Pour que le monde soit sauvé

4ème dimanche de carême

Dimanche 11 mars 4ème dimanche de carême

2ème livre des chroniques 36, 14-23 ; Ephésiens 2, 4-10 ; Jean 3, 14-21

Ce quatrième dimanche de carême était appelé autrefois “Laetare”, ou “dimanche de la joie”, à partir du chant d’entrée, qui faisait référence à l’annonce de la miséricorde et du salut que Dieu accorde à son peuple. La première année du roi Cyrus (-537), fut proclamée par Cyrus lui-même la restauration de Jérusalem et du Temple, signe du pardon de Dieu. Il faudrait relire cette histoire mouvementée de la destruction de Jérusalem sous Nabuchodonosor, les épreuves de l’exil, la difficulté, voire l’impossibilité de croire que du neuf soit possible.

 

Ainsi l’annonce d’une naissance à Abraham n’était pas crédible pas plus que le retour à Jérusalem… et pourtant ! Il faudrait relire cette histoire d’Abraham comme “parole adressée à un peuple de Juda qui n’y croit plus”. Il faudrait aussi relire les prophètes comme Isaïe 40 et suivants, ou Ezéchiel et sa vision du char de Dieu qui peut aller au-devant des exilés à Babylone, il faudrait aussi relise le psaume 136 : “Au bord des fleuves de Babylone, nous étions assis et pleurions…” Et même le roman pieux de Jonas, où Jonas n’arrive même pas que Dieu accorde son pardon à un peuple de mécréants (les habitants de Ninive).

 

Comment ne pas entendre, en écho, les lamentations d’aujourd’hui sur une humanité qui oublie Dieu… comme s’il y avait eu une époque d’or de la foi et qu’aujourd’hui il n’y aurait plus rien ! Dire qu’il n’y a plus rien n’est pas juste. Il serait plus juste de dire “Ce n’est plus comme avant”. Par exemple, on a beau jeu de critiquer une parole d’un dirigeant MRJC, mais qui a lu les témoignages qui ont permis à la foi de s’enraciner chez ces mêmes jeunes ? J’ai croisé une jeune dont le témoignage était rapporté par une journaliste de la Vie. J’ai relu ces pages et je n’avais même pas remarqué que c’est elle qui parlait, au milieu d’autres jeunes. Je l’ai retrouvée en animation d’un stage de formation des jeunes de l’ACE (Action catholique des Enfants.) Ce groupe de 25 jeunes qui prennent trois jours pour être mieux au service des enfants durant le deuxième semestre de leur année scolaire… Ce n’est pas rien, ne serait-ce que d’entendre leurs questions et leurs souhaits… Par exemple : “Peut-on être responsable de club ACE sans être (vraiment) croyant ?” ou qu’est-ce que Jésus, le Christ ? etc. Si Dieu existe, pourquoi la guerre, la haine la mort ? Je suis persuadé qu’on se posait ces mêmes questions en 40 (1940) ! Mais c’était avant-hier ! Après cette guerre 39-45, des philosophes, des théologiens et des chrétiens se sont interrogés sur le “silence de Dieu” durant cette période. Pendant ce temps, nous avons continué à tuer déporter, humilier, au Cambogde, Vietnam, en Algérie. En quoi notre parole peut-elle être crédible en Irak, Syrie, Mali ou Afghanistan ?

Sans doute se posait-on la même question au bord des fleuves de Babylone : “Et Dieu dans tout ça ?”

 

Relisons donc la seconde lecture et l’évangile de ce dimanche. Il restera ensuite, encore et toujours, le témoignage de chacun envers l’autre qui est en face de soi : Ce visage, que lui ai-je apporté ? Qu’ai-je reçu de lui ? On n’est pas obligé de lire Levinas pour comprendre ces questions.

 

Ce que nous retenons des lectures de ce dimanche, c’est la proximité de Dieu à notre égard : il a voulu manifester sa bonté et sa grâce en Jésus et ceux qui l’ont suivi ! Ou encore : La lumière est venue dans le monde, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu (Jean  3). Les œuvres de Jésus, et celles de ses disciples après lui.

 

En relisant ces paroles de Jésus, je m’interroge aussi au sujet de ces jeunes qui se demandaient où est Dieu, qui et Dieu, en quoi eux-mêmes sont-ils proches ou éloignés de Dieu ? Je n’ai pas d’autres réponses que celles de Jésus : “il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Jean 15”. Mais il est vrai que les lectures de ce dimanche sont compliquées à lire… faute d’avoir mesuré que nous étions déjà sur ce chemin de Jésus dont parlaient saint Paul et saint Jean !

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