Il est possédé du démon !

10ème dimanche du temps ordinaire

 

Genèse 3, 9-15 ; 2 Corinthiens 4,13 à 5,1 ; Marc 3, 20-35.

 

Dans deux lectures de ce dimanche, il est question du démon. On peut commencer avec la première lecture, de la Genèse, où Eve se dit trompée par le démon, on peut ensuite lire la critique faite à Jésus par les officiels du judaïsme : Jésus lui-même est possédé du démon ou encore “Il a perdu la tête !” Ne dit-on pas encore aujourd’hui d’un enfant : il a le diable dans le ventre ! Comment comprendre la contestation des activités de Jésus ?

 

A l’époque de Jésus on caractérisait les maladies comme trouvant leur source dans la présence de démons qui venaient importuner les hommes. L’évolution des sciences et de meilleures connaissances de notre environnement, nous ont permis de limiter l’environnement de ces démons. Cependant cela ne les a pas fait disparaitre.

 

Mais ce dont il est question dans l’évangile de ce jour, c’est l’accusation portée contre Jésus par les hautes autorités religieuses. Le Christ a donné sa propre réponse en démontrant l’imbécillité d’une telle hypothèse : un tel royaume qui se divise est voué à disparaitre ! Aujourd’hui Jésus aurait pu utiliser le dicton : “les chiens aboient, la caravane passe !” On pourrait semblablement comparer les reproches faits à Jésus hier aux reproches faits aujourd’hui au pape François par des esprits pointilleux. Le véritable objectif de ces détracteurs c’est de faire tomber ce pape qui dérange.

 

Jésus dérangeait en son temps, car il remettait chacun devant ses propres responsabilités à l’égard du prochain. Son attention aux malades, aux pauvres, aux pécheurs, cela dérangeait la bonne société. Cette bonne société reprochera à Jésus, la veille de son arrestation de laisser faire celle qui répand du parfum plutôt que d’en donner l’argent aux pauvres. Combien de chrétiens ont voté l’an dernier pour un candidat qui prévoyait de renvoyer les migrants chez eux plutôt que de voir comment on peut soutenir ces derniers des temps modernes qui n’ont plus rien à se mettre sous la dent. On connait aujourd’hui l’attitude de l’autre candidat qui n’a guère de faveurs envers ces mêmes étrangers.

 

L’Evangile fait connaitre la situation de Lazare et du riche qui se retrouvent devant Dieu… L’un se retrouvera avec Abraham, l’autre ira en enfer. Face à ceux qui pourraient se demander le rôle des démons, Jésus interroge sur la charité effective qui a pu animer ou non ces témoins de deux styles de vie. Plutôt que d’accuser l’autre d’être possédé du démon, apprenons à voir comment chacun se tourne vers le frère en attente. E.H.

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