Pierre et Jean courent au tombeau

Fête de Pâque, la résurrection

1er avril 2018 Dimanche de Pâques

Actes 10, 34-43 ; Colossiens 3, 1-4 ; Jean 20, 1-9

Le premier élément de la liturgie de Pâques est le feu nouveau allumé au début de la veillée. Tout commence par créer la lumière qui va peu à peu illuminer tous les visages. Les nombreux textes utilisés au cours des liturgies pascales nous orientent vers le salut, la réconciliation avec Dieu par le don que Jésus fait de sa vie. Ces textes insistent sur la rupture entre le temps de la prédication par Jésus en Galilée/Judée, l’après vendredi veille de Pâques et ce qui va jaillir comme parole nouvelle.

 

“Tout est fini !”. L’évangéliste Luc nous présente des disciples repartir chez eux. Jean nous parle d’une femme disciple qui voit le tombeau ouvert : “On a emporté le Seigneur !”

 

Retenons qu’aucun récit ne parle de l’instantanéité de l’acte de foi. Il a fallu à chacun et chacune retraverser les évènements dans l’autre sens, retrouver les paroles de Jésus, ses attitudes et croire que Dieu/Jésus ne les avait pas abandonnés. Ils avaient déjà reconnu qu’en Jésus, c’est Dieu qui venait à eux et ils l’avaient suivi. Maintenant il leur fallait encore accepter de croire que Jésus restait avec eux, que ce n’était pas fini, ce chemin de “Dieu avec nous”. On reconnaitrait qu’ils sont amis de Jésus à l’amour qu’ils ont les uns pour les autres. Des pauvres, ils en auront toujours, et quand ils le voudront ils pourront leur subvenir. Il est remarquable que Jésus ne leur demande pas de se réfugier dans le Temple, mais de porter la Bonne Nouvelle aux carrefours du monde : porter la Bonne Nouvelle en paroles et en Actes, celle d’un Dieu qui reste proche de nous, mais pas celle d’un Dieu qui ferait des miracles à notre place.

 

La parole qu’il nous laisse est devenue prière avant la communion : je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix. Cette paix est d’abord réconciliation : avec Lui, notre cœur est en paix. Mais c’est aussi un appel afin que vienne la paix entre les hommes. Turquie, Irak, Daesh sont les gros points noirs de notre histoire récente. Nous savons que le pape a œuvré pour que vienne cette paix entre les hommes. Mais il a fallu que s’installe une guerre secrète au Vatican contre les efforts d‘ouverture, contre les appels à sortir de nos petites chapelles, contre les efforts entrepris pour plus de droiture de l’Institution, etc. Œuvrer pour la maison commune, faire résonner la Parole de Jésus sur l’amour du Père à notre égard et à l’égard de tous est une mission à continuer.

 

Puisse l’Esprit qu’il nous a promis développer en nous sa Parole et sa force d’aimer. Comment Thomas aurait-il su et compris, si d’autres disciples n’avaient pas osé parler ! De même aujourd’hui, comment notre environnement pourrait-il croire en Jésus, si nous ne prenons pas les moyens de leur témoigner de notre amour et de l’amour de Dieu pour eux ?

Heureuse fête de Pâque. Emile Hennart.

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