverture hors de l’enclos  a interpellé le “petit reste” resté à Jérusalem. De là l’envoi de Barnabé, qui va interpeller Saul. La communauté d’Antioche s’est bien élargie et l’assemblée de prière découvre, au souffle de l’Esprit-Saint qu’il faut aller plus loin, annoncer ailleurs l’Evangile. De là la mission de Barnabé et Saul.

 

Ils se rendent d’abord à Chypre, et la rencontre du proconsul du lieu est un nouveau déclic. C’est là que Saul prend le nom de Paul, à l’occasion de la rencontre avec Sergius Paulus. Prendre le nom à consonance païenne, c’est se faire romain avec les romains et non pas manifester sa distance d’avec eux. Autre détail de la relation selon Luc dans les Actes : désormais c’est Paul qui devient chef de cordée et Barnabé son second. Ils vont ensuite prêcher dans les synagogues du sud de l’actuelle Turquie, où juifs et païens sympathisants se fréquentent dans les synagogues. Au point qu’à Antioche de Pisidie éclate un scandale avec le grand nombre de païens qui s’accrochent aux paroles de Paul, sans avoir été circoncis selon l'ancienne alliance.

 

Paul et Barnabé sont sortis hors de l’enclos, ils ont essaimé. L’accueil réservé par les païens d’Antioche amène Paul à se tourner vers eux, les non juifs… Le retour à Antioche sur l’Oronte est l’occasion de rendre compte de l’ouverture aux non-juifs, ce qui n’est pas du goût de tout le monde : ne pas imposer la circoncision et les obligations de la Loi de Moïse fut un nouveau scandale solutionné (plus ou moins) lors de l’assemblée de Jérusalem.

 

Pour revenir à l’évangile de ce dimanche, il y a une mis en garde contre ceux qui se disent les gardiens du troupeau mais ne sont que des voleurs, au sens où ils ne sont pas fidèle aux intuitions du bon berger. L’intuition, on la retrouve aux dernières lignes de Matthieu : “allez, de toutes les nations faites des disciples et baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.” Il n’est donc pas étonnant de voir l’insistance du pape et des évêques (relire le synode provincial de Merville) pour aller porter l’Evangile, "Malheur à moi si je ne porte pas l’Evangile" écrivait saint Paul. Aujourd’hui encore il nous faut sortir de nos murs pour inviter d’autres brebis à devenir le troupeau du Seigneur Jésus.

 

Cette mission est confiée à tous, qu’ils soient prêtres ou laïcs. C'est l'occasion de vérifier comment aujourd'hui, nous passons par Jésus, nous suivons son chemin, sa voix et non d'autres chemin. Il est souvent question de discernement. A nous de discerner si nous proposons le chemin de Jésus ou des chemins détournés, des chemins annexes, qui détournent du désir de Jésus de récapituler en lui toute l'humanité, sans distinction de race, de qualité etc. (relire Colossiens et Ephésiens). EH

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